«Je vis de mes passions» – Lorraine Hallé

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Par Michel Scarpino
«Je vis de mes passions» – Lorraine Hallé

PORTRAIT.  Lorraine Hallé n’occupe pas de fonction officielle à la municipalité de Lac-Édouard, mais elle en est devenue une ambassadrice efficace depuis plusieurs années.

Grâce à elle, on sait qu’il y pousse une variété de champignons, qu’elle cueille, fait goûter et découvrir aux gens de la Mauricie et d’ailleurs avec Les champignons du Lac-Édouard. Par extension, elle en fait profiter les différents établissements touristiques de la municipalité. Elle parle avec fierté de ce coin de pays à qui veut l’entendre.

«Je suis sortie de ma zone de confort», confie Mme Hallé, quand elle parle de la saison qui vient de se terminer.

On le sait, elle n’a jamais ménagé les efforts pour vivre sa passion de faire connaître les champignons. Aussi, Lorraine Hallé s’est rendue à la Baie James offrir une formation de trois jours à un groupe d’une quinzaine de travailleurs au début septembre. C’est par l’entremise de Facebook que les travailleurs ont pu entrer en contact avec elle. C’est l’endroit le plus loin où elle sera allée pour partager sa passion : le garde-manger forestier que recèle la Baie James montre quelques différences au niveau des champignons qu’on y retrouve.

Elle multiplie les formations. Pour une troisième année consécutive, Mme Hallé a participé à une session de l’événement «de la forêt à l’assiette», une activité d’initiation à la pourvoirie le Rochu en compagnie d’une dizaine de personnes. Là aussi, on passe de la théorie à la pratique, sans oublier les succulentes dégustations de produits à base de champignons.

Elle offre des formations à Lac-Édouard depuis quatre ans. Dans le tipi qu’elle a aménagé elle-même à ses résidence, Mme Hallé accueille des gens friands d’en apprendre sur les champignons. «Ça donne un cachet», lui a-t-on fait remarquer.

En train

Cette année encore, des formations ont été offertes à bord du train de Via Rail pour des gens partis, souvent de Montréal, jusqu’à Lac-Édouard. Avec la complicité de l’agence Passion terre et de Valérie

Fortin de Tourisme Haute-Mauricie, une dizaine de participants ont obtenu leur formation théorique à bord du train, de Shawinigan à Lac-Édouard. Il n’existe sans doute pas de meilleure façon de faire connaître la région.

Cette femme des bois adore le public à qui elle enseigne dans le train. «Quand la théorie est terminée, les gens peuvent voir le plus beau bout de la rivière Batiscan, c’est vraiment très beau».

Les restos

Puisqu’il pousse de très bons champignons à Lac-Édouard, pourquoi ne pas agrémenter les menus des restaurants ?

Elle achemine des bolets, des chanterelles en tube, des armillaires ventrus ainsi que des clitocybe omboné, aux restaurants le Boké, à La Tuque, le Carlito, la Maison de débauche à Trois-Rivières, le temps d’une pinte et le Baluchon.

Lorraine Hallé a présenté deux ateliers un kiosque dans le cadre des troisièmes Rendez-vous de l’agrotourisme et du tourisme gourmand de Shawinigan, un événement organisé cette semaine sous l’égide de l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand du Québec (AATGQ), auquel souscrivent Tourisme Shawinigan et Tourisme Haute-Mauricie.

Aussi, elle vend ses produits séchés à sa boutique, à Lac-Édouard de même qu’au magasin général de la municipalité et au marché de Noël au centre-ville de La Tuque.

On ne peut s’empêcher de lui demander si les températures sèches ont nui à certaines espèces de champignons au cours de l’été. Ce fut le cas, semble-t-il, pour le champignon crabe et la chanterelle en tube.

Quand elle a commencé à exploiter sa passion pour tout ce qui touche le domaine de la cueillette des champignons, Lorraine Hallé avait déjà l’intuition de que ça pouvait la mener loin, puisqu’elle avait remarqué un engouement. Seule employée de son entreprise, elle en souligne le côté «artisanal, mais bien organisé», elle qui compte toutefois sur l’aide de Jenifer Boivin-Côté de Lac-Édouard, qui la supporte, allant même jusqu’à l’accompagner à la Baie James.

La période de cueillette n’est pas tellement longue, de la mi-juillet à octobre. Il faut l’optimiser : «Quand c’est avant, c’est du bonus, quand c’est après, aussi. Ça ne dure pas si longtemps», conclut celle qui est disponible pour des formations théoriques hors saison.

Parallèlement, elle dirige son autre entreprise d’artisanat, Les coffrets de Lorraine.

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