Bon jugement des policiers?

Publié le 19 février 2013

N.D.L.R.: Cette lettre ouverte acheminée à l'Écho a aussi été destinée au maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Monsieur le maire,

vendredi soir dernier, le 15 février, j'étais un spectateur à l'affrontement qui opposait les Loups de La Tuque à l'équipe de Valleyfield au Colisée municipal.

Toujours est-il qu'à ma sortie du Colisée j'observe qu'au moins 2 voitures, et ce n'était pas la mienne, arborent dans le pare-brise un constat d'infraction. Je suppose que c'était parce que celles-ci se trouvaient trop près du poteau d'arrêt obligatoire situé à la hauteur de l'aréna. Bien sûr, ces véhicules contrevenaient à la Loi, mais dans le contexte où les aires de stationnement sont plutôt limitées, je pense qu'on aurait pu, que dis-je, qu'on aurait dû faire montre de tolérance et de jugement. Ces voitures n'obstruaient pas la voie publique, et prétendre qu'elles représentaient un danger pour la sécurité publique m'apparaît particulièrement tiré par les cheveux par rapport à l'emplacement de cet arrêt.

Ceci me ramène à l'été dernier, alors que j'étais à faire le plein chez Irving, et où des gens provenant de l'extérieur dans le cadre d'une activité en ville prévenaient amis et connaissances d'une opération policière en cours concernant les VTT qu'ils conduisaient.

Dans les deux cas, M. le Maire, le fait de profiter d'événements qui mobilisent une tranche de la population pour gonfler les coffres de la Ville m'apparaît le plus sûr moyen de tuer le tourisme et d'hypothéquer la participation des citoyens à des activités que d'un autre côté l'on cherche à promouvoir. Pour un, et j'imagine que je ne suis pas le seul, c'est bien la dernière fois que j'ai été au Colisée de La Tuque.

En janvier 2012, dans une lettre que je vous faisais parvenir, et dont vous n'avez même pas eu la délicatesse d'accuser réception, je soulevais au sujet des contraventions la question des quotas dans certaines municipalités du Québec, et je m'interrogeais à savoir s'il s'agissait d'une situation qui affligeait aussi notre municipalité. Je sais maintenant.

C'est M. Michel Beaudoin, directeur de l'École nationale de police du Québec, et ancien sous-ministre associé à la sécurité publique, qui déclarait en 2010 ce qui suit : « …la mission du policier est, au sens strict du Code criminel, d'appliquer et de faire respecter les lois. Elle a aussi comme objectif de protéger la vie et les propriétés… cette même mission doit aussi et surtout s'accomplir en fonction de la réalité du terrain. Le policier est là avant tout pour servir le citoyen. » Et d'ajouter : » le savoir-être (jugement, humanisme, etc.) passe donc désormais devant le savoir et le savoir-faire ».

S'il y a une chose que je déplore, c'est que la Ville n'ait jamais institué un comité de citoyens, apte à recevoir les plaintes de ses administrés, et qui posséderait un pouvoir de recommandations auprès du premier citoyen de la Ville. Et si jamais cette avenue devait un jour être retenue aux fins de raviver une démocratie saine et transparente, je voudrais être le premier à pouvoir poser ma candidature

Croyez en mes bons sentiments.

André Fournier