Tentative de vol à l’école Champagnat

Par Francine Beaupre

C’est vendredi matin le 19 avril, jour de congé pour les étudiants, que l’Escouade scientifique de Champagnat a été appelée en renfort pour résoudre ce qui semble être une tentative de vol au secrétariat de l’école. Rassurez-vous, le voleur a été démasqué et formellement accusé grâce à des preuves scientifiques indéniables recueillies sur place.

On se serait cru dans une émission de CSI ce vendredi matin à l’école Champagnat. Sur la scène de crime, les scientifiques en herbe faisaient la cueillette d’indices pouvant mener à l’identification du suspect qui a pu s’introduire dans le secrétariat, malgré un accès plus que restreint à l’école. Les soupçons se tournent donc naturellement vers un des nombreux employés de l’école. Si vous ne l’avez pas encore deviné, toute cette mise en scène était prétexte à connaître les diverses applications scientifiques utilisées dans les enquêtes criminelles.

C’est à l’initiative d’Annie Angers enseignante en sciences à l’école Champagnat, en collaboration avec Mélanie Gélinas et Marc-André Durand, que cette journée à l’image des plus grandes enquêtes de CSI a été organisée. Activité parascolaire à laquelle prenait part une quinzaine d’étudiants membres de l’Escouade scientifique, cette initiative a été d’emblée acceptée et soutenue par la direction de l’école. «Le but de cela est de permettre aux étudiants de faire des sciences autrement que ce que l’on fait à l’école. C’est aussi leur permettre d’appliquer ce qu’ils voient dans les émissions de CSI. On leur permet d’aller voir ce qu’il y a en arrière de toute enquête. Est-ce vrai qu’on peut avoir un profil ADN en dedans de 15 minutes? Comment prendre des empreintes digitales?», expliquait Mme Angers. «Nous avons des limites en tant que profs de science. C’est pourquoi on a demandé la collaboration du collège», ajoutait-elle.

Alexandre Melançon, enseignant au département de biotechnologie et technologie du Collège de Shawinigan a répondu avec enthousiasme à l’invitation. «Je suis ici pour amener une expertise scientifique. Au Collège de Shawinigan, nous avons beaucoup de matériel pour faire des analyses biotechnologiques et chimiques», expliquait l’enseignant. Tout au long de la journée, les étudiants ont analysé ce qui semble être des taches de sang afin de savoir de quel groupe sanguin est le suspect. Ils ont fait un profilage génétique à partir de cheveux trouvés sur la scène de crime. On a découvert une bouteille contenant un liquide suspect et les étudiants ont été en mesure d’établir la nature de ce liquide. «Les étudiants ont étudié l’anthropomorphisme avec Helen Lemire enseignante en arts plastiques afin d’établir un portrait-robot du suspect», précisait M. Mélançon.

Ce projet a été porté par plusieurs personnes de l’équipe-école. Outre les enseignants, les techniciens en travaux pratiques Maud Harvey et Pedro Lozano ont apporté leur concours au projet. Même la secrétaire a accepté de jouer le jeu et de témoigner de ce qu’elle avait vu du crime, étant aux premières loges lors de la tentative de vol. «On a eu une excellente collaboration de tout le monde. La direction a tout de suite embarqué dans le projet. Les étudiants ont accepté de se rendre à l’école alors que c’est une journée pédagogique. Ça démontre bien leur intérêt pour les sciences», soulignait fièrement Annie Angers. De quoi démystifier l’image du scientifique un peu fou, au toupet soufflé par une explosion et isolé des autres dans son laboratoire. «Ça leur montre que les sciences peuvent avoir des applications avec les choses de la vie courante», concluait M. Melançon.

Plusieurs activités pour l’Escouade scientifique

«Le Collège de Shawinigan vient de temps en temps pour faire des présentations aux étudiants. On en a déjà eu en chimie. Mais on a des partenariats avec d’autres personnes. Alexandra Plourde, pharmacienne, est venue faire une conférence aux étudiants sur l’heure du dîner. Elle a parlé des médicaments en vente libre et des dangers reliés à cela. On a eu Mario Corneau géologue, qui est venu faire une conférence sur la phosphorescence et la fluorescence des minéraux. On a une activité de cuisine moléculaire qui s’en vient bientôt avec le chef Jean-Luc de Champlain. Donc les étudiants sont actifs à plusieurs niveaux. Dans le fond, on fait la science autrement pour leur permettre d’explorer. Il y a plein d’emplois de disponibles en science. On veut leur donner le goût de continuer là-dedans», concluait Annie Angers.

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