Un exemple de courage

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Par Patrick Vaillancourt
Un exemple de courage

SANTÉ. La Semaine nationale du don d’organes et de tissus se tiendra du 20 au 27 avril prochain. Pour l’occasion, TC Media Mauricie s’est entretenu avec Jacques Tessier, un homme de 65 ans résidant à Trois-Rivières qui a été aux prises avec la maladie pendant sept ans, et qui a dû subir deux greffes du foie. Le 22 avril, M. Tessier sera à l’hôpital de Shawinigan afin d’inciter les gens à signer leur carte de don d’organes.

Originaire de Ste-Thècle dans Mékinac, Jacques Tessier a aussi résidé à Casey en Haute-Mauricie étant enfant, et demeure maintenant au secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières.

C’est en mai 2006 que la vie de M. Tessier a complètement chamboulé. Les premiers symptômes de la maladie ont été les nombreux vomissements lors d’une soirée. « J’ai fait une hémorragie gastrique. J’avais des varices dans l’estomac, qui était causé par un mauvais fonctionnement du foie. Vingt-six années de travail intense, ça laisse des traces. Je préparais des documents le soir chez moi en prenant un verre de vin qui devint rapidement une bouteille et parfois même j’empruntais sur la bouteille du lendemain. Le pire était à venir: en 2010, il devenait évident que mon foie se détériorait rapidement et je devais avoir une ponction d’ascite. On pouvait me retirer jusqu’à 13 litres de liquide dans l’estomac. En 2011, j’ai cessé toute consommation d’alcool. Le médecin est ensuite venu à la conclusion que ma seule chance de survie consistait en une greffe du foie », explique M. Tessier.

Les problèmes s’enchaînent pour l’homme qui a maintenant 65 ans. « Le foie ne pouvait plus éliminer l’ammoniac, qui se rendait au cerveau. J’étais confus fréquemment. Je devais aller à l’hôpital une ou deux fois par semaine. »

Lueur d’espoir pour M. Tessier alors qu’il reçoit un appel le 13 octobre 2012 pour une greffe du foie, on le prépare à l’hôpital, mais finalement, le foie n’est pas bon. Un deuxième appel le 3 juillet 2013, mais encore, le foie n’est pas parfait. « Je n’étais pas découragé. J’ai gardé espoir. En six ans, j’ai eu beaucoup d’appuis et je n’ai jamais voulu décevoir mes proches. Ma sœur qui réside au Lac-Saint-Jean me disait: »Nous au Lac, nous avons la petite maison blanche, mais dans la famille Tessier, nous avons Jacques! » »

Finalement, le 12 juillet 2013, M. Tessier reçoit une première greffe d’un donneur vivant. Après quelques jours, il devenait évident que le foie ne fonctionnait pas bien.

M. Tessier devait recevoir un nouveau foie de toute urgence. « On m’a mis sur une liste prioritaire le 2 août. Mes chances d’avoir un foie à court terme étaient faibles étant donné que mon groupe sanguin, B positif, est rare. Deux heures plus tard, on m’apprenait qu’il y avait un nouveau foie. Le 3 août, je suis de retour en salle d’opération, et j’ai ensuite retrouvé ma chambre aux soins intensifs. Sans le savoir, ça allait devenir ma chambre jusqu’au 16 octobre. »

Les premiers jours, le corps du greffé se porte tout de même bien, mais les complications arrivent vite. Un virus, des difficultés respiratoires, une pneumonie, et des crises en raison des fortes drogues qu’on lui administre. En trois occasions, le personnel croyait que M. Tessier ne passerait pas au travers de l’épreuve. « Je me suis accroché. Le Diable ne voulait pas de moi et le Bon Dieu non plus! La volonté compte pour beaucoup. Quand ça va mal, il y a toujours une chose qui travaille pour toi, et c’est le temps! J’ai dû réapprendre à marcher, à parler et à manger. »

C’est le 17 janvier 2014 que M. Tessier a pu enfin remettre les pieds chez lui. Présentement en période de convalescence, l’homme de 65 ans doit écouter son corps. « Je dois prendre un jour à la fois. Dans mes rêves les plus fous, j’aimerais me trouver un emploi, peut-être un projet d’écriture. Aussi, je m’implique pour Transplant Québec. Il faut savoir que les greffés peuvent avoir une vie de qualité. Il faut prendre conscience de l’importance de signer sa carte de don d’organes. Présentement, peut-être que vous n’êtes pas atteint par cette cause, mais un jour, vous ne savez pas si votre père, votre mère, un frère ou une sœur aura besoin d’une greffe. En plus, c’est une action qui ne coûte rien. »

Statistiques

En 2013, plus de 500 personnes ont bénéficié d’une transplantation, grâce à la générosité de 165 donneurs décédés. Il s’agit d’une hausse de 37%, comparativement à l’année précédente. Néanmoins, plus de 1 000 personnes demeurent en attente d’une transplantation. Rappelons que 75% de la liste d’attente en don d’organes au Québec concerne une demande pour un rein et que les délais d’attente moyens sont de trois ans.

Attente moyenne pour un don d’organe

-Poumon: 143 jours

-Pancréas: 185 jours

-Foie: 193 jours

-Cœur: 335 jours

-Rein: 1173 jours

Saviez-vous que…

– au Québec, le don d’organes après décès n’est possible qu’en deux circonstances: après le décès neurologique et, dans de plus rares situations, dans des cas de mort cardiovasculaire?

– Une personne peut, de son vivant, en aider une autre par le don d’un de ses reins ou d’une partie de son foie?

– La moyenne d’âge du donneur d’organes au Québec est de 50 ans, mais il n’y a pas d’âge pour donner : le plus jeune donneur au Québec avait 48 heures et le plus vieux, 88 ans?

– Comparativement au reste du Canada, le Québec fait piètre figure en matière de don vivant? En effet, moins de 20% des greffes au Québec proviennent de donneurs vivants contre 39% pour l’ensemble du Canada.

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