Sécurité publique d’Opitciwan: l’histoire se répète

Par Francine Beaupre

Il semblerait que l’histoire se répète pour la communauté d’Opitciwan et ses policiers qui, à quelques jours avant la date butoir de l’entente tripartite entre la Sécurité publique d’Opitciwan et les négociateurs du Canada et du Québec, ne savent toujours pas s’ils seront en fonction le 1er avril. La même situation s’était produite l’an dernier à pareille date. « On est loin d’une relation de Nation à Nation », décriait le Chef Christian Awashish.

« Je dis que la gestion d’une structure policière ne doit pas se faire de cette façon. C’est inacceptable», rageait le Chef Christian Awashish. « En raison de l’incompétence de ses fonctionnaires et de l’indifférence du ministre de la Sécurité publique Stéphane Bergeron, le gouvernement du Québec met en péril les services policiers dans la communauté atikamekw d’Opitciwan », estimait le Chef Awashish.

On sait qu’à Opitciwan, les 17 policiers autochtones ont une importante charge de travail et font des interventions fréquentes. « Le ministère de la Justice a ajouté un procureur au Palais de justice de Roberval parce que le nombre de dossiers judiciaires est trop important », précisait-il.

L’an dernier, le Québec s’était engagé à faire une analyse précise des besoins de la communauté en matière de sécurité publique. « Où est cette étude? », se demandait le Chef Awashish. «Nous, on a fait nos devoirs, pas eux. Aujourd’hui on se retrouve à devoir accepter que l’avenir de la police autochtone soit laissé dans les mains d’irresponsables et de personnes très peu conscientes de l’impact sur les communautés », ajoutait-il.

Le Chef Awashish exige donc une rencontre avec le ministre de la Sécurité publique du Québec le plus rapidement. Quant au directeur de la Sécurité publique d’Opitciwan Bryan Chachai, il devra mettre à pied les 17 policiers si la situation ne change pas. « Faute d’une entente, la communauté atikamekw se retrouverait sans aucun service policier. Conséquemment, les policiers de la Sûreté du Québec seraient appelés à répondre aux demandes d’intervention et à assurer la patrouille dans la communauté, aux frais des contribuables québécois, alors que le service actuel de la communauté est très bien adapté aux besoins du milieu », signalait M. Chachai. « De plus, on ne connait pas la réception civile qu’ils auront. », laissait tomber laconiquement le Chef Awashish.

L’histoire se répète

l’an dernier, le Chef Awashish avait tiré la sonnette d’alarme, estimant que les négociations n’avançaient pas. « Cette année, les rencontres sont annulées et le fédéral et le provincial se lancent la balle. C’est de l’incompétence, de l’ignorance et du laxisme », s’insurgeait le Chef.

L’an dernier, le conseil de bande d’Opitciwan avait conclu une entente in extremis avec les deux paliers gouvernementaux. Entente qui avait été acceptée malgré le fait qu’elle ne répondait pas entièrement aux besoins réels de la communauté.

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