Constant Awashish réélu pour un quatrième mandat

Constant Awashish demeure à la tête du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA). Le grand chef sortant a été réélu le 2 septembre avec près de 70 % des votes valides, lui permettant d’amorcer un quatrième mandat consécutif, une première dans l’histoire du CNA.

Selon les résultats du dépouillement, M. Awashish a obtenu 1151 voix, soit 69,6 % des votes valides, contre 503 voix, ou 30,4 %, pour Dave Petiquay. Au total, 1743 électeurs ont voté, dont 89 bulletins ont été rejetés. Le taux de participation s’établit ainsi à environ 28,3 % parmi les 6157 électeurs inscrits.

Le dépouillement avait débuté mercredi midi au Carrefour La Tuque, au lendemain du scrutin tenu dans les communautés atikamekw et dans différents bureaux de vote à l’extérieur de celles-ci.

Cette victoire permet à Constant Awashish de prolonger une gouvernance amorcée en 2014. Le président d’élection André Quitich confirmait pendant le dépouillement qu’un quatrième mandat consécutif constituait une première pour le Conseil de la Nation Atikamekw.

Rencontré quelques instants après l’annonce des résultats, le grand chef réélu a évoqué les années consacrées à faire avancer les dossiers des communautés et de la Nation.

« J’ai donné un peu de ma vie pour faire avancer des dossiers pour les communautés de la Nation atikamekw », a-t-il souligné.

Malgré l’ampleur de sa victoire, Constant Awashish dit vouloir entamer ce nouveau mandat avec modestie.

« On reprend humblement », a-t-il résumé. Il estime néanmoins que le résultat transmet un message, autant aux dirigeants atikamekw qu’aux gouvernements avec lesquels la Nation entretient des relations. Il dit notamment percevoir une « perte de patience » au sein de la population.

Le résultat déjà contesté

De son côté, Dave Petiquay n’a pas assisté au compte rendu final des résultats et affirme que le processus n’est pas clos à ses yeux. « Je n’ai pas été serré la main à Constant, ce n’est pas que je suis mauvais perdant, c’est juste que ce n’est pas fini », a-t-il déclaré. Certains membres de son entourage ont remis au président d’élection une lettre contestant des procédures électorales, en ciblant notamment l’incident survenu à Manawan et la question des bulletins de vote temporaires.

Le président d’élection, André Quitich, donne toutefois une autre lecture de l’incident. Questionné avant le dépouillement, il avait indiqué que des informations avaient circulé voulant que des bulletins aient manqué à Manawan, ce qu’il réfute. Selon lui, la personne responsable avait plutôt oublié un paquet de bulletins chez elle et la situation aurait été réglée après environ 15 à 20 minutes.

Kino Aski devra être expliqué

Le projet Kino Aski, qui a occupé une place importante dans les discussions entourant la campagne, demeure parmi les dossiers qui attendront le grand chef au début de son mandat.

Constant Awashish reconnaît lui-même que le sujet a pris beaucoup de place au cours des dernières semaines. Il estime toutefois que le résultat de l’élection constitue aussi un message de la part des électeurs.

« Les gens ont fait un choix, et le choix, je pense, devrait être considéré comme un message également », affirme-t-il.

Il ne considère toutefois pas le dossier comme acquis. Selon lui, Kino Aski doit encore être mieux compris, autant par les membres de la Nation que par ses propres élus.

« Il a besoin d’être expliqué à nous également, les élus. Nous aussi, il faut en prendre connaissance correctement. Il y a beaucoup de choses avant d’appeler ça un projet », précise-t-il.

Le grand chef affirme vouloir compléter l’analyse avant d’engager davantage la Nation. Il promet ensuite de présenter le portrait aux communautés et de consulter leurs membres.

« Quand on aura toute la meilleure image de ce que c’est, on en parlera, on va consulter les gens, qu’est-ce qu’ils en pensent, puis c’est ensemble qu’on va faire la décision », soutient-il.

Moins de trois électeurs sur dix

La faible participation constitue néanmoins l’un des faits marquants du scrutin. Seulement 1743 des 6157 électeurs inscrits ont exercé leur droit de vote, pour un taux d’environ 28,3 %.

Questionné sur cette participation, Constant Awashish estime qu’un effort particulier devra être fait auprès des jeunes Atikamekw.

« Je pense que c’est de convaincre les jeunes de participer », avance-t-il. Il rappelle que la population atikamekw est jeune et en croissance et croit qu’une partie de celle-ci ne participe pas encore suffisamment aux exercices électoraux.

Il souligne toutefois que, selon ses observations, le nombre de personnes qui votent demeure relativement stable d’une élection à l’autre. Une tendance qui semble aussi avoir guidé le président d’élection André Quitich : en se basant sur les scrutins précédents, celui-ci avait fait imprimer 3000 bulletins de vote, malgré les 6157 électeurs inscrits.

« Il faut se parler »

Au-delà des dossiers politiques, Constant Awashish place le dialogue parmi les priorités de son prochain mandat.

« Il faut se parler », insiste-t-il. Le grand chef souhaite retrouver une façon d’échanger malgré les divergences qui traversent la Nation.

« Nos ancêtres se sont toujours parlé malgré les différences, puis c’est d’essayer de retrouver cet esprit-là qu’ils nous ont légué », affirme-t-il.

Pour résumer l’esprit dans lequel il souhaite amorcer ces quatre prochaines années, Constant Awashish revient finalement au slogan qu’il avait choisi pour sa campagne « le respect mutuel ».