Décès de Guy Arcand

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Par Michel Scarpino
Décès de Guy Arcand
Guy Arcand, à l'époque où il était propriétaire du marché IGA. (Photo : Archives )

DÉCÈS.  Le Latuquois d’origine et homme d’affaires Guy Arcand est décédé le 3 janvier, à Trois-Rivières, où il demeurait depuis plusieurs années. M. Arcand avait 93 ans.

Guy Arcand est celui qui a donné vie au marché d’alimentation IGA de la rue Saint-Louis. Il a toujours œuvré dans l’alimentation, jusqu’à sa retraite, en 1996, ayant d’abord pris la relève de son père, Joseph-Adolphe, dans les années 50, dans l’épicerie familiale qui était alors située sur la rue Commerciale.

Voici d’ailleurs le résumé d’un texte que L’Écho de La Tuque avait publié, à la suite d’une entrevue avec M. Arcand, dans le cahier des Bâtisseurs «Familles en affaires», à l’occasion du centenaire de La Tuque, en 2011. Un texte qui illustre bien la passion de cet homme d’affaires, non seulement pour son métier, mais également pour sa famille, ses amis et pour sa ville.

Lors d’un congrès de l’Association des détaillants en alimentation, en 1961, à Chicoutimi, M. Arcand avait été élu épicier de l’année au Québec, devant plus de 1000 congressistes. Deux ans auparavant, il avait reçu le même titre pour la région de la Mauricie.

En 1963, la bannière Shop and Save annonce son arrivée à La Tuque. «Dès que j’ai appris cette nouvelle, j’ai décidé d’aller travailler pour eux», se rappelait Guy Arcand. Il se doutait bien que, tôt ou tard, un géant de l’alimentation aurait raison d’une petite épicerie. M. Arcand débute donc comme gérant des fruits et légumes. Shop and Save venait de construire une épicerie sur un terrain vacant de la rue St-Louis, en plein centre-ville. En 1965, il obtient un poste de gérant pour la même bannière à Shawinigan. Puis par la suite, Guy Arcand gradue encore une fois et devient un gestionnaire de marché d’alimentation à Cap-de-la-Madeleine.

Le Rocket

S’il est une chance que Guy Arcand aura eue, c’est de se lier d’une profonde amitié avec le Rocket, Maurice Richard. «Je faisais partie de la fanfare dirigée par Aubert Mongrain. Il m’a demandé d’organiser un voyage de pêche pour M. Richard qui se rendait à La Tuque lors d’un concert que nous donnions. Nous sommes donc partis à la pêche avec M. Richard et son épouse au Lac à la truite pendant trois jours. Nous sommes par la suite devenus de bons amis», évoquait M. Arcand. Plusieurs disaient que M. Richard était un homme réservé, pas toujours facile d’approche, mais Guy Arcand est en mesure d’affirmer le contraire. Ç’a cliqué entre eux assez a rapidement, semble-t-il.

Cette amitié aura aussi été salutaire pour Guy Arcand, puisque Maurice Richard était un ami proche de Guy Hudon, dirigeant d’IGA. M. Richard aura donc prêté main-forte à Guy Arcand dans son projet d’acquisition du marché de Grand-Mère, ce qu’il fera en 1970.

Deux ans plus tard, il achète celui de Cap-de-la-Madeleine. Puis, en 1973, c’était au tour du marché IGA de La Tuque de devenir la propriété de Guy Arcand. Il terminera sa carrière en 1996, à la barre de cette dernière épicerie.

On était à l’époque très loin de la configuration actuelle des épiceries à La Tuque. Lorsqu’il était président de l’association des épiciers de La Tuque, M. Arcand avait fait remarquer qu’il y avait 27 épiceries dans notre ville, toutes des épiceries de quartier telles qu’on les connaissait auparavant.

Guy Hudon et Guy Arcand sont devenus assez proches par la suite, au point d’effectuer plusieurs voyages ensemble. Avec Guy Arcand, le Rocket, qui affectionnait beaucoup les territoires de plein air de la Haute-Mauricie, a même fondé un club de chasse et pêche appelé le club numéro 9, en l’honneur du numéro qu’il portait à l’époque où il jouait pour le Canadien de Montréal. Ce club était situé sur la route 155 sud, non loin de la propriété d’Ann Stillman Mc Cormick.

Guy Arcand avait conservé de très bons souvenirs des employés qui ont travaillé à son commerce. Quand il a pensé à vendre son épicerie, en bon père de famille pour ses gens, M. Arcand a refusé de la laisser aller au profit d’investisseurs provenant de l’extérieur de La Tuque. «Je me disais : ils vont congédier les gens en place et prendre les leurs. Il fallait éviter cela».

Le décès de son fils Gilles, en 1993, est venu changer les plans de Guy Arcand, mais ce dernier avait vite vu une excellente relève en la personne de Paul Naud, qu’il avait lui-même embauché en 1982.

Une vie bien remplie pour Guy Arcand et son épouse, Gabrielle Ducharme. Tellement remplie qu’ils ont déménagé 17 fois pour les fins du travail de M. Arcand entre les différentes villes de la Mauricie.

«J’ai beaucoup aimé mon travail comme j’ai beaucoup aimé La Tuque», avait résumé celui qui a aussi donné du temps dans ses moments libres pour le Centre de bénévolat de La Tuque.

M. Arcand avait aussi reçu le titre de membre à vie du club Rotary de La Tuque.

Nos condoléances à ses filles, Louise et Lucie, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants ainsi qu’à toute sa famille et ses nombreux amis.

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Paul Desbiens
Paul Desbiens
5 mois

Condoléances à la famille de monsieur Arcand. Entre 1962-65 je fus emballeur (temps partiel) chez IGA rue St. Louis. J’ai de bons souvenirs de cette époque.