Des organismes en défense collective des droits réclament l’intervention de Jean Boulet

En pleine Semaine de la défense collective des droits, le froid n’a pas arrêté les représentants d’une vingtaine d’organismes communautaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec venus manifester devant le bureau de Jean Boulet pour qu’il contribue à annuler une disposition d’un projet de loi actuellement à l’étude.

Une trentaine de membres et représentants d’organismes en défense collective des droits se sont d’abord rassemblés au parc Champlain de Trois-Rivières avant de se déplacer vers le bureau du député de Trois-Rivières et ministre responsable de la région de la Mauricie. Ils demandent l’intervention de Jean Boulet afin de retirer du projet de loi 7 la possible fusion du Fonds d’aide à l’action communautaire (FAACA) au Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS).

“Pour nous, ça pose un risque à trois niveaux, explique le coordonnateur du Regroupement des organismes d’éducation populaire autonomes de la Mauricie, Marc Benoît. Premièrement, au niveau de la pérennité de notre financement, ensuite au niveau de notre autonomie, c’est-à-dire les comptes à rendre, et ensuite qu’une fusion pourrait amener une abolition de notre secteur communautaire, la défense collective des droits. Donc, au lieu d’être représenté par un seul individu, par exemple une personne qui pourrait être juriste, on parle que les citoyens et citoyennes se rassemblent pour défendre leurs droits. Ça couvre un volet assez très large de la population: les retraités, les préretraités, les chômeurs, chômeuses, les locataires. Il y a une panoplie de dossiers qui sont touchés.”

Des représentants du Regroupement pour la défense des droits sociaux de Shawinigan participaient à l’activité de mobilisation.

Le projet de loi 7 vise à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires, ce à quoi ne s’opposent pas les groupes communautaires.

“On ne peut pas être contre la vertu, c’est-à-dire de vouloir moderniser tel ou tel fonctionnement, poursuit M. Benoît. Ce qu’on dit, c’est pourquoi mettre à risque un programme communautaire qui fonctionne très bien depuis plus de 30 ans, qui amène des changements, qui fait réfléchir la société? Avec le projet de loi 7, qui arrive en fin de mandat, on se questionne: est-ce qu’il y a des économies à faire? Personne ne peut être contre. Maintenant, il faut savoir où les faire et ne jamais mettre à risque la population qui est parfois victime de plusieurs inégalités.”

Mardi matin, deux représentants ont pu remettre à l’attachée politique de Jean Boulet,  Milena Cortez, une lettre contenant leur demande. Selon le regroupement, cette dernière “se serait montrée ouverte à une analyse de la demande des organismes”.

“Ce qu’on demande, c’est l’écoute de M. Boulet, qu’il nous aide, parce qu’en 2019, il avait travaillé très fort pour le milieu, particulièrement dans la défense collective des droits. On croit qu’il comprend le dossier et qu’il peut demander à ses collègues de retirer cet élément-là du projet de loi 7. On espère que notre message va être entendu. M. Boulet peut amener notre parole, nous le croyons du moins, auprès de ses collègues, et dire que dans le projet de loi 7, cette partie-là devrait être retirée ou complètement réécrite, dans le cas où on va vers une adoption.”

Au niveau financier, les organismes réclament notamment un mécanisme d’indexation des sommes prévues au Plan d’action gouvernemental en action communautaire 2022-2027.