La mémoire de La Tuque fête ses 30 ans

Une vieille cruche trouvée dans la terre, une photographie oubliée ou un outil forestier peuvent raconter bien plus qu’il n’y paraît. Depuis trois décennies, la Société historique du Haut-Saint-Maurice rassemble ces traces du passé pour les remettre entre les mains des familles, des chercheurs et des élèves.

Denis Adams, qui dirige la Société depuis 2021, connaît bien les longues heures nécessaires pour faire parler les archives. «Il faut vouloir connaître. Après ça, c’est des heures de recherche», résume-t-il. Les collections servent aux expositions, aux articles, aux chercheurs et aux citoyens qui tentent de reconstituer une partie de leur passé.

Pour le passionné, l’intérêt pour le passé passe avant tout par les familles, qu’il considère comme le point de départ de l’histoire locale. «Ça part toujours d’une famille», résume-t-il. Cette conviction l’a notamment conduit à réaliser l’ouvrage -Histoire des familles de La Tuque, fruit de plusieurs années de travail et des renseignements transmis par la population. En réunissant ces récits, il cherche à montrer comment les parcours individuels se mêlent à ceux de la forêt, du chemin de fer, des commerces et des institutions qui ont façonné la ville.

La Société veut aussi faire de ses archives un outil d’éducation. Lors des expositions présentées au Complexe culturel Félix-Leclerc, des groupes scolaires sont invités à participer à des visites animées. Des questionnaires sont préparés pour piquer la curiosité des jeunes, et certains enseignants les réutilisent ensuite en classe. «Ça t’aide à comprendre pourquoi tu es là et qu’-est-ce que tu fais», explique Denis Adams à propos de l’histoire locale.

Le cahier annuel Souvenance participe également à cette volonté d’ouvrir la Société historique à la population. Alimentée par le travail des bénévoles et des collaborateurs, la publication permet de faire connaître des pans parfois méconnus de l’histoire régionale. Cette année, l’édition présente l’histoire militaire de La Tuque et souligne le 100e anniversaire de la Légion Royale Canadienne filiale #31, tandis que l’année passée, la culture latuquoise était à l’honneur.

Cette transmission repose entièrement sur l’implication bénévole et les tâches sont nombreuses : classement des dons, recherches, rédaction de la revue Souvenance, préparation des expositions et réponses aux demandes du public. La Société reçoit d’ailleurs une vingtaine de demandes de recherche par année.

Pour assurer la suite, Denis Adams souhaite maintenant rajeunir l’organisation et en ouvrir davantage les portes. Il veut démocratiser l’accès aux archives, développer le tourisme culturel et convaincre des jeunes de mettre leur temps et leurs connaissances au service de la mémoire collective.

Après 30 ans, son souhait demeure simple: que la population connaisse la Société historique, mais surtout qu’elle l’utilise. Car une archive conservée prend tout son sens lorsqu’elle permet à une famille, à un élève ou à un visiteur de découvrir un morceau de son histoire.