Le CNA rapatrie les services de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations

Rédaction La Tuque
Le CNA rapatrie les services de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations
Constant Awashish (Photo : Michel Scarpino)

L’organisme prend en main une approche renouvelée pour la formation et l’employabilité

EMPLOI. Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) annonce qu’il rapatrie les services de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec en faveur d’une entente avec le Gouvernement du Canada, au travers du Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux autochtones (FCEA).

Jusqu’ici confié à l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, le développement des ressources humaines sera désormais directement encadré par les Atikamekw.

«Notre démarche s’inscrit dans la lignée d’un renforcement progressif de nos institutions et de notre autonomie gouvernementale. Spécifiquement sur le développement des ressources humaines, on a ici un axe beaucoup trop crucial au progrès social pour que son encadrement soit décalé des réalités concrètes de nos communautés. C’est une belle étape de franchie», a mentionné Constant Awashish, Grand Chef de la Nation Atikamekw.

Le CNA indique que les indicateurs de vitalité économique, le taux d’activité et le taux de chômage montrent, aussi bien à Manawan, à Opitciwan qu’à Wemotaci, «l’urgence de donner un nouvel élan au rattrapage socio-économique en associant le développement du capital humain à des opportunités économiques de premier plan».

« Nous devons agir à la fois sur la formation et l’employabilité des bénéficiaires, afin de multiplier les chances d’un arrimage efficace entre la qualification et l’emploi. C’est de cette manière que pourra s’élever le niveau de vie dans les communautés », a précisé Pierre Boucher, économiste principal, Développement Économique et Social Atikamekw Nehirowisiw (DÉSAN-CNA).

Le CNA veut replacer au cœur du développement économique le développement du capital humain, tout en accordant une attention particulière à l’évolution et à une intégration judicieuse des technologies. «De plus, l’autonomie Atikamekw en matière de formation et d’employabilité permettra d’adapter l’approche en fonction des multiples composantes de la culture et des traditions Atikamekw et qui peuvent notamment privilégier le travail saisonnier, le travail atypique ou encore le travail autonome. Ce rapatriement se concrétise avec le déploiement du Centre Kiskeritamowin, un centre de formation mis en place en collaboration avec la Commission scolaire de l’Énergie (École forestière de la Tuque), la Commission scolaire des Samares, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, ainsi que le soutien d’Emploi-Québec et d’Emploi et Développement social Canada. Le CNA implantera également à très court terme un programme d’aide au soutien du revenu tel que celui proposé aux résidents des réserves par Services aux Autochtones Canada», poursuit le CNA.

« Le DÉSAN a estimé qu’il fallait créer environ 1 500 emplois dans les communautés Atikamekw pour réduire le taux de chômage à la moyenne québécoise. Le défi est grand, mais il est plus de l’ordre de la responsabilité que de l’ambition. Notre population est jeune et tous nos jeunes ont la capacité de contribuer à l’avancement de leur communauté », a conclu M. Awashish.

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