Feux de forêt: à quoi s’attendre de la saison estivale?
MAURICIE. Chaque printemps, la même question revient: à quoi ressemblera la prochaine saison des feux de forêt? Si certains indices permettent de tracer un portrait préliminaire, la prudence reste de mise. Car en matière d’incendies, tout peut basculer en quelques jours.
C’est ce que rappelle d’emblée Josée Poitras, agente de prévention et de communication pour la SOPFEU. “On a des météorologues qui nous présentent un profil en début d’année, notamment basé sur le couvert de neige. Mais en fin de compte, c’est toujours la météo qui aura le dernier mot”, résume-t-elle.
L’exemple de 2023 reste dans toutes les mémoires. Malgré des prévisions dans la moyenne, une courte période de chaleur, de sécheresse et de vents soutenus a suffi à faire basculer la saison dans l’exceptionnel.
Un printemps déjà au-dessus de la moyenne en Mauricie
Dans la région de la Mauricie, les premières données de 2026 donnent déjà matière à réflexion. Depuis le début du printemps, cinq incendies ont été recensés, affectant 1,3 hectare de forêt. À titre comparatif, la moyenne des dix dernières années s’établit à trois feux pour 1,2 hectare.
“On a déjà dépassé la moyenne printanière”, souligne Mme Poitras, en précisant que ces incendies sont tous d’origine humaine avec le brûlage domestique ou feux récréatifs.
Un constat loin d’être surprenant. “Le printemps est la période la plus critique, plus encore que l’été. Tant que la végétation n’est pas sortie, le sol est vulnérable et les combustibles sont très faciles à enflammer”, explique-t-elle.
La prévention au cœur des efforts
Face à cette réalité, la SOPFEU mise d’abord sur la prévention. Depuis mars, les équipes se déploient progressivement sur le territoire québécois, en prévision de la saison officielle qui s’étend du 1er avril au 15 novembre.
À La Tuque, point névralgique pour la Mauricie, 24 pompiers forestiers, épaulés par des superviseurs et du personnel de soutien, sont déjà à pied d’œuvre. Selon les indices de danger, ces équipes peuvent être redéployées rapidement vers des secteurs plus à risque, notamment vers Shawinigan, Trois-Rivières, ou dans la MRC de Mékinac.
Parallèlement, une campagne nationale vise à sensibiliser la population aux feux d’origine humaine qui sont encore responsables de la majorité des incidents printaniers.
Des citoyens plus conscients depuis 2023
Les feux majeurs des dernières années ont laissé des traces, mais ont aussi permis une prise de conscience accrue.
Depuis 2023, les municipalités et les citoyens sont de plus en plus nombreux à faire appel aux services d’atténuation des risques. Contrairement aux traditionnelles lignes coupe-feu, ces approches misent sur des gestes simples: nettoyage des terrains, gestion de la végétation, aménagement sécuritaire autour des bâtiments.
“Les gens veulent savoir quoi faire pour protéger leur propriété. Il y a une réelle volonté d’agir”, observe Mme Poitras.
Un été impossible à prédire
Alors, à quoi s’attendre pour l’été 2026? La réponse demeure prudente.
“On pourrait être dans une saison dans la moyenne, peut-être même plus tranquille, notamment en raison du couvert de neige qu’on a connu. Mais il suffit de quelques semaines de conditions extrêmes pour changer complètement la donne”, rappelle Mme Poitras.
