Une voie de contournement dans le secteur La Croche

Par Francine Beaupre
Une voie de contournement dans le secteur La Croche

Les résidents du rang Ouest du secteur La Croche ainsi que les utilisateurs de la ZEC La Croche risquent de voir leur quiétude affectée par le transport du bois. Les dirigeants de Produits forestiers Résolu voudraient emprunter le rang Ouest afin d’éviter les 10 premiers kilomètres de la route 10.

À cause de la configuration des lieux, de la proximité de la rivière Croche et de ses méandres, cette portion de route comporte des risques de glissements de terrain à plusieurs endroits. « Nous avons des travaux de prévus au kilomètre 1 et au kilomètre 3,5 qui devraient se chiffrer entre 200 000 $ et 300 000 $. Par contre, on peut réparer cette année et avoir des problèmes un peu plus loin l’an prochain », mentionnait Marco Lethiecq, directeur général de Ville La Tuque.

C’est pourquoi Résolu voudrait faire une voie de contournement qui leur permettrait de quitter la route 10 au kilomètre 18 pour emprunter le rang Ouest et éviter le secteur qui cause problème. Par contre, ce ne serait pas sans heurts; le nouveau tracé traversant la ZEC La Croche.

Afin de prendre le pouls de la population, la conseillère Line Pilote a voulu asseoir à une même table le conseil de quartier, des gens de Résolu, de la ZEC La Croche et les résidents du rang Ouest. « Nous avions deux personnes de Résolu qui ont expliqué le trajet. Les citoyens comprennent l’importance économique des opérations forestières, mais là où ils se questionnent, c’est pourquoi ne pas réparer convenablement la route 10 plutôt que de briser le rang Ouest et surtout, pourquoi la compagnie ne participerait pas aux coûts de réfection », expliquait Mme Pilote.

« J’ai des chiffres du ministère des Transports du Québec (MTQ) qui mentionnent que le passage d’un seul camion allège équivaut au passage de 31 000 voitures. La détérioration sera la même sur le rang Ouest», ajoutait-elle.

«Jusqu’en 2013, les compagnies forestières peuvent profiter d’un crédit d’impôt de 70% des coûts pour de nouveaux chemins. Malheureusement, cela ne s’applique pas à des réparations de chemin », disait-elle, tout en ajoutant comprendre que la forestière veuille aller de l’avant rapidement dans ce dossier.

Pour Marco Lethiecq, une compagnie de transport ne défraie pas pour l’entretien de chemin public. « Peu importe où ils passent, s’ils sont sur un chemin public, ils n’ont pas à payer. Ce que le conseil veut faire, c’est mettre de la pression pour que ces réparations n’aient pas d’impact financier sur le contribuable», précisait-il.

Quant aux administrateurs de la ZEC, ils n’apprécient pas l’achalandage que causerait la situation en période de chasse. « Le président de la ZEC a demandé à ce que ni travaux, ni transport ne soient effectués durant la période de chasse. J’ai une rencontre de prévue avec eux. Il semblerait que la compagnie ait répondu pas la négative dans un premier temps, mais aurait, par la suite, fait preuve d’ouverture », soulignait Mme Pilote.

Réseau routier local

La route 10 est un chemin de colonisation. Depuis 1993, le MTQ a transféré aux municipalités la responsabilité de ce type de chemin tout en octroyant un montant de 832$ du kilomètre pour soutenir les municipalités. Inchangé depuis 1993, ce montant est nettement insuffisant en 2012. C’est pourquoi le conseiller Roch Lepage demande au MTQ de revoir ce montant à la hausse.

« Ce qu’il y a de particulier avec la route 10 c’est que nous en sommes responsables jusqu’au kilomètre 5 et que le réseau forestier débute au kilomètre 10. Entre les deux, c’est une sorte de No man’s land et personne ne veut payer », ajoutait-il.

Une chose est certaine, le dossier est à suivre puisque le ministère des Ressources naturelles et de la Faune n’a pas encore donné son autorisation à ce nouveau tracé.

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