Travailler dans la rue pour installer la confiance

Par Francine Beaupre
Travailler dans la rue pour installer la confiance
Mireille et Sylvie forment une équipe bien soudée et la travailleuse de rue est encadrée et soutenue par un collègue possédant 12 ans d'expérience.

L’organisme Les Travailleurs de rue, après avoir fait du Travail de milieu avec le Café Le Vagabond fermé à l’automne 2011, s’est concentré sur le Travail de rue. « Nous nous sommes recentrés sur notre mission et nous avons analysé les actions à privilégier », précisait la directrice générale Sylvie Pelletier.

« Le Travail de rue est très prenant et nous avons eu un roulement important au sein de notre équipe de travail », mentionnait-elle. L’équipe de travail et le conseil d’administration se sont donc mis à la tâche pour repenser les méthodes d’interventions, le soutien et l’encadrement à apporter à l’équipe de travail. « Mireille Riboulet, notre intervenante, est encadrée par un travailleur possédant 12 ans d’expérience dans le travail de rue. Il est important pour nous de lui offrir cette expertise », ajoutait Mme Pelletier.

« D’être en contact avec d’autres gens qui font le même boulot me permet de ventiler. Je collabore aussi avec des intervenants d’autres organismes sur certains sujets », racontait Mireille qui est maintenant en poste depuis un peu plus de huit mois. Établir des liens avec des gens isolés ou dans le besoin est la base de son travail. « La confiance demande du temps », précisait-elle.

Des itinérants à La Tuque?

Y a-t-il vraiment des itinérants à La Tuque? « L’itinérance, c’est vaste comme définition. Quelqu’un qui ne peut garder un loyer, qui loge à droite et à gauche ne couche peut-être pas dans la rue, mais il est tout de même un itinérant en puissance. L’errance a les mêmes racines que l’itinérance en quelque sorte », estimait Mme Pelletier. Il y a aussi l’itinérance de passage que l’on retrouve plus en saison estivale. « Des gens quittent les grands centres, arrivent ici et ne savent pas trop où aller coucher. On doit les soutenir là-dedans », soulignait Mme Riboulet.

« Nous avons beaucoup de gens ici qui ont du mal à conserver un loyer. Les problèmes de consommation sont souvent à la base de tout. Nous voulons les aider sans les juger afin de déclencher une prise en charge », ajoutait Mireille Riboulet qui, au fil des jours, rencontre des personnes de tous âges qui sont pratiquement à la rue. L’organisme remet ainsi des trousses contenant entre autres des seringues stériles pour minimiser les dangers d’infection. « Ce n’est pas de gaité de cœur qu’on le fait, mais on estime qu’ainsi, on les protège. En plus, nous sommes en contact avec eux durant ces moments », déclarait la directrice.

Dans un même ordre d’idée, on remet des condoms à des personnes qui font de la prostitution. « La prostitution a plusieurs visages. Souvent on se prostitue pour pouvoir consommer et on doit consommer pour pouvoir se prostituer », précisait la travailleuse de rue.

Lac à l’épaule

Certaines modifications ont été apportées aux règlements généraux de l’organisme, notamment au niveau de la clientèle qui se limitait à « Jeunes ». « On retrouve de plus en plus de gens dans la quarantaine avec les mêmes problématiques », précisait Mme Pelletier. Les administrateurs ont adopté également un code de déontologie et de conflits d’intérêts. En mars prochain, le conseil d’administration se réunira en Lac à l’épaule, histoire de faire le point sur le plan d’organisation que leur présentera la directrice générale.

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