Laurianne Petiquay à la présidence du RCAAQ
LA TUQUE. La directrice générale du Centre d’amitié autochtone Capetciwotakanik – La Tuque, Laurianne Petiquay, a été nommée présidente du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ). Active depuis plusieurs années au sein du conseil d’administration, elle succède à Philippe Meilleur, qui demeure impliqué comme administrateur.
PAR FATOUMATA DAPA
Membre déléguée du Centre d’amitié autochtone de La Tuque, Laurianne Petiquay siège au conseil d’administration du RCAAQ depuis 2018. Elle a d’abord occupé la vice-présidence pendant trois mandats avant de prendre la relève de la présidence, un rôle assumé par consensus entre les administrateurs.
« C’est entre nous. Les gens se parlent, on discute, on est capable de se dire ce qu’on a à se dire. Par la suite, on propose quelqu’un. Ça se passe de cette manière-là », explique-t-elle.
La nomination a été marquée par un moment symbolique. « Quand on m’a nominée, j’ai eu l’honneur d’avoir un chant d’honneur de la part de M. Grégoire Canapé, de la communauté de Pessamit, avec le tambour sacré. C’était une surprise, ce n’était pas prévu. Je le prends comme un cadeau très riche, un chant ancestral qu’il m’a donné pour honorer la nomination », raconte t-elle avec émotion.
Pour Mme Petiquay, ce rôle s’inscrit dans une vision de leadership fondée sur la responsabilité collective.
« Quand on est nommé kanikanewit, dans nos langues, ça veut dire celui qu’on a choisi d’être à l’avant. Ce n’est pas au-dessus, c’est devant. Ce n’est pas une question de pouvoir, mais plus une question de responsabilité envers la collectivité. »
Parmi les priorités qu’elle souhaite mettre de l’avant, la nouvelle présidente envisage d’aller à la rencontre des différents centres d’amitié autochtones du Québec.
« Je vais proposer de faire le tour des centres, aller voir les gens pour bien représenter le collectif du mouvement des centres d’amitié autochtones. »
Le RCAAQ, qui regroupe une douzaine de centres à travers la province, est engagé dans plusieurs dossiers stratégiques. Santé, justice et éducation figurent parmi les priorités.
« Nous avons des cliniques de soins de santé partout au Québec et nous travaillons à les faire davantage reconnaître. Il y a des écarts importants entre la population autochtone et la population québécoise sur l’état de santé. D’où l’importance de soutenir davantage les organisations autochtones dans leurs services », souligne Mme Petiquay.
Elle rappelle également que le regroupement s’appuie sur un plan stratégique intitulé Unir nos forces, visant à renforcer l’unité du mouvement et à consolider les liens avec les autres centres d’amitié autochtones au Canada.
Pour La Tuque, cette nomination représente aussi une reconnaissance. « Je pense que ça va faire briller la ville, parce que le Centre d’amitié autochtone Capetciwotakanik a de belles initiatives. Mon équipe travaille très fort pour aller vers l’innovation tout en restant ancrée dans la philosophie autochtone. Très certainement, ça va contribuer à faire rayonner ce qu’on fait au Québec », conclut-elle.
