L’école forêt nourricière voit le jour à La Tuque
PERMACULTURE. Le Comité Vert l’Engagement et le Jardin communautaire Les Corbeilles d’Arts ont inauguré, le 20 septembre, l’École forêt nourricière, un projet collectif destiné à la communauté et à la biodiversité. L’événement s’est tenu sur le terrain voisin du Jardin communautaire, à l’intersection des rues Saint-Michel et Brown, en présence d’élus, de bénévoles et de partenaires.
PAR FATOUMATA DAPA
Accessible à toute la population, la forêt nourricière a été conçue selon les principes de la permaculture. On y retrouve des arbres fruitiers, arbustes, herbacées et autres plantes comestibles vivaces qui cohabitent pour favoriser la biodiversité. Elle se distingue d’un jardin communautaire traditionnel par son caractère éducatif et sa vision à long terme. “C’est complètement différent d’un jardin communautaire. Autrement dit, un jardin, on fait pousser des plantes annuelles, potagères, des légumes. Nous, c’est vraiment des arbres, des arbustes, herbacées, la plupart fruitiers, jusqu’à des arbrisseaux et des herbacées aussi. C’est tous des plantes comestibles, mais vivaces. C’est une forêt, ce n’est pas un jardin”, a expliqué Stéphanie Greffard, membre du Comité Vert l’Engagement et cofondatrice du projet.
Un projet éducatif et communautaire
Au-delà de la production alimentaire, l’École forêt nourricière se veut un lieu d’apprentissage. “Nous, c’est sûr que la vision éducative est très importante. C’est un peu ça qui nous distingue d’une autre forêt nourricière, c’est que nous, on est vraiment axés sur… On veut que les gens viennent apprendre à la forêt. Donc, il va y avoir des fiches descriptives, des plans de parcelles pour aider les gens à cueillir et à savoir ce qu’il y a dans la forêt. On va s’associer avec les écoles, avec les centres de la petite enfance, pour avoir des groupes qui viennent enseigner des savoirs à la forêt”, a précisé Mme Greffard.
Le projet a également une vocation sociale, en favorisant l’autonomie alimentaire, la proximité avec la nature et les liens entre citoyens. Plus d’une centaine de bénévoles ont déjà contribué à son aménagement. “On veut comme se monter une base de données de gens fidèles à la forêt, pour pouvoir les rejoindre quand on va avoir des corvées ou des récoltes”, a ajouté Mme Greffard.
Des partenaires nombreux
Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière de 76 538$ du conseil d’agglomération de La Tuque, dans le cadre du Fonds régions et ruralité du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. De nombreux partenaires privés ont également offert du matériel, des services ou des fonds, pour un total de commandites dépassant les 60 000$.
Le maire de La Tuque, Luc Martel, a salué cette mobilisation. “Nous aimons beaucoup que les citoyens se mobilisent et réalisent de beaux projets comme celui-ci, surtout lorsque cela profite à l’ensemble de la population. Nous sommes très fiers de soutenir financièrement des projets communautaires qui assurent le développement de notre communauté, encore plus quand c’est un projet qui correspond à notre vision du développement durable. Félicitations au Comité Vert l’Engagement pour avoir réalisé cette École forêt nourricière et à l’équipe du Jardin communautaire Les Corbeilles d’Arts pour leur soutien. C’est vraiment un très beau projet et j’invite tout le monde à venir le découvrir.”

Une inauguration en deux temps
L’inauguration s’est ouverte par une visite libre de la forêt et une dégustation de tisane, suivies de discours officiels à 15h. Les élus présents, dont la députée Marie-Louise Tardif et le conseiller municipal Claude Gaudreau, ont pris la parole, aux côtés des membres fondateurs : Stéphanie Greffard, Sylvain Rivard, Kendy St-Amour et Jean-François Fortin-Côté.
Mme Greffard a tenu à souligner l’apport déterminant des bénévoles. “Quand je regarde une centaine de personnes, dont plusieurs ont fait plus de 10 heures de travail, on parle en réalité de milliers d’heures offertes. Sans eux, ce projet n’aurait jamais pu voir le jour.”
Une vision d’avenir
L’École forêt nourricière, bien qu’accessible dès maintenant, n’a pas encore complété toutes ses phases de développement. La prochaine étape, prévue pour 2026, comprendra la construction d’une classe extérieure et l’installation d’un système d’arrosage aérien pour protéger les plantations.
Pour Stéphanie Greffard, l’objectif est clair. “Avec cette forêt nourricière, nous souhaitons poser un geste concret pour l’environnement, puisque c’est l’une des missions du Comité Vert l’Engagement. Ce projet aura aussi un aspect positif sur la résilience alimentaire et l’esprit communautaire de notre belle ville, car il nourrit à la fois le corps, l’esprit et le lien social.”

