Élodie Murphy-Gauthier endosse l’abolition de Santé Québec

ÉLECTIONS. L’une des deux médecins parmi les 127 candidats du Parti Québécois en lice lors de l’élection du 5 octobre, Élodie Murphy-Gauthier endosse sans retenu l’engagement de son chef Paul St-Pierre Plamondon d’abolir Santé Québec s’il est porté au pouvoir.

« Arrêtons de nous enfoncer, c’est le bon temps pour l’abolir, lance la candidate péquiste dans Laviolette – Saint-Maurice. Honnêtement, déjà avec les CIUSSS, on avait déjà centralisé beaucoup de décisions. Puis là avec Santé Québec, c’est comme si on rajoutait une couche de plus. On s’est éloigné du terrain et on ne voit pas les résultats. C’est environ 900 fonctionnaires de plus en deux ans et ce sont des dédoublements avec le ministère par moment », explique la médecin généraliste qui œuvre à l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie à Shawinigan.

Membre du Parti Québécois depuis l’âge de 17 ans, Élodie Murphy-Gauthier a grandi dans une famille souverainiste où le militantisme et les implications sociales étaient une seconde nature. « Je suis membre de Médecins québécois pour le régime public, sur le conseil d’administration du CPE La Bottine Souriante. Il y a des causes qui valent le coup qu’on s’implique. »

La candidate déclare avoir décidé de se lancer en politique après avoir constaté la dégradation du réseau de la santé et des services sociaux depuis une dizaine d’années. « Moi, je suis un produit de la société québécoise qui vient d’un milieu modeste. On n’est pas médecin de génération en génération chez moi. J’ai eu accès à une bonne éducation publique et mes parents ont eu du soutien de l’État pour élever leurs quatre enfants. J’y tiens à ce modèle-là. Prendre soin du monde, je trouve que c’est ça qui est important », insiste-t-elle.

Dans la même optique, Élodie Murphy-Gauthier se réjouit des propositions de son parti pour faire face aux enjeux de l’itinérance de plus en plus présente dans nos rues. « C’est notre priorité sociale numéro un et Paul St-Pierre Plamondon a dit qu’il allait prendre ce dossier comme premier ministre. Ça démontre toute l’importance qu’on y accorde. C’est une problématique complexe et notre approche globalement, c’est de dire le logement d’abord. Ça veut dire que le logement, ce n’est pas le bonbon au bout du processus. On va mettre aussi des ressources en lutte à la toxicomanie parce que malheureusement, ça peut aller ensemble comme problématique », explique celle qui œuvre justement auprès des personnes aux prises avec une dépendance.

Si elle est élue, la candidate du Parti Québécois entend aussi faire de la foresterie l’une de ses priorités. « Les gens veulent plus de stabilité, de prévisibilité. C’est un enjeu que nous, on a dit que d’ici la fin de 2027, on s’engage à réformer le régime forestier. Tout est sur la table. Les différents acteurs s’entendaient sur la direction à prendre, mais la CAQ a manqué l’occasion de bien clore ça en ajoutant des clauses que les gens n’avaient pas demandées. »

Élodie Murphy-Gauthier dit voir des similarités entre ses échanges avec les électeurs durant la campagne et son travail de médecin avec ses patients. « La politique, c’est d’écouter avec empathie, d’enregistrer ce que le monde dit et de mettre ça en action après. Comprendre des réalités qui ne sont pas les nôtres. Cette écoute-là, l’empathie, la compréhension et la capacité de trouver des solutions avec des fois, peu de ressources et dans des situations complexes, je trouve que le lien avec la médecine est évident », conclut-elle.