Des jeux pour grandir sans préjugés

ÉDUCATION INCLUSIVE. La Ville de La Tuque soutient l’inclusion dès la petite enfance en offrant du matériel éducatif sur la diversité culturelle à ses deux CPE, une initiative saluée par le personnel éducatif.

Pour encourager l’ouverture à la diversité, la Ville de La Tuque a remis du matériel éducatif aux deux centres de la petite enfance de son territoire. “L’idée vient d’une autre région, quelqu’un avait fait ce projet-là”, explique Kim Poirier, conseillère en mobilisation citoyenne. “J’ai constaté en reprenant le poste de mon ancienne collègue qu’il nous restait des sous dans l’ancienne entente du programme d’appui aux collectivités. J’ai trouvé que c’était une super idée parce que je n’avais pas agi auprès des enfants en aussi bas âge jusqu’à maintenant.” 

Elle précise que ce projet permet d’aller plus loin qu’un simple don de jeux. “Je ne pouvais pas juste acheter du matériel. Ça prenait le côté structurant.” Kim Poirier a donc pris le temps de rencontrer les équipes éducatives pour leur proposer une liste d’activités et d’animations adaptées. “Je voulais m’assurer que les éducatrices étaient prêtes à utiliser ce matériel-là avec les enfants pour promouvoir la diversité culturelle.”

Agir tôt, c’est aussi miser sur un effet d’entraînement positif dans les familles. “Les enfants vont être sensibilisés très, très jeunes. Ces enfants-là peuvent revenir chez eux et sensibiliser leurs parents parce qu’ils ont été sensibilisés”, souligne-t-elle. Selon elle, exposer les tout-petits à la diversité dès le préscolaire peut aussi faciliter leur ouverture plus tard à l’école. À la suite de ces rencontres, les CPE Premier Pas et La Clé des Champs ont pu choisir eux-mêmes les jeux, poupées, livres et figurines qui leur semblaient les plus adaptés. 

Pour Pascale Lafrenière, éducatrice en milieu familial affiliée au CPE La Clé des Champs, les effets se font déjà sentir. “J’avais déjà des bébés noirs dans ma garderie, des poupées noires. Je trouvais ça important pour que les enfants comprennent qu’on peut avoir une couleur de peau différente, mais on n’est pas différents.” Depuis l’arrivée du nouveau matériel, elle constate que les enfants intègrent davantage cette diversité dans leurs jeux. “Maintenant, ils prennent les bébés de couleur dans leurs jeux. Je trouve que ça a beaucoup changé leur mentalité envers les personnes de couleur et mêmes pour les bébés de sexes opposés. Ils prennent les bébés garçons aussi et ils les emmènent dans leur jeu. On dirait qu’ils commencent à comprendre la différence.”

Le projet vise surtout à agir tôt pour prévenir les préjugés. “Je pense que ça va beaucoup aider aussi ceux qui vont partir à l’école ”, ajoute Pascale Lafrenière. “De comprendre qu’on a des couleurs différentes, qu’on est pareil. Que ce soit un Chinois, un Canadien, un Africain ou un Amérindien, on est tous des humains pareils.”

Cette initiative, financée par le Gouvernement du Québec, devrait se poursuivre et pourrait faire l’objet d’un suivi. “Je pense que je vais faire un suivi dans six mois pour voir qu’est-ce qui a changé, qu’est-ce qui se passe à ce niveau-là”, conclut Kim Poirier.