Réactions de Daniel Prince à la sortie du Rapport Racicot

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Par Patrick Vaillancourt
Réactions de Daniel Prince à la sortie du Rapport Racicot
(Photo L'ÉCHO archives)

Suite à la divulgation du Rapport Racicot en exclusivité par notre site Web www.lechodelatuque.com, L’Écho a contacté l’ex-directeur général de la municipalité, Daniel Prince, afin d’obtenir ses commentaires. M. Prince s’est dit déçu de la façon dont s’était terminé son emploi pour la Ville, lui qui avait consacré plus de 25 ans à La Tuque.

«Premièrement, ce sont des événements qui se sont passés il y a trois ans, et j’ai fait un "X" sur ces événements. Je suis bien heureux aujourd’hui où je suis installé, dans la région de Mercier. Ma carrière et celle de ma famille vont très bien», souligne d’entrée de jeu M. Prince. «Deuxièmement, ce que je trouve de valeur c’est au niveau du Rapport Racicot. Il y a des gens qui ont appelé Me Racicot pour lui dire des choses, et il y a vraiment des choses méchantes qui ont été dites à mon endroit. C’était des choses que je n’étais pas d’accord et je me demande encore pourquoi elles ont été dites. Je me suis d’ailleurs expliqué devant le conseil municipal de l’époque. Il y avait beaucoup de : "J’ai entendu dire que…".» «Puis troisièmement, tous les gestes où Me Racicot signale que j’étais en conflit d’intérêts, ce sont tous des choses qui ont été entérinées par le conseil des maires (MRC) à l’époque. Par exemple, pour l’invitation au camp, j’étais en compagnie de Gaston Fortin, préfet, et d’Elzéar Lepage, préfet suppléant. Dans le contrat de travail que j’avais, j’étais tenu de dévoiler les possibilités de conflit d’intérêts. Je les déclarais, mais à 90% du temps, j’étais en compagnie de M. Fortin, et de M. Lepage», affirme l’ex-directeur général de La Tuque. «Je pense plutôt que part cette enquête-là, on voulait me prendre en défaut pour des raisons que j’ignore. Je pense qu’on aurait pu faire les choses autrement, plus simplement. On a essayé de me prendre en défaut, de me faire souffrir, de faire souffrir ma famille par une enquête et en me suspendant avec solde. Et on arrive au bout de ça avec un rapport plutôt décousu, basé sur des gens qui ont eu ouï-dire des choses, et ça se termine avec des primes de départ et avec ce que ça coûté. C’est ça que je trouve de valeur. Sur le coup, je ne savais pas trop pourquoi ça m’arrivait. Peut-être qu’il y a des choses qui sont arrivées à La Tuque et que j’aurais peut-être faites autrement avec du recul.»

Questionné sur la construction de la piste de vélo extrême, M. Prince soutient l’absence de conflit d’intérêts dans le dossier. «Je n’ai pas vraiment de commentaires par rapport à la piste de vélo extrême, si ce n’est que mon garçon m’a présenté un projet dans le cadre d’une discussion familiale, que j’ai arrêté et j’ai référé le dossier aux autorités concernées. On me dit que j’ai été en conflit d’intérêts, mais j’ai référé le dossier. Ce n’était pas à moi de m’occuper de ça. Mais peut-être que j’aurais dû être plus vigilant. La réaction est grosse devant tout ça. Je m’explique encore mal le pourquoi de tout ça. Ç’a été tellement gros. Puis quand j’ai lu le rapport, je suis parti à rire. Il a aussi eu des compléments d’enquête, j’ai envoyé des mises en demeure par rapport à ça parce que des gens ont infirmé des choses et il a fallu qu’ils se rétractent. Ensuite, ils disaient que ce que Me Racicot a écrit, ce n’était pas ce qu’ils avaient dit», évoque M. Prince en riant.

M. Prince a donné l’exemple de son camion pour illustrer le ridicule du rapport selon lui. «Mon camion avait un an d’usure et il était encore garanti de pare-choc à pare-choc. Le matin, mon moteur cogne et il ne va pas bien. J’ai alors demandé à quelqu’un des travaux publics d’appeler Jean-Claude Germain pour faire remorquer mon camion au garage. Les gars l’ont pogné et l’ont envoyé au garage de la ville sans m’en parler. Qu’est-ce que tu veux que je fasse? J’ai demandé un service parce que j’étais pris avec le budget municipal un de la nouvelle ville. J’ai demandé à ce que mon camion soit remorqué chez Dumais et j’apprends qu’il est au garage de la ville.» «Moi je pensais que dans ce genre d’enquête, on faisait les choses sérieusement pour en arriver à des conclusions sérieuses, mais ça n’a pas été fait de cette façon. Une facture de 319 251 $ pour tout le dossier? Je trouve ça bien dommage. M Gaudreault a été élu en 2003, donc nous avons pu travailler ensemble auparavant. Et je me souviens d’un moment où je lui ai dit lors d’une rencontre que j’étais en place et que si ça n’allait pas, je pouvais quitter. Puisqu’il faut dire que M. Gaudreault parlait aux médias pour mettre en doute mon travail. S’il avait voulu qu’on ouvre les modalités de départ, j’aurais été très ouvert. Après avoir consacré 25 années de ma vie à La Tuque, je ne comprends toujours pas pourquoi ça s’est terminé ainsi. Ce n’était pas juste tout ce qui m’arrivait par rapport à des ouï-dire. On aurait pu régler mon départ bien avant, et que ça soit moins dommageable pour ma santé, ma famille, et pour ceux qui paieront la note. J’ai perdu des amis, il y en a qui ont dit des choses graves, très graves. Je ne comprends pas toujours aujourd’hui pourquoi on a fait ça à Daniel Prince.»

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