Un Latuquois au Congo

Un Latuquois au Congo

MISSION. Le journaliste d’origine Latuquoise, Dominique Trottier, est actuellement au Congo, pour un mandat d’un an, à la demande de Cuso International, un organisme de coopération qui compte des centaines de coopérants dans 25 pays du monde.

Il y poursuit un mandat de formation en multimédia et web pour le bénéfice des journalistes de la station Radio Okapi, de la capitale, Kinshasa, qui, comme tous les médias traditionnels mondiaux, doit s’ouvrir vers la toile.

«Le web, ce n’est pas seulement les écrits, c’est aussi l’image, le multimédia, la vidéo et dans le pays, ici, au Congo, c’est une culture qu’on n’a pas, celle de l’image, de la photo, de la vidéo», illustre M. Trottier. La notion de l’image semble méconnue de l’environnement médiatique du pays.

À Kinshasa, rapporte-t-il, il n’existe pas une seule salle de cinéma. Parfois, le Lycée Français va diffuser un film en public à partir d’un ordinateur portable sur écran géant.

@ST: Une culture de l’image à développer

@R: Dominique Trottier constate une méfiance de la population par rapport à l’image, celle qui est prise tout bonnement comme celle qui peut être utilisée par les médias. Quelqu’un qui prend des photos, par exemple, peut se faire invectiver, même par des gens qu’il ne souhaite pas photographier.

« Même avec les journalistes qui sont très professionnels, on part plus loin sur la culture de l’image, comment utiliser l’image en journalisme, les impacts de que ça peut avoir (…) puisque j’ai déjà fait de la radio et du journalisme d’enquête, radio Okapi m’a demandé d’élargir les formations que je peux donner», précise Dominique Trottier.

@ST: Éthique journalistique

@R: Existe-t-il un système d’enveloppes brunes dans les médias au Congo ? «La corruption, c’est généralisé. Les gens arrivent dans une conférence de presse et il y a des enveloppes brunes, ce n’est presque pas caché. Il n’y a que les gens de Radio Okapi qui ont la consigne de ne pas prendre ces enveloppes-là», a-t-il constaté.

«J’ai la chance d’être avec les meilleurs journalistes du Congo, parce que Radio Okapi, c’est financé par les Nations Unies (…) Ça a été créé en 2002 et l’objectif était d’aider à l’établissement de la démocratie dans le pays parce qu’à ce moment-là, le pays était complètement en ruine et la démocratie n’existait pas», fait explique le Latuquois d’origine.

«Ils ont acquis de bonnes bases au niveau de l’éthique journalistique, du son, la radio, de l’écrit aussi. Mais pendant longtemps ils ont traité ça comme si on pouvait illustrer n’importe quoi avec une image. Par exemple, si on a l’image d’un milicien qui a une arme dans ses mains, oui, on peut l’utiliser pour parler de la milice à laquelle il appartient, mais pas pour un braquage de banque dans un autre coin du pays», donne-t-il en guise d’exemple.

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