Une marina de 15 places sur la rivière St-Maurice

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt

Le développement de la rivière St-Maurice est un dossier de longue haleine, et les élus latuquois ont franchi une autre étape avec l’annonce du projet de la marina.

«La marina fait partie du plan de balisage de la rivière St-Maurice, et on devait attendre la confirmation du projet avant d’aller de l’avant pour la marina», explique le maire Normand Beaudoin.

L’Agglomération de La Tuque remet une subvention provenant du Fonds Hydro-Québec à la Ville de 1,2 M$ pour la construction de la marina. Ce qui a permis à la Ville de procéder à un règlement d’emprunt de 1,2 M$. Comme les sommes proviennent du Fonds Hydro-Québec, il n’y aura pas de hausse de taxes pour les contribuables en lien avec ce projet.

Selon le directeur général Marco Lethiecq, la marina sera prête en 2013, avec 15 places disponibles pour les bateaux. «Concernant le balisage de la rivière, c’est un coût total de 481 000$, dans lequel la Ville de La Tuque va mettre 100 000$. Il y a eu une entente de cinq ans pour assurer toutes les opérations sur la rivière St-Maurice, pour cela, c’est un coût de 115 000$ pour la municipalité pour un coût global de 250 000$. Dans le règlement de 1,2 M$, notre part de 100 000$ pour le balisage est comprise dans le montant. La marina sera au pied du Club de ski de fond La Tuque Rouge, là où il a une zone avec moins de courant pour permettre aux gens en bateau de s’amarrer. Le bâtiment du Club de ski de fond servira d’accueil pour la première année afin que les gens puissent se changer et se doucher.»

Est-ce qu’il y aura seulement des quais à la marina la première année? «On va commencer par les quais, et nous allons voir comment ça fonctionne, répond le maire Beaudoin. On va s’ajuster ensuite selon les besoins. On ne commencera pas à s’installer en espérant l’achalandage. Ça devrait progresser d’année en année. Il n’y aura pas de station d’essence au départ, mais il pourrait y avoir de l’essence disponible selon la demande.»

Selon le maire, le marché immobilier se développera et le projet de navigabilité est en lien avec la revitalisation du centre-ville. «Par exemple, ceux qui demeurent à Rivière-aux-Rats n’osent pas prendre de bateau parce qu’ils ne savent pas où aller. Mais lorsque la rivière sera balisée, la personne va s’installer un quai, s’acheter un bateau pour profiter de la rivière. Les maires de Grandes-Piles et de St-Roch sont morts de rire avec le développement de la rivière, ça va désengorger leur secteur. On veut développer notre centre-ville pour que ces gens viennent nous voir aussi. Dans 10 ans d’ici, on va avoir grossi notre population grâce au développement de la rivière.»

Une étude menée par Genivar soulignait un potentiel de 2000 à 3000 bateaux par année. «Ces bateaux ne resteront pas à quai», précise M. Lethiecq.

Le niveau d’eau

Est-ce qu’il y a eu des discussions avec Hydro-Québec en regard d’un bas niveau d’eau de la rivière St-Maurice comme on le connaît présentement? «Quand je parle au Bon Dieu, j’ai plus de chance avec lui qu’avec Hydro-Québec, ironise le maire Beaudoin. Ceux qui travaillent sur le dossier ont eu des informations et sur les 11 dernières années, il y a eu sept saisons où il n’y avait aucun problème pour la navigabilité. Les seuls moments où il pourrait y avoir des problèmes, c’est ces temps-ci avec le niveau très bas. Mais ça peut durer d’une semaine à un mois, ce n’est pas pendant toute l’année. Lorsque le niveau d’eau sera bas, il y aura des avertissements en conséquence.»

Selon le maire, l’érosion des berges ne sera pas un problème, puisqu’il sera difficile de faire de la vitesse. «Un marchand d’hélices pourra s’installer à un endroit et faire de l’argent en masse si des bateaux font de la vitesse, ajoute M. Beaudoin. Ça sera balisé, mais il y a beaucoup d’endroits où le chenail a dû être rétréci. Le balisage de la rivière ne reçoit pas le sceau d’Océans Canada, et c’est la corporation qui gère le projet qui aura les responsabilités

Pour Hydro-Québec, il ne sera pas question de laisser filer de l’eau pour le plaisir des amateurs de bateaux. «Hydro-Québec gère les apports d’eau de la rivière St-Maurice en fonction de ce que Dame Nature lui donne. C’est pourquoi nos centrales sur la rivière St-Maurice sont au fil de l’eau alors que d’autres centrales, comme celles de la Baie-James par exemple, offrent une capacité de rétention via un réservoir. Cette capacité de rétention n’est pas présente sur la rivière St-Maurice. La mission de base d’Hydro-Québec étant d’assurer la sécurité énergétique du Québec, nous nous devons de veiller à produire, transporter et distribuer l’énergie à nos clients. Tel qu’il avait été convenu, en 2011, avec les représentants du milieu promoteurs du projet de navigation sur la rivière, Hydro-Québec est présente et participe au comité directeur de la rivière St-Maurice de même qu’au comité de travail qui en découle. Hydro-Québec maintient sa volonté de poursuivre sa collaboration au sein de ces comités», affirme Lucie Roy, conseillère des relations avec le milieu en Mauricie Centre-du-Québec.

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