TDAH: une méthode alternative à la médication existe

Par superadmin
TDAH: une méthode alternative à la médication existe
TDAH: une méthode alternative à la médication existe

SANTÉ. Les experts le confirment, de plus en plus d’enfants composent aujourd’hui avec un trouble du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH). Au-delà de la médication, une solution de traitement se présente en vue de contrer la tangente: le neurofeedback.

De quoi s’agit-il? Le neurofeedback est une technique de mesure de l’activité électrique du cerveau qui permet au patient d’apprendre à modifier des aspects de son propre fonctionnement physiologique, en vue d’améliorer ses capacités.

Concrètement, le traitement se décline en séances d’entraînement. En moyenne, de 25 à 45 séances d’une heure chacune sont nécessaires. Lors d’une séance, le patient est installé devant un ordinateur, un professionnel certifié (appelé entraîneur) à ses côtés.

Des électrodes placées sur son cuir chevelu et ses lobes d’oreilles permettent d’enregistrer l’activité électrique de son cerveau; soit la corrélation entre les ondes lentes et les ondes rapide de son cerveau, dont le déséquilibre joue sur les troubles d’attention.

Prendre conscience

Les données recueillies sont ensuite transmises à un ordinateur et convertie sous forme d’animation. Selon les goûts et intérêts du patient, une vidéo et de la musique lui sont présentées; ça peut être un match de soccer, par exemple.

Lorsque le patient manque d’attention pendant le visionnement, la vidéo et la musique s’arrêtent. Le patient est donc ainsi appelé à prendre conscience de la problématique et à contrôler par lui-même ses ondes cérébrales; encadré par le professionnel.

À la fin du traitement, le patient est en mesure de reproduire dans la vie de tous les jours l’état dans lequel il se trouve lorsque ses ondes sont parfaitement balancées. Et un patient conserve ses acquis puisque le cerveau «enregistre» le concept qu’il fonctionne mieux de cette façon.

Au-delà de la médication

Le neurofeedback se présente comme une méthode alternative à la médication. D’ailleurs, une étude de l’American Academy of Pediatrics a statué que le neurofeedback est aussi efficace que les psychostimulants tels que le Ritalin.

«L’objectif d’un traitement en neurofeedback est d’arrêter la médication, appuie Johanne Lévesque, neuropsychologue et propriétaire de Neurodezign, nouvellement établi à Terrebonne. Il y en a pour qui la médication est extraordinaire, ils n’ont pas d’effets secondaires, ça fonctionne bien. Pour ceux qui nous consultent, c’est souvent le contraire. Ils ont des effets secondaires et malgré la médication, la concentration n’est pas optimale.»

Depuis les années 60

Instauré à la fin des années 60 aux États-Unis, le neurofeedback gagne en popularité dans les années 70. Il s’établit alors comme technique de la médecine comportementale. Au Québec, des cliniques privées offrent le traitement (110$ la séance chez Neurodezign), souvent remboursé par les programmes d’assurances, sous la rubrique «psychologie».

Les professionnels qui mettent de l’avant cette technique affirment qu’elle peut considérablement améliorer, voir abolir, les troubles neurologiques ou psychologiques tels que le TDHA ou les problèmes d’anxiété. Elle peut aussi faire la différence chez les personnes autistes, celles atteintes du syndrome de Gilles de La Tourette ou celles qui ont subi une commotion cérébrale. Elle serait autant efficace pour les enfants (à partir de six ans) que les adultes. De grands sportifs en font même l’usage dans le but de contrôler le stress à l’aube d’une compétition.

Si elle couvre un large éventail de problématique, la technique ne peut être efficace pour tous. Avant de s’engager dans un tel traitement, il est nécessaire de procéder à une évaluation neuropsychologique afin de déterminer si le neurofeedback peut nous convenir.

 

Témoignage: Marc-Antoine Perreault, ancien patient

Marc-Antoine Perreault est le fils du Dr Lévesque. Il travaille maintenant à titre de directeur administratif chez Neurodezign. À l’âge de neuf ans, il a bénéficié du traitement en neurofeedback. Il a même fait l’objet de la thèse universitaire de sa mère. Pour lui, le traitement a été fort bénéfique.

«Au début d’une séance, j’imaginais un coureur, sur la ligne de départ, avec le coup de fusil qui allait être donné. Ce focus-là m’amenait à me concentrer devant l’écran. Je n’avais jamais connu ce niveau de concentration auparavant, qui est probablement la "norme". C’est un état de calme, sans anxiété ou de pensées autour. Par la suite, je pouvais répéter le même processus en faisant mes devoirs. Il y a aussi le côté social, avec les amis. Moi, je n’avais pas d’amis, c’était difficile. J’essoufflais les autres jeunes. Puis, un moment donné, j’ai remarqué que les gens venaient à moi, je commençais à parler aux autres. La confiance que ça m’a donnée… Et lorsqu’on se fait inviter à une fête d’amis. Pour un enfant qui ne se fait jamais inviter, c’est incroyable.»

 

Neurofeedback – en bref:

«Le neurofeedback est une technique qui permet de prendre le contrôle de ses ondes cérébrales et ainsi de corriger ce qui ne fonctionne pas; déficit d’attention, trouble d’anxiété, hyperactivité… Tout au long d’une séance d’entraînement, le patient participe activement à rétablir le déséquilibre entre les ondes lentes et les ondes rapides de son cerveau, déséquilibre qui est souvent associé au déficit d’attention, par exemple.» (Source: Neurodezign)

 

À savoir:

• Le neurofeedback n’a rien à voir avec des sciences comme l’hypnose.

• Les électrodes utilisées ne font qu’enregistrer l’activité du cerveau, elles n’envoient pas d’ondes ou de chocs.

• Le traitement est sans douleur.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires