Anesthésiologiste, écrivain et luthier

Michel -Scarpino mscarpino@icimedias.ca

Anesthésiologiste, écrivain et luthier
Dr Ouellet montre les basses qu'il a lui-même fabriquées (Photo : courtoisie)

COMMUNAUTÉ. Jean-Marc Ouellet est un homme de passions. Il en cumule trois qu’il affectionne particulièrement. Le médecin anesthésiologiste au Centre de santé à La Tuque a développé tout jeune l’amour de la littérature, ce qui l’a amené, plus tard, à celle de l’écriture.

Dr Ouellet vient de publier « À l’ombre du silence », son troisième roman, après « L’homme des jours oubliés » lancé en 2011 et « Les griffes de l’invisible », en 2016.

« À l’ombre du silence » retrace l’histoire d’une femme, Sarah Blanchard, la seule survivante d’un écrasement d’avion, qui débarque chez un ermite au passé trouble. Les deux doivent apprendre à s’apprivoiser.

« Je me posais la question: qu’est-ce qui amène une personne à décider d’aller s’isoler, quelque part dans un bois, s’organiser et être heureux comme ça. Qu’est-ce qui arrive lorsque quelqu’un arrive dans cet univers ? », explique-t-il, en guise de toile de fond du roman.

« J’ai toujours lu beaucoup, je suis un carnivore de livres », note-t-il d’entrée de jeu. Par son métier, il a toujours aimé faire du dépannage dans des centres hospitaliers de milieux plus tranquilles. Cela lui a donné l’occasion de commencer à écrire.

Un soir, à Shawinigan, il écrit le tout premier chapitre d’une histoire, puis un autre le lendemain, sans nécessairement avoir une idée du roman qu’il était en train de pondre.

« Au début, je pensais le relier et le donner à mes enfants. Ma conjointe m’a dit: c’est pas mauvais. Je l’ai présenté à des éditeurs », résume l’écrivain.

Il compare l’écriture à une forme de méditation.  » C’est une façon de sortir du quotidien et d’entrer dans un autre monde qui est fascinant », remarque celui qui écrit surtout à l’automne et au printemps. Un quatrième livre est en préparation. On devrait en savoir plus long dans les prochains mois.

En plus du récent Salon du livre à Québec, il a pu présenter son ouvrage, il y a quelques semaines aux gens de La Tuque, à la Librairie ABC.

Le livre est disponible dans toutes les librairies et également sur le site web des éditions Crescendo qu’on le veuille en papier ou pour une liseuse électronique.

D’ailleurs, il n’écarte pas l’idée de se consacrer davantage à l’écriture, une fois qu’arrivera la retraite définitive du domaine de la santé.

La musique

À cela, Dr Ouellet  ajoute une troisième corde à son arc, la lutherie. Il est bassiste à l’harmonie de La Tuque. Devant le fait que l’achat de basses électriques peut s’avérer onéreux, il décide de les confectionner lui-même.

« J’ai toujours été reconnu pour être un « patenteux ». Je me suis dit qu’il devait être possible de fabriquer ça. Je me suis mis à lire là-dessus, j’ai acheté des kits avec tous les morceaux ». En deux ans, il en a fabriqué huit. Pour ce faire, il s’est procuré tous les appareils, les instruments de précision qu’utilisent les luthiers.

Il a fabriqué une première basse, puis une deuxième, peaufinant toujours son art : « Il n’y a que le manche que j’achète, parce que ça, ça demande énormément de précision ».

Dr Ouellet se procure les éléments  pour placer les pièces électroniques, les cordes et met le tout en place. Ça ressemble à son métier d’anesthésiste, où il doit beaucoup travailler avec ses mains.

Il en a même vendu une, récemment, constatant à la blague qu’autant de basses, ça commençait à prendre de la place. Il les utilise dans ses prestations à l’Harmonie de La Tuque

« Quand j’embarque dans quelque chose, j’aime que ce soit bien fait », avoue vous celui qui dit avoir appris la basse électrique « sur le tard ».

Choisir La Tuque

Après avoir pratiqué une trentaine d’années dans la région de Québec, celui qui est aussi ceinture brune en karaté choisit La Tuque pour goûter une semi-retraite. Il connaissait déjà le secteur, puisqu’il venait occasionnellement à l’hôpital de La Tuque faire du dépannage pendant toutes ces années.

Souhaitant ralentir le rythme, mais en continuant de pratiquer son métier, il lui était difficile de travailler à mi-temps à Québec ce que lui offrait le Centre de santé à La Tuque, où il oeuvre le matin.

Il avait acheté une résidence au lac Clair en 2014, qui est devenue depuis la résidence permanente qu’il habite avec sa conjointe.

Il se plaît beaucoup à La Tuque, appréciant la nature, la gentillesse, la simplicité des gens et leur accueil.

S’il existe un conseil qu’il souhaite donner aux gens, c’est celui d’ouvrir leur esprit, leur curiosité et de s’intéresser à tout. « Plus vous vous intéressez à beaucoup de choses, plus vous allez découvrir quelque chose qui vous accrochera vraiment. Vous pourrez vous épanouir là-dedans », conclut Dr Ouellet.

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