Un champignon mythique qui vaut son pesant d’or

Par Francine Beaupre

Des cueilleurs de champignons ont trouvé une espèce mythique rare qu’on croyait même inexistante dans notre région : le Matsutake. Fernand Miron mycologue et coordonnateur de la Coopérative de solidarité des produits de la forêt du Haut St-Maurice, mieux connue sous l’appellation «L’autre forêt», nous a fait connaître ce champignon qui vaut son pesant d’or.

Le Matsutake est extrêmement prisé par les Japonais qui sont prêts à payer très cher pour un spécimen en bouton. «Les gens achètent un jeune Matsutake, vont le payer le gros prix, vont en faire un emballage-cadeau et le donner à une personne au cours d’une cérémonie traditionnelle religieuse. Par la suite le jeune champignon sera consommé», nous expliquait M. Miron. «Pour l’usage courant, on prendra des champignons beaucoup plus gros, qui ont une valeur moins élevée : des champignons complètement développés », précisait-il.

La cueillette au Japon ayant beaucoup diminué en raison de la décroissance des forêts, les Japonais se tournent vers d’autres marchés, notamment celui de l’Ouest Canadien, qui offre ce produit, mais d’une qualité moindre que celui que l’on retrouve ici. « Dans l’est du Canada et dans les pays scandinaves, on aurait exactement la variété qui pousse au Japon, tandis que dans l’Ouest, ils ont une variété un peu différente qui est moins appréciée», soulignait-il.

Donc, lorsque la cueillette sera organisée, les Japonais seront prêts à payer un prix plus élevé pour le Matsutake de l’est du Canada. Ce qui est de bon augure pour la coopérative. «Dans l’Ouest Canadien, ça représente un marché de 60 millions de dollars. Ici, ça va prendre un peu de temps avant que la cueillette s’organise, mais dans quelques années, en regroupant les cueillettes de la Haute-Mauricie, du Lac St-Jean, de l’Abitibi et de la Baie de James, on pourra exporter ce champignon-là au Japon», mentionnait-il.

On le retrouve dans les peuplements matures de pins gris qui ont généralement plus de 40 ans. Il commence à fructifier à la fin août et on va le récolter jusqu’aux neiges. «C’est un champignon costaud, à chair ferme qui se conserve très bien. C’est donc excellent pour le transport et la mise en marché» se réjouissait M. Miron. Un bouton a été trouvé dans un peuplement de pins gris aux abords de la rivière Vermillon. D’autres ont été récoltés près d’ici, à mi-chemin entre Wemotaci et La Tuque. On peut le retrouver dans tous les peuplements de pins gris, mais aussi de pins rouges et de pins blancs. Comme c’est un champignon qui est associé aux racines des arbres, il va le nourrir au printemps et lorsque l’arbre aura terminé sa croissance annuelle, il retournera dans ses racines, toute sa sève, ce qui nourrira le champignon qui poussera à son tour.

Naturellement, avant de déguster un champignon, il faut être certain de bien l’avoir identifié. Afin d’aider les mycologues amateurs, la coopérative fait de l’identification le dimanche après-midi et le lundi. Vous pouvez vous rendre au local situé 280 rue St-Michel dans l’ancien dépanneur Capano où on se fera un plaisir de vous aider à identifier vos cueillettes.

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