Immigration: les régions réclament stabilité et cohérence

ÉCONOMIE.  Un regroupement de 36 organisations issues de dix régions du Québec, dont la Mauricie, hausse le ton et presse les gouvernements d’agir rapidement pour stabiliser les politiques en immigration.

Réunis au sein du Comité de l’immigration économique en région, ces acteurs économiques et municipaux dénoncent les effets des changements fréquents de programmes, qui fragilisent déjà plusieurs territoires.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre persistante, les signataires estiment que les réformes successives et parfois contradictoires en matière d’immigration compromettent le développement économique de nombreuses régions, qu’elles soient manufacturières, agricoles, forestières ou encore nordiques et côtières. Certaines entreprises ralentiraient leurs activités, tandis que des investissements seraient reportés, voire abandonnés.

Le message adressé aux gouvernements du Québec et du Canada est clair : il faut mettre fin aux approches divergentes et adopter une stratégie concertée en immigration économique. Les organisations demandent également d’être davantage impliquées dans les décisions, afin que les mesures tiennent compte des réalités régionales.

Les appels s’adressent notamment à Christine Fréchette, à Mark Carney et au ministre François Bonnardel. Bien que certains efforts récents soient reconnus, les organisations jugent qu’ils demeurent insuffisants pour offrir la prévisibilité nécessaire aux entreprises.

Au cœur des revendications : des programmes d’immigration plus rapides, flexibles et durables, capables de répondre concrètement aux besoins de main-d’œuvre. Les régions insistent sur l’urgence d’agir, soulignant que l’instabilité actuelle entraîne déjà des conséquences bien réelles, allant de la réduction de services à la perte de vitalité dans certaines communautés.

Né à la suite des consultations sur la planification pluriannuelle de l’immigration à l’automne 2025, le comité regroupe aujourd’hui un large éventail d’organisations, dont des chambres de commerce, des municipalités et des organismes de développement économique. Ensemble, elles représentent un poids économique considérable et entendent faire entendre une voix régionale forte dans le débat.

Au-delà des enjeux politiques, les signataires lancent un appel à sortir l’immigration des luttes partisanes pour en faire un véritable levier de développement, adapté aux réalités de l’ensemble du territoire québécois.