Profession : agent de relation avec les communautés autochtones

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Par Michel Scarpino
Profession : agent de relation avec les communautés autochtones

Depuis 40 ans, la Sûreté du Québec a établi un programme de liaison avec les communautés autochtone. Un agent du poste de La Tuque de la Sûreté du Québec, Guillaume Maltais, remplit cette fonction depuis 2013 à partir de la Haute-Mauricie. Son mandat : servir de référence pour les communautés Atikamekws par rapport à tout ce qui touche la Sûreté du Québec.

Le policier originaire d’Alma au Lac St-Jean  agit surtout à la demande du corps de police de la communauté ou du conseil de bande.

Les agents de relations avec les communautés autochtones travaillent avec chacune des nations. À La Tuque, Guillaume Maltais dessert les communautés Atikamekws de la Mauricie : Wemotaci, Opitciwan et Manawan. Puisqu’il agit également auprès des Abénaquis et des Hurons-Wendats, il est aussi appelé à travailler jusque dans la région de Québec.

Son temps, ils ne le passe pas dans les bureaux. Il tente de se rendre au moins une fois semaine dans une communauté qu’il dessert. Depuis avril, il est aussi affecté à la communauté d’Opitciwan.

« Auparavant, les intervenants comme moi travaillaient surtout à partir des quartiers généraux. Mais à Trois-Rivières, on est loin des communautés. Au niveau de la desserte de service, ce n’est pas l’idéal. Quand ils ont créé cinq nouveaux postes ils ont décidé de les relier à des MRC», identifie-t-il. La Sûreté du Québec étant très sensible à la cause autochtone, elle a créé un bureau dédié aux affaires autochtones. Voilà pourquoi il relève de ce bureau.

Puisqu’aucune formation n’existait à titre formel pour son nouveau travail, il est parti de zéro et a travaillé à se bâtir une crédibilité chez les autochtones, qui s’est confirmée à travers les années. Son but n’est surtout pas de s’imposer, mais de travailler de concert avec les gens en place, que ce soit les corps de police où les dirigeants de la communauté.

«Mon rôle n’est pas de soutirer de l’information pour mettre en place des stratégies policières», précise M. Maltais.

Le policier le reconnaît, il existe des différences entre les communautés Atikamekws, Abénaquis et Hurons-Wendats. Aussi, plus la communauté est isolée, plus son lien avec la culture est fort, puisque le lien avec la nature est important.

Les liens de la SQ avec les autochtones est très bon. «On est chanceux de l’avoir à La Tuque, ça nous aide beaucoup dans notre travail», reconnaît aussi Mario Labonté, directeur du poste de La Tuque de La SQ. M. Maltais

Il confirme une des problématiques identifiées par les chefs autochtones sur les communautés : le manque de logements. On le sait, des problèmes sociaux découlent de cette problématique.

La nation Atikamekws démontre de beaux exemples de prise en main, via notamment la mise en place d’un système d’intervention Atikamekw, via des ententes multi-sectorielles. «C’est la seule nation qui a mis un tel programme en place, ce sont des pionniers dans ce domaine-là, en matière de services sociaux», relate le policier. Dans son mandat également, il va servir de lien pour d’éventuelles demandes d’assistance des communautés à la Sûreté du Québec pour orienter des enquêtes, par exemple.

De la prévention

«Je fais aussi le lien avec les programmes de prévention qui sont disponibles la Sûreté du Québec, par exemple, celui de sensibiliser les jeunes à l’importance de ne pas parler à des inconnus sur Internet. Nous avons déjà présenté ce programme à Wemotaci» indique Guillaume Maltais.

D’ailleurs, en novembre, en marge de la semaine de prévention de la toxicomanie, la SQ va présenter un kiosque à l’école secondaire Nikanik de Wemotaci en compagnie de membres de la Gendarmerie royale du Canada, à la demande du centre de santé de cette communauté.

La Sûreté du Québec c’est aussi rendu à un récent salon de l’emploi, à Wemotaci, afin de faire connaître le métier de policier. Non seulement on a présenté le métier de policier à la Sûreté du Québec mais on a aussi fait connaitre celui qui est pratiqué dans les communautés.

Quand il est arrivé à la SQ, en 2007, alors qu’il patrouillait à Shawinigan, ce n’était pas dans son plan de carrière.

Une partie de balle

Un des  exemples éloquents des liens privilégiés qu’entretient la SQ avec les communautés est la journée Tohetan Mamo, ou des membres de la communauté Atikamekw de La Tuque ont joué une partie de bal avec des agents de la SQ. Un élément qui était situé à l’initiative d’un membre du conseil de bande de Wemotaci, Alfred Biroté.

C’est lorsqu’ils ont vu la une capsule vidéo d’un policier du lac Cimon qui jouait au hockey avec des jeunes autochtones qu’on a eu l’idée d’adapter cette initiative à la Haute-Mauricie. L’événement, on le sait, avait pour objectif d’amasser des fonds en vue des jeux interbande qui seront disputés l’été prochain à Wemotaci. 1000 athlètes y sont attendus.

Guillaume Maltais souhaite que son mandat permette combattre la peur de l’inconnu et que les communautés puissent voir les agents de la Sûreté du Québec comme des gens qui comprennent leurs réalités.

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