Chaussures Gagnon passe aux mains d’Audrey Bérubé et d’Alain Berthiaume

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Par Michel Scarpino
Chaussures Gagnon passe aux mains d’Audrey Bérubé et d’Alain Berthiaume
Alain Berthiaume, Richard Parent et Audrey Bérubé. (Photo : Michel Scarpino)

ÉCONOMIE. Une importante page d’histoire a été tournée le 1er avril, alors que le plus ancien commerce encore existant de La Tuque, Chaussures Georges Gagnon, est cédé à une entreprise locale, BB Communications, propriété d’Alain Berthiaume et Audrey Bérubé.

Les nouveaux propriétaires comptent poursuivre les activités de l’entreprise, mais seulement pour les chaussures et les bottes de sécurité. On ne vendra plus de chaussures mode. Le commerce demeurera au même endroit, soit au 570, rue Saint-Antoine et accueillera BB Communications dans quelques mois.

Richard Parent, actuel propriétaire de Chaussures Georges Gagnon, va demeurer à l’emploi des deux nouveaux propriétaires, le temps de leur transmettre ses connaissances en ce qui regarde le monde des bottes de sécurité. On indiquait que M.  Parent sera épaulé par certains employés actuels de Chaussures Geo. Gagnon, qui conserveront leur emploi.

Il est fier de voir perpétuer le nom de son entreprise, d’autant plus qu’elle va célébrer son centenaire le 10 avril prochain. Son grand-père maternel, Georges Gagnon, avait ouvert une cordonnerie au même endroit, un domaine qu’il a peu à peu délaissé au profit de la vente de chaussures et de bottes.

Un atout de plus

La transaction représente une corde de plus pour l’entreprise BB Communications, qui transige avec de nombreuses entreprises, tant au niveau de la téléphonie cellulaire que des vêtements corporatifs.

«BB Communications ne change absolument pas au niveau de ce qu’on fait. On ajoute une ligne supplémentaire et on va tout déménager ici (chez Chaussures Gagnon)», indique un des deux nouveaux propriétaires, Alain Berthiaume.

Son associée Audrey Bérubé expliquait que les deux commerces seront opérés en même temps, à celui de la rue Saint-Antoine pour les bottes et les chaussures de sécurité et celui de la rue Saint-Joseph pour les services de télécommunications pour les entreprises et les particuliers ainsi que les services d’imprimerie et de vente de vêtements et d’objets promotionnels personnalisés par l’entremise de PromoGroup. Le temps d’effectuer les travaux dans les nouveaux locaux et les deux entités s’y regrouperont ensuite, idéalement vers le début de l’été.

BB Communications continuera d’utiliser le nom de Chaussures Georges Gagnon pour la vente des bottes et chaussures de sécurité. «C’est un honneur de pouvoir conserver le nom de Gagnon. Tout le travail qui a été fait à l’arrière de ce nom, nous, on se fait un point d’honneur de travailler très fort pour que ça reste», insistent les nouveaux propriétaires.

L’entreprise BB Communication existe depuis 5 ans et emploie trois personnes. Elle a des clients à La Tuque, mais aussi à Shawinigan et Trois-Rivières.

Le transfert des connaissances dans le domaine des bottes et souliers de sécurité de Richard Parent aux nouveaux acquéreurs est très apprécié par Alain Berthiaume et Audrey Bérubé. «On veut remercier M. Parent qui nous donne beaucoup. Il n’y en a pas beaucoup qui feraient ce qu’il est en train de faire (…) Il prend du temps, il nous explique, on est très agréablement surpris», ajoute M. Berthiaume.

Un domaine en constante évolution

Lui-même au service de l’entreprise depuis 36 ans, Richard Parent constate que le domaine de la chaussure a énormément évolué au fil des années.

«Quand j’ai commencé, au départ, on ne vendait à peu près pas de bottes de sécurité. Ça a pris plusieurs années, mais le secteur s’est développé et aujourd’hui c’est devenu une grande part de l’entreprise», fait remarquer M. Parent, qui a noué des liens avec des entreprises importantes de La Tuque pour des contrats de vente de bottes de sécurité.

Il faut dire que tout au long de sa carrière, Richard Parent a bénéficié de nombreuses formations pour être toujours à l’avant-garde des besoins de ses clients, en plus de ce qu’il a appris sur le terrain, avec sa mère et un oncle, qui se sont aussi impliqués dans l’entreprise plusieurs années.

Quitter son entreprise lui fait certes un pincement au cœur, même s’il sait qu’il pourra enfin goûter à une retraite bien méritée. «Le pincement au cœur, je l’ai surtout parce que l’expertise que j’ai acquise au niveau de la chaussure se perd. Je transfère mes connaissances au niveau des bottes de sécurité, ça, ce n’est pas problématique. Mais tout ce que j’ai appris au fil des ans pour ajuster les chaussures, il n’y a plus personne qui fait ça», dit-il.

Pourquoi l’ajustement des chaussures est-il si important ? «Les deux pieds ne sont souvent pas pareils. Il y a des gens qui ont jusqu’à un demi-point de différence, il y a des blessures aux pieds, il y en a qui ont des cors au pied, des oignons, il faut faire des ajustements pour ne pas que la chaussure blesse. Aujourd’hui, il y a des orthèses plantaires et ça fait partie de l’ajustement, d’avoir la bonne chaussure, tailler les semelles, pour que les gens soient heureux avec ça», remarque également le propriétaire. Il y a 30 ans, à peu près personne n’avait d’orthèses plantaires et aujourd’hui, une personne sur trois en en possède.

Un peu d’histoire

Selon le livre «La Tuque, un siècle d’histoire», c’est le 10 avril 1919 que Georges Gagnon ouvre son commerce au 570, rue Saint-Antoine.

Cordonnier, cellier et fabricant de chaussures, il se fit rapidement une clientèle. En 1936, il ajoute à la cordonnerie la vente de chaussures et de produits d’entretien. Il était reconnu dans tout le Canada comme seul artisan de bottes pour la drave. Ses fils furent également dans le secteur du commerce et sa fille Henriette le seconda durant plusieurs années. M. Gagnon a pris sa retraite en 1972 et est décédé en 1984. La cordonnerie a été abandonnée, mais le commerce de vente de chaussures et de produits orthopédiques et de convalescence est demeuré. Son petit-fils Richard Parent l’a opéré jusqu’au 1er avril dernier.

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Julie GagnonBertrand Bégin Recent comment authors
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Bertrand Bégin
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Il y a déjà plus de 60 ans, mes parents achetaient nos chaussures dans ce magasin et c’est M. Dubord qui y travaillait dans les années 50’s. De beaux souvenirs. Bonne chance aux nouveaux propriétaires.

Julie Gagnon
Invité
Julie Gagnon

Je me rappelle très bien de monsieur Dubord!