Des passionnés d’histoire font revivre le presbytère St-Andrews

PATRIMOINE. Propriétaires du presbytère et de l’église St-Andrews depuis octobre 2012, les latuquois Anne Charest et Patrice Laroche se préparent à vivre leur grand rêve.

Leur Auberge de la petite chapelle a officiellement ouvert ses portes le premier septembre, dans le presbytère centenaire de l’église St-Andrews, de la rue Saint-Maurice.

Les deux propriétaires se lancent en affaires avec un double objectif : offrir de l’hébergement de qualité, mais aussi faire connaître l’histoire de Ville de La Tuque et les gens qui l’ont fait prospérer au siècle dernier. Ils ont d’ailleurs emménagé dans leur établissement riche d’histoire. Le couple pense que les besoins en hébergement dans le Haut-Saint-Maurice sont grands.

Après avoir mis leur projet sur pause à la suite d’une mésentente avec l’usine West Rock au moment de l’acquisition, ils en ont repris les rênes ensuite, une fois le conflit réglé. Ils ont consacré les dernières années à rénover leur bâtiment et à lui redonner le cachet d’antan.

L’histoire de La Tuque

L’histoire de la Haute-Mauricie est à l’avant-plan de leur projet. «On veut rencontrer les gens et discuter de l’histoire de La Tuque. Il y a beaucoup de choses à raconter», apporte d’entrée de jeu Patrice Laroche.

Ils parlent d’histoire avec une passion qu’on devine facilement. Félix Leclerc a certes contribué à la renommée de La Tuque, mais il n’y a pas que lui. Les chambres porteront les noms de personnages tels Dr Max Comtois, Wenceslas Plante, Jean Crête et Ann Mc Cormick. Au troisième, la majestueuse suite rend hommage à Montague Brown, premier gérant de l’usine Brown (West Rock), un personnage dont l’histoire est connue de Mme Charest et M. Laroche. Ils signalent que M. Brown a aussi été cosignataire de l’acte de constitution de Ville de La Tuque, en 1911, à la suite de la fusion des villages de La Tuque et La Tuque Falls. La suite Montague Brown représente leur coup de cœur, «la cerise sur le sundae», de leur propre aveu.

Même qu’un vitrail représentant M. Brown, réalisé par l’artiste Mary Hamilton Frye, en 1921, est bien en évidence, dans l’église. Il arrive que des visiteurs étrangers viennent le voir.

«On les a oubliés, mais on veut les faire revivre. C’est passionnant. Ça ne fait pas si longtemps, ça ne fait que cent ans», insiste Anne Charest.

Ces derniers mois, ils ont mis la main sur un piano mécanique, un authentique gramophone, une radio à lampe, tous d’époque, placés dans la salle à manger.

On ne s’étonnera pas de retrouver des photos dans le couloir menant aux chambres du deuxième étage avec la collaboration de la Société historique de La Tuque du Haut-St-Maurice. «Ce sont des photos autour des années 20, évalue Patrice Laroche. On va mettre un texte descriptif sous chaque photo».

Le cachet d’antan peut rimer avec modernisme. Chaque chambre comporte sa salle de bain privée, a l’air climatisé, le téléviseur HD et internet WI-FI.

Le couple ne cache pas avoir rassuré des gens, d’abord inquiets de voir que, changeant de main, les édifices puissent en venir à être démolis, ce qui était hors de question. «On veut conserver le patrimoine», tranche Mme Charest. Le projet a été bien accueilli : même que des gens sont allés leur porter des assiettes et différents objets se rapportant à l’histoire de l’église St-Andrews. Cela explique bien leur ouverture à faire visiter cet objet du patrimoine latuquois.  

L’église

Ils ont apporté une réfection à l’église St-Andrews et il est possible de la visiter. Mais aucune vocation officielle n’a encore été identifiée à ce moment. Se concentrant d’abord sur leur projet d’auberge, Mme Charest et M. Laroche se disent ouverts à toute suggestion ultérieure. Un incendie avait endommagé l’église en 1989, et elle avait fait l’objet de travaux de rénovation. Inaugurée le premier janvier 1911, l’église St-Andrews a été désacralisée en octobre 2010.