Le réseau des CPE sous pression

MAURICIE. Le lancement, le 25 mai, de la Semaine québécoise des services de garde éducatifs à l’enfance a permis à l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) de dresser un portrait de la situation en Mauricie, où plus de 1000 familles seraient toujours en attente d’une place malgré les efforts de développement des dernières années.

PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca

La Semaine québécoise des services de garde éducatifs à l’enfance se déroule cette année sous le thème Fiers de notre réseau. À cette occasion, l’AQCPE a tenu à rappeler le rôle des CPE, des bureaux coordonnateurs et des milieux familiaux subventionnés dans le développement des tout-petits, tout en mettant en lumière plusieurs enjeux qui persistent dans la région.

Selon la co-directrice générale de l’AQCPE, Geneviève Blanchard, des progrès ont été réalisés grâce aux investissements consentis pour créer de nouvelles places et répondre à la pénurie de main-d’œuvre.

“Il y a des efforts quand même considérables qui ont été faits dans les dernières années. Il y a un grand chantier, entre autres, qui a été mis en place pour développer de nouvelles places donc faire face à la pénurie de la main-d’oeuvre”, a-t-elle indiqué.

Malgré ces avancées, l’organisme demeure préoccupé par la place grandissante occupée par le réseau privé à but lucratif ainsi que la qualité des services offerts. “Je pense que la question se pose, est-ce qu’on souhaite que l’éducation à la petite enfance au Québec, ça repose sur un modèle qui est à but lucratif?, Donc, qui repose sur les épaules de propriétaires dont le but premier de leur entreprise, c’est qu’elle soit rentable. Et l’autre inquiétude qu’on a, c’est que, quand on regarde les scores de qualité, on réalise que ces organisations-là ne sont pas à même d’avoir des résultats qui sont similaires à ce qu’on obtient en centre de la Petite Enfance”, a soulevé Mme Blanchard.

En Mauricie, le manque de places demeure une réalité. Bien que plusieurs nouvelles places aient été accordées dans les dernières années, l’AQCPE estime que la demande continue de dépasser l’offre.

“Quand on regarde les données, notamment sur le nombre de parents qui sont encore en attente, on voit que pour la Mauricie, on est encore au-dessus de 1000 personnes”, a mentionné Mme Blanchard, précisant que la croissance démographique et l’arrivée de nouvelles familles dans la région accentuent la pression sur le réseau.

La question de la qualification du personnel demeure également au cœur des préoccupations. L’AQCPE affirme que le problème de recrutement s’est transformé au fil des années. À l’échelle du Québec, c’est environ 12 000 personnes non qualifiées qui auraient intégré le réseau.

“Ce qu’on voit plus dans les dernières années, c’est qu’il y a eu un recrutement de personnes, mais elles ne sont pas nécessairement qualifiées”, a expliqué Mme Blanchard. “On peut plus s’improviser éducatrice. Ça prend vraiment des compétences, ça prend une formation qui est adéquate pour accompagner les tout-petits.”

Dans le cadre des discussions préélectorales, l’organisation réclame notamment une réorientation vers le modèle des CPE, qu’elle considère comme le plus performant en matière de qualité éducative.

“Il y a 30 ans, on avait choisi le modèle CPE, qui est un modèle à but non lucratif dans lequel les parents peuvent participer aux décisions”, a rappelé Mme Blanchard. “On souhaiterait qu’on développe en CPE, qu’on convertisse en CPE parce que c’est un modèle à but non lucratif et c’est celui qui obtient les meilleurs résultats en termes de qualité”, rappelle Mme Blanchard.

L’organisme demande donc davantage d’incitatifs pour encourager la formation du personnel, une meilleure valorisation de la profession ainsi qu’un financement stable à long terme afin d’assurer une meilleure prévisibilité pour les projets à venir.

“Prioritairement, si on veut offrir un service de qualité, on doit avoir la main-d’œuvre formée en nombre suffisant”, a conclu Mme Blanchard.

Rappelons qu’une visite du CPE Cheval Sautoir était également organisée le 25 mai à Trois-Rivières afin de permettre aux intervenants du milieu de témoigner des réalités vécues sur le terrain.