Les ambulanciers veulent un horaire à l’heure

SANTÉ. Les paramédics de La Tuque poursuivent un combat amorcé il y a 11 ans par la Banque de techniciens ambulanciers du Québec (BTAQ) dans le but de doter le service ambulancier de La Tuque d’un horaire à l’heure, au lieu d’horaire de faction. Ils affirment que les horaires de faction, 7 jours de travail et 7 jours de congé, obligent les paramédics à être disponibles 24 heures sur 24 par jour, à leur domicile. Ils occasionnent des délais importants pour la réponse des appels. Le temps de réponse est le nerf de la guerre. «Pourquoi à La Tuque on n’aurait pas le droit d’avoir une ambulance, comme partout ailleurs, qui serait prête à partir ?», questionne Danick Fillon, paramédic et délégué syndical des employés de la BTAQ. À l’époque, l’Agence de santé avait prétendu que la solution se trouvait à travers les premiers répondants, présents en grand nombre La Tuque. «Il y a zéro premier répondant à La Tuque», lance Danick Filion. Il ajoute qu’il y a près d’une dizaine d’années, les pompiers de Ville de La Tuque ont déjà été formés comme premiers répondants. Mais c’était il y a longtemps. Par contre, la Sûreté du Québec a des DEA dans ses véhicules, ce qui peut aider dans des cas d’arrêts cardiaques, en plus d’autres appareils apposés un peu partout dans la région. La Tuque a une grande superficie et on doit en tenir compte. Selon M. Filion, on exige un ratio de 3 000 appels par année pour pouvoir convertir un horaire 7/14 en horaire à l’heure, ce qui est irréaliste. Par contre, la distance doit être prise en compte. Les paramédics de La Tuque traitent annuellement 1500 appels, un nombre toutefois en constante hausse depuis quelques années. En raison des paramètres de distance, les ambulanciers doivent parfois se rendre en forêt, dans les secteurs éloignés pour secourir des patients. Voilà pourquoi on relate une moyenne de 62 kilomètres par appel. «Si on compare avec le milieu urbain, ils n’auront jamais cette moyenne de distance par année». Geneviève Adam, ambulancière, croit que les horaires de faction vont jusqu’à mettre la sécurité des gens en danger. «Des fois, ça fait 24 heures qu’on a pas dormi et on nous oblige à être derrière le volant», déplore-t-elle. Elle s’explique mal pourquoi la population de La Tuque n’a pas cette qualité de service. «Ce n’est pas tant pour nous qu’on le fait, mais c’est surtout pour les gens». Le citoyen Édouard Ricard avait appuyé leur cause, remettant une pétition de 1 200 noms à la députée Julie Boulet en 2014.  Il avait rapporté à L’Écho de La Tuque qu’il a fallu 13 minutes aux ambulanciers avant d’arriver chez lui, sur la rue Roy. Son épouse aurait pu être sauvée si le délai d’arrivée des ambulanciers avait été plus court. Selon la solution proposée, l’horaire de travail serait de 12 heures de jour et 12 heures de nuit. Les paramédics seraient donc dans la caserne, prêts pour toute éventualité. Campagne de sensibilisation Des affiches ont été apposées aux quatre coins de la ville dans le but de sensibiliser la population à la cause que défendent les paramédics. «Vous entrez dans une zone à risque», peut-on y lire.  Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a été rencontré, cette semaine pour le sensibiliser à cette cause. Ils souhaitent aussi rencontrer la députée et ministre Julie Boulet.