L’importance de diversifier l’économie pour le Haut-St-Maurice
ÉCONOMIE. La plus récente publication du décret de population apporte une note légèrement positive pour La Tuque. La Ville affiche une hausse de 76 citoyens par rapport à l’an dernier pour un total de 11 319, une augmentation modeste, mais significative dans un contexte régional marqué par des défis structurels persistants.
“C’est un premier pas. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est quand même le reflet d’un travail qui se fait et qui se poursuit”, résume le maire de La Tuque, Pierre Pacarar, en entrevue.
Démographie: logements et diversification comme leviers
L’augmentation demeure fragile, convient le maire, mais elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à attirer de nouvelles familles et à stabiliser la population. Deux axes sont au cœur de cette démarche: la diversification économique et l’habitation.
“Si on veut des gens de plus, il faut des emplois variés, mais aussi des logements. Les deux sont intimement liés”, explique-t-il.
La Ville mise notamment sur un programme incitatif offrant des congés de taxes et des subventions aux promoteurs et propriétaires qui ajoutent des logements sur le territoire. Des discussions sont déjà en cours avec des investisseurs intéressés.
Parallèlement, des projets de diversification économique cheminent, bien que plusieurs ne soient pas encore assez avancés pour être rendus publics. L’objectif est clair : réduire la dépendance exclusive au secteur forestier, sans pour autant l’abandonner.
“La forêt, c’est le cœur de notre économie. Il n’est pas question de reculer là-dessus”, insiste le maire.
Parc industriel et aéroport: des outils sous-utilisés
Dans cette optique, la Ville revoit également le développement de son parc industriel afin de permettre l’expansion d’entreprises locales et d’en attirer de nouvelles comme Nayad Aquaculture.
L’aéroport de La Tuque représente aussi un potentiel stratégique important.
La récente mise à niveau de la piste permet désormais l’accueil d’avions médicaux, et un premier service a déjà été utilisé avant les Fêtes. De nouveaux équipements, dont un dégivreur, viennent bonifier les infrastructures.
“L’aéroport est un petit bijou, très bien situé et sous-utilisé. On aimerait voir s’y greffer des entreprises de maintenance aéronautique, des hangars, du développement”, souligne Pierre Pacarar.
Crise forestière: pas de réforme, mais pas de statu quo
Sur le front forestier, la situation demeure préoccupante. La crise affecte autant les entrepreneurs forestiers que les scieries et l’usine Smurfit Westrock. Aucune réforme majeure du régime forestier n’est attendue avant la fin du mandat de la CAQ.
“Toutes les indications qu’on a, c’est qu’il n’y aura pas de réforme déposée avant l’élection. Le temps est trop court”, affirme le maire.
Pour autant, l’inaction n’est pas une option. Des projets pilotes sont envisagés afin d’améliorer la planification forestière et la consultation, notamment avec les communautés atikamekw. Le projet de loi 11, qui permet certains assouplissements réglementaires, pourrait ouvrir la porte à ces initiatives.
“Le statu quo n’est pas viable. Il crée de l’insatisfaction partout: chez les communautés autochtones, les élus, les industriels. Il faut avancer autrement”, tranche-t-il.
Le maire souligne également l’appui actif de la députée Marie-Louise Tardif, impliquée au sein du caucus forestier gouvernemental.
Tourisme: un secteur résilient, mais ébranlé
Autre pilier économique du Haut-Saint-Maurice, le tourisme traverse une période contrastée. L’hiver actuel est favorable aux activités de plein air, mais les pourvoyeurs et gestionnaires de ZEC demeurent marqués par les contrecoups des dernières années: pandémie, feux de forêt, blocus autochtones.
“Même si les blocus ne visaient pas la villégiature, ça a créé une perception négative. Des gens ont annulé ou choisi d’aller ailleurs”, reconnaît le maire.
La Ville et les associations touristiques poursuivent néanmoins leurs efforts de promotion et de coordination avec les acteurs du milieu. L’état des routes, notamment la 25 entre Parent et Wemotaci, demeure un enjeu clé, étroitement lié à l’activité forestière.
Un optimisme prudent pour l’avenir
Malgré les difficultés, Pierre Pacarar appelle à ne pas sombrer dans le défaitisme.
“Oui, il y a des défis importants. Mais il y a aussi beaucoup de belles choses qui se passent ici. On est une région résiliente. On va continuer d’avancer”, conclut-il.
