Centre visuel La Tuque: la relève qui voit loin
CHRONIQUE ÉCONOMIQUE. Lorsque Sharlee Déziel et Mathieu Proteau ont repris le Centre visuel La Tuque en 2022, ils n’ont pas seulement assuré la continuité d’une entreprise bien établie. Ils ont aussi misé sur une formule qui permet aujourd’hui à la clinique d’attirer une clientèle provenant bien au-delà des limites de la Haute-Mauricie.
Fondé en 1952 en premier lieu par Jean-Paul Leduc, Gaston Bolduc se joint à M. Leduc en 1965. En 1971, M. Bolduc devient l’unique propriétaire et fonde le Centre visuel La Tuque. En 1989 Nancy Déziel et Josée Daniel se joignent à M. Bolduc. Le trio a travaillé ensemble jusqu’en 1999 jusqu’à la retraite de M. Bolduc. Après plusieurs années, Mme Déziel et Mme Daniel ont tiré leur révérence et la relève s’est faite naturellement lorsque leurs enfants de cœur professionnels ont pris les commandes.
Optométriste depuis 2011, Sharlee Déziel a toujours envisagé un retour à La Tuque. Après des études au Cégep de Trois-Rivières puis un doctorat de premier cycle en optométrie à l’Université de Montréal, elle revient dans sa ville natale avec l’intention claire d’y pratiquer sa profession. La présence de sa cousine Nancy Déziel au sein de l’entreprise contribuait également à rendre le projet naturel.
“On savait déjà que Nancy, ma cousine, voulait éventuellement laisser l’entreprise. Tout était aligné parfaitement”, résume-t-elle.
Pour Mathieu Proteau, fils de Josée Daniel, l’entreprise fait partie de son quotidien depuis l’adolescence. Employé étudiant pendant plusieurs années, il est revenu à temps plein en 2021 après avoir complété sa formation d’opticien d’ordonnance et travaille pendant un an aux côtés de sa mère et de Nancy Déziel afin de se familiariser avec les rouages de la gestion.
“Depuis longtemps, on disait à la blague qu’on allait reprendre la clinique ensemble. Finalement, c’est devenu concret”, raconte-t-il.
Leur association repose sur une complémentarité qui fait aujourd’hui leur force. Sharlee Déziel se concentre sur les examens visuels, la santé oculaire et le suivi des patients, tandis que Mathieu Proteau assure la gestion, les opérations, les ventes et le développement de l’entreprise.
“Moi, j’avais besoin d’une Sharlee et Sharlee avait besoin de moi”, affirme-t-il.
Une hausse de la clientèle
Cette répartition des tâches a permis à la clinique d’augmenter sa capacité de traitement. Selon les deux copropriétaires, le nombre de patients vus chaque semaine aurait augmenté d’environ 20 % depuis la reprise.
Résultat: de plus en plus de gens de l’extérieur choisissent La Tuque pour leurs soins visuels.
“On reçoit maintenant des patients de Shawinigan, Saint-Tite, Chambord, Roberval et même d’Opitciwan”, souligne Sharlee Déziel.
La rapidité d’accès aux services et la réputation développée par l’entreprise alimentent ce phénomène, qui va à contre-courant de la tendance habituelle où les citoyens des régions se déplacent vers les grands centres.
Demeurer à la fine pointe de la technologie
Afin de maintenir cette croissance, les entrepreneurs multiplient les investissements. Au cours des dernières années, la clinique a modernisé ses installations, renouvelé son mobilier et ajouté plusieurs équipements spécialisés, dont une caméra de fond d’œil, un appareil OCT et de nouvelles technologies destinées à personnaliser davantage les lunettes.
” Parce qu’on est seuls ici, on doit souvent être capables de se débrouiller davantage qu’en grande ville “, explique Sharlee Déziel.
L’entreprise compte aujourd’hui dix employés, dont plusieurs cumulent plus de dix ans d’ancienneté.
Préparer la relève
Déjà tournés vers l’avenir, les copropriétaires participent également au programme de stages en optométrie de l’Université de Montréal afin de faire découvrir la pratique en région à la relève.
“On veut s’assurer que les services soient encore là dans plusieurs années”, mentionne Sharlee Déziel.
Une vision à long terme qui permet au Centre visuel La Tuque de poursuivre sa croissance tout en demeurant solidement ancré dans sa communauté.
Le Centre visuel soutient plusieurs initiatives locales, notamment dans le milieu sportif, et entend poursuivre son implication au sein de la collectivité.
“On veut que les gens nous encouragent et nous, on va continuer d’encourager notre ville”, conclut Mathieu Proteau.
