Le Relais 2 Rives ouvre ses portes après un investissement de 1,5 M$

LA TUQUE.  Le Relais 25 tourne une nouvelle page. Les entrepreneurs latuquois Henrick Moisan et Gabriel Hamelin-Beaulieu ont officiellement acquis l’établissement situé à l’entrée de la route forestière 25, à l’intersection du chemin Beaumont, un projet qui représente un investissement minimal de 1,5 M$.

Rebaptisé Relais 2 Rives, le site a été entièrement repensé afin d’offrir un éventail de services autant aux travailleurs forestiers qu’aux camionneurs, aux touristes et à la clientèle locale.

Pour les deux associés, déjà à la tête d’entreprises dans les secteurs de la construction et du débitage de viande, cette acquisition s’inscrit dans une volonté de diversifier leurs activités.

“On voulait se diversifier autre que la construction. Plus on avance, plus il faut penser à développer d’autres entreprises si on veut vieillir en santé”, explique Henrick Moisan.

L’idée est née presque sur un coup de tête, raconte-t-il en souriant.

“J’ai dit à Gabriel : “Viens me rejoindre au Relais.” Quand il est arrivé, il m’a demandé ce qu’on faisait là. Je lui ai répondu : “On est chez nous. On achète ça.””

Derrière cette anecdote se cachent toutefois plusieurs mois de travail. Les premières démarches remontent au printemps 2025. Une offre d’achat est déposée, suivie d’un long processus de financement. Le dernier montage financier est accepté à la mi-décembre, avant la signature officielle chez le notaire en mars. Les nouveaux propriétaires obtiennent également une aide financière de 50 000$ provenant du Fonds régions et ruralité (FRR) de la Ville de La Tuque, en plus d’une contribution de 25 000$ de la SADC.

Un complexe entièrement repensé

Depuis janvier, les travaux de rénovation se sont enchaînés à un rythme soutenu grâce à leur propre équipe de construction.

Le projet dépasse largement la simple remise à niveau du restaurant. Les propriétaires modernisent progressivement l’ensemble du complexe d’hébergement. Les 14 premières chambres sont entièrement rénovées, avec de nouvelles salles de bain, plomberie, mobilier et literie. Une deuxième série de chambres est déjà disponible, tandis qu’une troisième phase prévoit la réfection complète d’un autre bâtiment de 16 unités.

À terme, le complexe offrira une quarantaine de chambres adaptées à différentes clientèles.

Les entrepreneurs souhaitent notamment répondre aux besoins grandissants des travailleurs de passage.

“On veut enlever l’image des chambres de travailleurs. Un travailleur mérite lui aussi une belle chambre. On veut offrir une qualité supérieure, mais à un prix accessible.”

Pour cette clientèle, une cuisine distincte au sous-sol permettra de préparer des repas disponibles en tout temps. Les travailleurs qui quittent tôt le matin pourront récupérer leur déjeuner et leur dîner grâce à un système libre-service, sans dépendre des heures d’ouverture du restaurant.

Plus qu’un restaurant

Restaurant, dépanneur, produits prêts-à-manger, hébergement, restauration adaptée aux équipes de travail: les propriétaires souhaitent faire du site un arrêt incontournable pour tous ceux qui circulent sur cet axe routier.

“C’est comme une mini-ville ici. Les gens peuvent finir leur journée, prendre leur douche, manger, faire leurs achats et repartir le lendemain sans avoir à revenir en ville”, résume Henrick Moisan.

Les camionneurs représentent également une clientèle importante.

“Quand ils empruntent la voie de contournement, il n’y avait pratiquement aucun endroit où s’arrêter. On veut leur offrir un stationnement adapté et tous les services au même endroit.”

Les propriétaires estiment aussi que l’emplacement profitera aux pourvoiries, aux voyageurs et aux résidents des secteurs Beaumont et La Croche.

Miser sur le potentiel de La Tuque

Il faut penser aux travaux majeurs qui se feront dans les années à venir sur les barrages d’Hydro-Québec.

Selon les deux entrepreneurs, cette perspective a influencé leur décision d’investir massivement dans le projet.

“Si on ne croyait pas au potentiel de développement, on n’aurait probablement pas investi autant pour refaire toutes les chambres”, affirme M. Moisan.

Une dizaine d’employés composent actuellement l’équipe et le recrutement se poursuit afin de répondre à la croissance anticipée.

Pourquoi le nom Relais 2 Rives?

Le changement de nom n’est pas anodin.

Les nouveaux propriétaires souhaitaient conserver le mot “relais”, profondément ancré dans les habitudes des voyageurs, tout en marquant une rupture avec l’ancienne image de l’établissement.

“On a changé complètement le bâtiment, autant l’extérieur que l’intérieur. On voulait une nouvelle identité. Le nom fait référence aux deux rivières qui entourent le secteur, la Saint-Maurice et la Croche. C’est un relais qui relie les deux rives et tous les gens qui y passent.”

Avec ce projet, Henrick Moisan et Gabriel Hamelin-Beaulieu espèrent faire renaître un lieu emblématique de l’entrée nord de La Tuque tout en répondant aux besoins actuels d’une clientèle diversifiée, qu’elle soit composée de travailleurs, de touristes ou simplement de voyageurs en quête d’une halte.