Du théâtre jeunesse porté par 30 ans d’expérience
À La Tuque, le théâtre a pris des airs de grande fête scolaire alors que des élèves des écoles primaire Centrale et La Chrysalide ont présenté des pièces préparées sous la direction de Madeleine Gervais, une passionnée de scène qui transmet le goût du jeu aux enfants depuis près de 30 ans.
Devant le public de l’école Centrale, la fébrilité était palpable. Avant même que les jeunes comédiens entrent en scène, Mme Gervais, ou Mme Mado pour les élèves a pris le temps de rappeler ce que représente un tel moment pour des enfants. « Ce n’est pas facile de monter sur la scène devant tout ce public-là », a lancée l’éducatrice en service de garde, en invitant les spectateurs à tendre l’oreille et à soutenir les élèves dans cette aventure théâtrale.
À l’occasion de la fin des classes, les jeunes de l’école Centrale ont plongé dans un univers inspiré de la comédie italienne ancienne, avec des masques, de grands costumes, des personnages exagérés et un joyeux choc entre les époques. La pièce intitulée Veille de première a transporté le public entre 2026 et 1540, dans un monde où les mots, les vêtements et les manières semblaient appartenir à un autre temps. Sur scène, les personnages s’enchaînaient autour d’Arlequino, de Pantalone et d’étranges personnages pris entre le rêve, le voyage dans le temps et la comédie.
Le résultat a fait rire la salle et poussé des exclamations d’émerveillent aux nombreuses classes de l’école venues assister au spectacle. Pour Madeleine Gervais, ce rire était la plus belle preuve du travail accompli. « Quand le public rit, c’est parce que vous avez rendu vos rôles super », a-t-elle dit aux élèves après la représentation, visiblement fière de voir ses textes incarnés avec brio.
Chez les jeunes comédiens, l’expérience a laissé des traces. Pour certains, il s’agissait d’une première vraie rencontre avec la scène. Un élève a confié avoir découvert qu’il devait apprendre à se faire confiance. D’autres ont surtout retenu l’originalité de la pièce. « Ce n’était pas comme les autres », a résumé l’une des comédiennes. Une autre a souligné que les personnages étaient « un peu plus drôles » que dans les productions précédentes.
Les costumes, eux, ont aussi marqué les esprits. Masques, habits d’époque, accessoires et personnages plus grands que nature ont permis aux enfants de sortir de leurs habitudes. C’est précisément ce genre de défi que Madame Mado aime proposer aux enfants.
À La Chrysalide, d’autres jeunes ont aussi goûté aux plaisirs de la scène avec une pièce intitulée La Maison hantée, écrite également par Madeleine Gervais. Pour cette école, il s’agissait d’une première expérience du genre avec ce groupe d’élèves de troisième, quatrième et cinquième année.
L’histoire se déroulait dans une maison hantée, où des filles s’aventurent après avoir entendu des garçons parler d’un trésor et d’un mystérieux personnage. Au fil de la pièce, la peur change de camp. Les garçons, qui croyaient mener le jeu, finissent eux-mêmes par être surpris. « Ah, c’est qui les peureux, finalement? », résume Madeleine Gervais en racontant le retournement comique de l’histoire.
Derrière ces pièces scolaires se trouve un engagement qui dépasse largement une activité parascolaire. Madeleine Gervais écrit elle-même plusieurs de ses textes, adapte ses personnages aux enfants qu’elle connaît et cherche à leur offrir un rôle à leur mesure. « Ma passion, c’est vraiment de transmettre cette passion », confie-t-elle.
Au fil des années, elle a multiplié les projets dans différentes écoles de La Tuque, dont Carignan, Marie-Médiatrice, Centrale et maintenant La Chrysalide. Même si elle admet avoir parfois pris quelques pauses au fil des années, son implication s’étire sur plusieurs générations d’élèves et son élan ne tari pas.
L’émotion de voir les enfants se dépasser, prendre leur place, apprivoiser leur trac et recevoir les applaudissements du public suffit à nourrir sa passion.
