Une crise politique secoue le Conseil de la Nation Atikamekw

Par Francine Beaupre

La Grand Chef du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) Éva Ottawa doit se rendre à l’évidence: il y a péril en la demeure. C’est une saga entourant les négociations territoriales globales qui perdurent trop selon certains.

« Malgré leurs efforts acharnés afin de pouvoir conclure une entente et un Traité avec les deux paliers de gouvernement, la Grand Chef Éva Ottawa et l’équipe affectée à la négociation du Conseil de la Nation Atikamekw se butent inlassablement à la volonté contraire de certains dirigeants des communautés de Wemotaci et Opitciwan », peut-on lire dans un communiqué émanant du CNA.

« Depuis le mois de juin 2011, les conseils de Wemotaci et d’Opitciwan ont informé le gouvernement fédéral qu’ils suspendaient le mandat de négocier qui lui avait été confié, sans même en aviser le CNA », soulignait André Mercier, agent d’information.

Il semble que de nombreuses lettres soient demeurées sans réponses, que de multiples absences au conseil d’administration lors des assemblées générales spéciales, dont la dernière qui a été ajournée, laisseraient croire que les dirigeants de Wemotaci et d’Opitciwan voudraient saborder le CNA. « Si les Chefs des communautés de Wemotaci et d’Opitciwan persistent dans leurs intentions, le Conseil de la Nation Atikamekw devra dissoudre l’équipe affectée à la négociation et la Nation Atikamekw se retrouvera à la case départ, sans savoir quand la prochaine opportunité d’en arriver à un traité lui sera présentée, en supposant que cela puisse se produire évidemment », mentionnait M. Mercier. « La fermeture imminente du secteur de la négociation pourrait entraîner la perte de plus de vingt emplois au siège social à La Tuque », estime-t-il.

« La fin de l’existence du secteur de la négociation annonce aussi la fin de la structure politique, de l’Entente politique de 2002 et de l’institution du Grand Chef, tout en causant des dommages collatéraux aux autres services actuellement dispensés par le CNA aux trois communautés de Manawan, Opitciwan et Wemotaci », mentionnait l’agent de communication. « Il faut rappeler que la Grand Chef a été élue par la population des trois communautés et par conséquent, on ne doit pas remettre en doute les décisions prises antérieurement », précisait Paul-Émile Ottawa, Chef de Manawan et co-signataire du communiqué émis par le CNA. En l’absence de la Grand Chef qui est en convalescence, M. Ottawa a été nommé porte-parole du CNA pour ce dossier.

Soulignons en terminant que depuis le blocus routier de juin 2012, il y a négociations avec le gouvernement du Québec. Alors, il semblerait que le CNA soit tenu à l’écart de ces négociations bilatérales. « Ce faisant, les Chefs de Wemotaci et d’Opitciwan semblent vouloir s’approprier le pouvoir absolu sur la Nation Atikamekw », peut-on lire dans le communiqué du CNA.

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