L’histoire de Paul et Josée

Patrick Charlebois patrick.charlebois@rbc.com
Publié le 5 juin 2015
L’histoire de Paul et Josée

CHRONIQUE. J’ai rédigé le présent commentaire afin de vous donner mon avis sur différentes solutions et considérations en matière d’investissement susceptibles d’être pertinentes pour votre portefeuille de placements.

Je vais vous raconter l’histoire d’un couple, des futurs parents que j’ai rencontrés récemment dans le contexte de mon travail comme conseiller financier. Mon travail consiste à aider des clients à prendre de bonnes décisions en matière de finances personnelles.

Paul et Josée (noms fictifs), un couple dans la mi-trentaine, éprouvent beaucoup de difficulté à boucler leur budget suite à l’acquisition d’une grande maison de 3500 pieds carrés avec garage double et quatre chambres à coucher.

En effet, l’entièreté du salaire de Paul, environ 73,000 $ par année, sert à payer l’hypothèque de la maison, alors que le salaire de Josée (55 000 $ par année) sert à payer le reste des dépenses, soit l’épicerie, le chauffage, les taxes, etc.

Arrivée d’un enfant

Avec l’arrivée du futur bébé, Josée, qui travaille à commissions, concentre ses efforts à augmenter ses revenus de 10 000 $ à 15 000 $ par année, question de payer pour les fournitures additionnelles pour bébé, comme une bassinette par exemple.

Comme planification de budget, vous conviendrez que nous avons déjà vu mieux.

Est-ce que le couple vit de l'insécurité dans un tel contexte ? Pas vraiment. Paul a mentionné dans notre entrevue que l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille peut en effet alimenter son lot de stress, il qualifie leur situation financière de « gérable ».

Banque du Canada

La situation du couple Paul-Josée reflète bien la situation dénoncée par la Banque du Canada qui indiquait récemment que plus de la moitié des canadiens étaient lourdement endettés.

D’ailleurs, la mince marge de manœuvre financière a été aussi soulignée par la Banque centrale, alors que beaucoup de citoyens endettés connaitront des jours très sombres lorsqu’il arrivera un imprévu majeur comme une hausse de taux d’intérêts, une perte d’emploi ou une maladie.

La précarité des finances personnelles de notre couple ne semble pas déranger outre mesure nos principaux intéressés, qui ont déjà vécu des pertes d’emploi dans le passé, et même la maladie.

Ils sont tout à fait à l’aise avec le fait d'être propriétaires d’une grande maison avec un grand terrassement, mais très peu meublée au goût du jour. Les priorités du couple sont questionnables du point de vue financier, mais semblent tout à fait assumées et lucides de leur point de vue, curieux.

Ce commentaire reflète uniquement mes opinions et peut ne pas refléter celles de Banque Nationale Groupe financier. En exprimant ces opinions, je m’efforce d’appliquer au mieux mon jugement et mon expérience professionnelle du point de vue d’une personne appelée à suivre un vaste éventail de placements. Par conséquent, le présent rapport représente mon opinion éclairée et non une analyse de recherche produite par le Service de recherche de la Financière Banque Nationale.

Une bonne dette ?

Beaucoup de gens à qui je parle d’endettement me parlent de « bonne dette », comme si emprunter de l’argent pour l’achat de certains biens était un comportement justifié par une certaine logique financière.

Dites-vous que dans un contexte de hausse de taux d’intérêts ou de perte d’emploi, il n’y a pas de « bonne dette ». Le coût de l’argent emprunté augmente et votre marge de manœuvre financière diminue. Point.

Pour votre endettement ou toute forme d’emprunt, faites vos devoirs et ne vous en remettez pas seulement à votre institution financière qui vous suggère, par exemple, d’emprunter des sommes colossales pour l’achat d’une maison.

Parce que s’il vous arrive un pépin dans votre vie personnelle, vous allez vous retrouver bien seul devant vos créanciers.