Parent : carrefour des motoneigistes

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Par Michel Scarpino
Parent : carrefour des motoneigistes
Karine Dion, propriétaire du dépanneur Chez mon chum, qui est en quelque sorte la porte d’entrée du village, lorsqu’on arrive par la route 25. (Photo : Michel Scarpino)

ÉCONOMIE. La communauté des affaires parentoise se veut très dynamique : les entrepreneurs investissent beaucoup dans l’économie du village. Il n’est pas rare de voir des gens d’affaires posséder plus d’un commerce, ce qui démontre la confiance portée dans le tourisme et l’économie locale.

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Depuis quelques années, des jeunes gens reprennent des commerces existants ou en ouvrent de nouveaux. Il n’y a pas énormément de commerces à Parent, mais on en retrouve suffisamment pour combler les besoins de la population locale et des touristes. Conséquence du tourisme en hausse, le domaine de l’hébergement est en effervescence. Quelques personnes d’affaires rencontrées sur place par L’Écho de La Tuque partagent le même enthousiasme.

Geneviève Séguin opère les quatre chalets semi-détachés du Gîte l’Ombre du vent, à quelques jets de pierres du village de Parent, sur la route menant à Mont-Laurier.

Elle a littéralement craqué pour le secteur Parent, il y a quinze ans. Ancienne résidente de la rive sud de Montréal, elle possédait, avec son conjoint, un chalet dans le secteur du réservoir Gouin. Déjà, germait dans leur esprit de bâtir un chalet pour louer dans le secteur de Parent.

Du jour au lendemain, ils ont tout vendu, leur maison, leur entreprise, pour gagner leur vie dans cet arrière-pays et ne le regrettent pas.

Les motoneigistes constituent une bonne part de sa clientèle durant la froide saison. Des entreprises et employés gouvernementaux logent également dans ses chalets, en saison estivale.

Elle l’avoue, toutes saisons confondues, elle accueille davantage de motoneiges que de quads, parce que les motoneigistes voyagent sur de plus longues distances. Puis, Parent constitue un carrefour de plusieurs régions : «On est dans le milieu pour la motoneige. On touche à la Mauricie, les Laurentides, l’Abitibi», observe Geneviève Séguin.

Un fait que confirme Sylvie Lachapelle, propriétaire de l’hôtel Central. L’hiver actuel est une des saisons les plus importantes de son établissement, en bonne partie parce que l’hiver a commencé tôt et parce qu’il a neigé à plein ciel. «On manquait de chambres un certain moment. On a essayé de fermer la salle à manger entre Noël et le jour de l’An et on n’a jamais été capables (…) Quand il pleut en ville, nous, c’est de la neige», justifie-t-elle. Les Américains, les Français, les Québécois convergent vers Parent. «Depuis deux ans, on a beaucoup de gens de Gatineau. Ils n’ont pas de neige, alors ils montent ici pour faire de la motoneige». Entre autres, la petite auberge le Coureur des bois, le Gîte et le Motel 4 saisons proposent aussi d’intéressantes offres d’hébergement.

Directement à l’entrée du village, au coin des rues Principale et du Pont, il y a le dépanneur Chez mon chum, une station-service avec dépanneur.  Les motoneigistes y font la file pour faire le plein d’essence puisque c’est, en période hivernale, la seule station-service du village. Karine Dion, propriétaire depuis juillet 2017, effectue actuellement des rénovations parce qu’elle veut augmenter les services en y rapatriant, dans un avenir rapproché, l’épicerie de Parent de la rue Commerciale qu’elle possède depuis peu.

On pourrait croire qu’un village de 350 habitants, c’est tranquille pour le commerce, mais Karine Dion jure le contraire : «Ça bouge tout le temps», lance-t-elle. Elle aussi a remarqué une influence importante de motoneigistes, surtout en cette saison hivernale qui n’a pas été avare de neige.

«C’est un village relais entre plusieurs régions», fait-elle remarquer, observant au passage que les travailleurs y sont nombreux.

«Ça fait rouler l’économie, il y a de la restauration, de l’hébergement qui se font (…) Nos réseaux de sentiers sont bien établis, fonctionnels. Avec la météo qu’on a, on n’est pas souvent en manque de neige. On a des redoux, mais ça ne dure pas», estime pour sa part le conseiller municipal de Parent, Eric Chagnon.

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