L’usine de Parent est sur une bonne lancée

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Par Michel Scarpino
L’usine de Parent est sur une bonne lancée
(Photo : L'Echo - Archives)

ÉCONOMIE. Après une période d’incertitude causée par un ralentissement de ses activités, en juillet 2019, l’usine d’Arbec de Parent a repris une cadence plus normale.

Le village respire un peu mieux depuis la reprise des opérations de sciage et de séchage à l’usine de Parent, dans la semaine du 10 mai. Près de 90 personnes y travaillent actuellement sur les deux quarts, mais l’entreprise cherche de la main d’œuvre, car elle souhaite revenir à des horaires de 7/7 (7 jours de travail et 7 jours de congé).

Les choses se présentent bien pour l’usine de Parent. «La demande est bonne au niveau du bois d’œuvre. C’est une usine dans laquelle on a beaucoup investi», précise Éric Bouchard, vice-président exécutif du groupe Rémabec.

L’usine est sur une bonne lancée, pense-t-il. À un point où on recherche une trentaine de nouveaux travailleurs, tant spécialisés (électroniciens, électriciens, mécaniciens) que des opérateurs.

Règle générale, il n’est pas trop ardu pour l’entreprise d’attirer des gens dans le secteur Parent. Mais l’incertitude causée par le ralentissement, alors qu’en juillet 2019, elle ne devait fonctionner que sur un seul de ses deux quarts de travail, a amené des travailleurs à aller se replacer ailleurs.

«Nous avons des installations d’hébergement qui sont vraiment très bien, juste à côté de l’usine», rappelle M. Bouchard.

La pandémie de la COVID-19 a ralenti ce secteur d’activité, comme bien d’autres, mais des activités ont été maintenues à l’usine. Puis, l’activité économique liée au bois d’œuvre a pris de la vigueur.

«Quand on a su que le Québec allait décloisonner l’industrie de la construction, on a reparti l’ensemble de nos usines. Globalement, les États-Unis s’amélioraient et on savait que le Québec et l’Ontario allaient décloisonner. La demande allait être importante. C’est ce qui est arrivé», analyse également M. Bouchard.

On voyage moins loin cet été, bon nombre de gens ont fait contre mauvaise fortune bon cœur et investissent dans leur cour. Ils achètent du bois: «On a vu un changement marqué au niveau des habitudes de consommation. Tous les clients qu’on a, qui sont distributeurs pour M. et Mme Tout le Monde, vivent un engouement très important, autant au Canada qu’aux États-Unis. Ce n’est pas une fois et demie, c’est deux fois et demie la consommation directe dans plusieurs secteurs d’activités, soit pour se faire un cabanon, un patio, finir le sous-sol, tout ce qui entoure les piscines, les spas».

Régime forestier: l’industrie veut faire partie de la solution

M. Bouchard accueille très favorablement l’idée d’un remaniement prochain du régime forestier du gouvernement du Québec. «On sait très bien que le régime actuel doit être amélioré. En tant qu’industriel, on fait partie de la solution, dans le sens où on est sur le terrain. En tant qu’exploitant forestier, on fait les chemins, la récolte, le transport, on est un entrepreneur clé en main pour les différentes usines. On connaît très bien les faiblesses «terrain» du régime forestier», évalue-t-il.

Un facteur qui revient souvent quand on parle du régime est tout ce qui entoure la planification des travaux forestiers.

«La planification et la prévisibilité, tout le monde a ça dans la bouche. Il faut être capable de planifier les coupes pour cinq ans à venir, sinon il n’y a pas de rentabilité, pas de production. Sinon le coût de la fibre devient trop cher», laisse entendre le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Le secteur forestier veut s’inscrire dans la relance économique qui se pointe, puisque la pandémie de la COVID-19 aura marqué différents marchés, dont la foresterie, au fer rouge.

Le régime actuel n’est pas mauvais, nuance Eric Bouchard, mais il est plutôt restrictif et on doit l’améliorer pour diminuer les coûts. «Je ne pense pas qu’il faut prendre le régime et le jeter à la poubelle. On doit juste prendre en considération ses imperfections et modifier la loi en conséquence, pour donner un peu plus de flexibilité et diminuer les coûts qu’on a dû absorber».

Quant à lui, le maire a bon espoir d’en arriver à un régime corrigé qui fera le bonheur de l’industrie forestière: «Il faut régionaliser la coupe du bois. Rémabec a 75 chantiers dans l’agglomération de La Tuque, alors qu’avant, il y en avait trois. […] Il y a moyen d’aller plus vite dans ce sens-là. Il faut aussi abolir certaines taxes sur le bois debout», ajoute M. Tremblay, qui rappelle que le comité sur la forêt de La Tuque a produit un état de situation qui est toujours d’actualité. «Le premier ministre a été sensible à ces demandes», fait-il remarquer.

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