Chiens dangereux : une famille de La Tuque demande à la Ville de resserrer les règles
LA TUQUE. Une attaque de chien ayant blessé une dame de 73 ans et entraîné la mort de l’un de ses petits chiens pousse une famille de La Tuque à demander à la Ville de revoir sa réglementation concernant les chiens considérés comme dangereux ou à risque.
Lors de l’assemblée publique du conseil municipal du 15 septembre, Kathleen Bélanger, accompagnée de son frère Daniel, a raconté aux élus ce qu’a vécu leur mère, Diane, lors d’une promenade sur la piste cyclable.
Le 27 août dernier, la septuagénaire marchait avec deux petits chiens, tous deux tenus en laisse, lorsqu’un rottweiler se serait précipité sur eux à partir d’une propriété voisine.
La dame aurait été renversée au sol et mordue aux bras et aux mains, subissant plusieurs lacérations. Ses blessures ont nécessité un transport en ambulance vers l’hôpital.
L’un des deux petits chiens a également été gravement blessé durant l’attaque. Malgré les tentatives de sa propriétaire pour le protéger, l’animal a dû être euthanasié le soir même.
« Pour notre famille, les conséquences de cette attaque ne disparaîtront pas avec la guérison des blessures physiques », a expliqué Kathleen Bélanger.
Un précédent incident?
C’est toutefois l’existence d’un possible incident antérieur qui inquiète particulièrement la famille.
Selon les informations transmises aux Bélanger, le même chien aurait mordu une autre personne environ deux semaines avant l’attaque de Diane. Une plainte aurait été déposée et une obligation de muselière aurait été imposée au propriétaire.
Cette obligation n’aurait toutefois pas été respectée, selon les informations rapportées à la famille. Mme Bélanger a pris soin de préciser que ces éléments devront être confirmés par le dossier officiel de la Ville.
« Avons-nous suffisamment de moyens pour intervenir entre une première blessure et une deuxième attaque? C’est précisément le sens de notre démarche », a-t-elle demandé aux élus.
La famille souhaite ainsi que la Ville étudie une modification de sa réglementation afin de mieux encadrer les chiens ayant des antécédents ou présentant un risque particulier.
Un permis spécial proposé
Kathleen Bélanger propose notamment la création d’une catégorie réglementaire visant les chiens « à risque accru » ou potentiellement dangereux.
Cette catégorie pourrait s’appliquer à certains chiens en fonction de leurs antécédents et de leur comportement, notamment lorsqu’un animal a déjà mordu ou attaqué une personne ou un autre animal, fait l’objet d’une plainte fondée ou a été déclaré potentiellement dangereux à la suite d’une évaluation.
La citoyenne suggère également l’instauration d’un permis municipal spécial, renouvelable annuellement, qui serait conditionnel au respect de mesures de sécurité.
Parmi les mesures évoquées figurent une évaluation comportementale, un examen d’obéissance, le port obligatoire d’une laisse et d’une muselière ainsi qu’une sécurisation adéquate de la propriété.
Elle propose également que les chiens concernés soient micropucés et inscrits dans un registre municipal et que leur propriétaire fournisse annuellement une preuve d’assurance responsabilité civile.
Mais surtout, la famille souhaite que la Ville puisse vérifier concrètement le respect des conditions imposées après un premier incident.
« Il ne devrait jamais être nécessaire d’attendre une deuxième victime pour agir. La prévention doit intervenir après le premier avertissement », a plaidé Mme Bélanger.
« Il faut travailler sur la prévention »
Le maire de La Tuque, Pierre Pacarar, a offert ses sympathies à la famille et reconnu le caractère tragique de la situation.
« On est désolés de ce qui est arrivé. Je pense qu’il n’y a pas de mots qui peuvent traduire comment on a été touchés », a-t-il déclaré.
Le maire a reconnu que la Ville devait trouver un équilibre entre les droits des propriétaires d’animaux et la sécurité des citoyens.
« Je vous avoue qu’on est pris entre les droits des animaux et les droits des humains », a-t-il affirmé.
Pacarar a néanmoins assuré aux citoyens que les propositions présentées seraient examinées.
« Vous nous avez donné plusieurs pistes de réflexion et c’est certain qu’on va aller les regarder », a-t-il ajouté.
La Ville entend notamment examiner ce qui se fait dans d’autres municipalités afin de déterminer quelles mesures pourraient être adaptées à La Tuque, tout en respectant le cadre légal québécois.
Le maire a également déploré qu’un propriétaire ne respecte pas les mesures qui lui sont imposées.
« Il faut travailler sur la prévention », a-t-il soutenu.
Des pouvoirs municipaux encadrés
La Ville devra toutefois composer avec la législation provinciale. Selon le directeur général Jean-Sébastien Poirier, l’ancien règlement municipal qui interdisait notamment certains types de chiens, dont les pitbulls, n’est plus en vigueur à la suite de modifications législatives apportées par Québec.
La municipalité devra donc déterminer quelles mesures peuvent être adoptées localement dans les limites du cadre provincial.
Pour Kathleen Bélanger, l’objectif n’est pas de s’en prendre à tous les chiens ou à leurs propriétaires, mais de mieux intervenir lorsqu’un animal présente déjà des signes sérieux de danger.
« Cette demande ne vise pas à condamner tous les chiens, ni tous les propriétaires. Elle vise à intervenir lorsque des signes sérieux de danger sont déjà présents », a-t-elle rappelé.
La famille Bélanger a par ailleurs tenu à remercier la Ville, la fourrière et la Sûreté du Québec pour le soutien offert à la suite de l’attaque.
Il est à noter que le chien dangereux a été euthanasié à la suite de l’incident.
