Hydro injecte 613M$ à Rapide-Blanc

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Par Michel Scarpino
Hydro injecte 613M$ à Rapide-Blanc

Hydro-Québec annonce un vaste projet de réhabilitation de sa centrale de Rapide-Blanc de 613M$. La vaste rénovation de la centrale sera échelonnée sur une période de sept ans et mobilisera une centaine de travailleurs. On estime les retombées économiques de ce chantier à 80 M$.

La centrale Rapide-Blanc d’Hydro-Québec recevra un investissement de 613M$.

Soulignant le rôle de premier plan que joue la centrale dans la gestion du débit d’eau de la rivière Saint-Maurice, notamment en période de crue, le responsable de la centrale, Dave Archambault a indiqué que le projet de réfection est en préparation depuis très longtemps.

En plus de renouveler les six groupes turbines-alternateur de la centrale de 80 ans, Hydro réhabilita le bâtiment, les systèmes auxiliaires électriques et mécaniques, les pertuis ainsi que les vannes de prise d’eau. Les travaux débuteront en 2020.

«C’est presque uniquement la coquille de la centrale que nous allons conserver, et même là, nous allons rafraîchir le bâtiment en entier», a affirmé M. Archambault.

«Avec ces travaux, la centrale continuera de répondre aux besoins énergétiques du Québec pour les 50 prochaines années et d’être rentable. Voilà justement l’un des nombreux avantages de l’hydroélectricité : une production énergétique fiable, constante et surtout à long terme», disait David Murray, chef de l’exploitation et président d’Hydro-Québec Production.

«Notre énergie n’a jamais été aussi en demande grâce aux attributs de notre hydroélectricité. Elle est faiblement émettrice de GES, elle permet d’offrir les plus bas tarifs en Amérique du nord et même dans le monde et elle est une source d’énergie stable qui transitent sur un réseau de transport des plus fiables et robustes», pour n’a pas manqué de faire marquer M. Murray.

Des travaux sont déjà commencés, notamment la construction de bureaux qui font partie de l’avant-projet. Des travaux préparatoires suivront.

La centrale ne fermera pas durant les travaux, les groupes turbine-alternateur seront remplacés un à un.

L’annonce a été faite directement sur le site, à la centrale Rapide-Blanc. Pour David Murray, il était important que ça se fasse en présence des gens du milieu et des employés d’Hydro-Québec.

Les retombées économiques

La Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Saint-Maurice (CCIHSM) veut s’assurer de maximiser les retombées parmi ses membres.

«On est en mode de relation publique avec Hydro-Québec à qui on parle régulièrement. On veut s’assurer qu’il y a un maximum de ces 80M$ de retombées qui soient ici au niveau local. On veut que nous entreprise sortent du lot», fait valoir Karine Rochette, directrice générale de la CCIHSM, qui ne cache pas qu’il s’agit d’un dossier majeur pour les prochaines années.

« Nous nous sommes engagés à les appuyer pour loger tous les travailleurs en lien avec ce grand projet. Nous serons aussi présents auprès des grands donneurs d’ouvrage pour s’assurer qu’ils utilisent au maximum nos services locaux», a-t-elle ajouté..

Les dirigeants de la CCIHSM ont d’ailleurs pu dîner avec ceux d’Hydro-Québec pour en discuter. On est en train d’implanter une base de données pour qu’ils puissent trouver facilement les ressources disponibles à La Tuque.

«On veut être rapide pour répondre à leurs besoins, pour tirer notre épingle du jeu (…) On va tenir nos membres informés. Déjà à l’automne, on pense mettre au calendrier plusieurs déjeuners pour faciliter le pont entre les deux », se promet Karine Rochette.

Une position que partage le président d’Hydro-Québec Production : «Il y a déjà des rencontres qui ont débuté avec nos gens des relations avec le milieu et la communauté ici pour voir quelles sont les opportunités».

Parmi la centaine de travailleurs qui seront à pied d’œuvre, on aura recours à des employés de construction, d’ingénierie, ainsi que dans le domaine électrique. «Ça va varier avec le temps».

«Les  travailleurs vont devoir se loger, avec l’hébergement la nourriture et les achats locaux. On prévoit que ça va bouger beaucoup à La Tuque et dans les alentours. Je suis très contente», a mentionné pour sa part la députée Marie-Louise Tardif.

Plusieurs parlent d’un investissement éventuel pouvant aussi être annoncé dans quelque temps à la centrale La Trenche. «Hydro-Québec est à revoir tous ses investissements. On avait dit qu’on se positionnerait en 2021-2022 pour revoir les prochaines démarches, mais je ne vous cache pas qu’on regarde plusieurs projets avec nos ingénieurs», lance David Murray, ajoutant que la centrale La Trenche fait partie des analyses.

Six groupes turbine-alternateur peuvent actuellement produire 240 mégawatts à la centrale Rapide-Blanc. David Murray ne cache pas que la puissance pourrait augmenter de 2 mégawatts additionnels par turbine. «Pour nous, c’est de la capacité de plus. En hiver, à chaque mégawatt est important».

«Les autres centrales de la rivière Saint-Maurice ne seront laissées pas à l’abandon. On peut penser que pour les 20 prochaines années, il y aura des réfections qui vont être faites, dépendamment des besoins. C’est ça la bonne nouvelle : on regarde vers l’avenir et la rivière Saint-Maurice est un plus pour le Québec»,

Rapide-Blanc en quelques données

Elle a été mise en service en 1934.

La puissance de la centrale permet d’alimenter en électricité environ 73 500 résidences.

La puissance installée est de 240 mégawatts.

Elle a une hauteur de chute de 32,92 mètres.

Son réservoir, le réservoir Blanc, a une superficie de 8260 hectares.

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