Merci Ma Tante

Par sylvain_henault
Merci Ma Tante
Ma Tante

Les Latuquois âgés de 14 à 30 ans, qui ont fréquenté la Maison de Jeunes, connaissent tous Lucie Létourneau, alias Ma Tante. Portrait d’une femme attachante qui a consacré sa vie au communautaire.

Le 11 juillet 1988, commençait le périple de Mme Létourneau à la Maison de Jeunes (MDJ). Le travail auprès des jeunes la passionne dès le départ. « J’aimais les jeunes, je m’entendais bien avec eux. J’étais capable de me mettre à leur place, et je me suis sentie respectée par eux », mentionne Mme Létourneau. La MDJ, construite depuis seulement un an, faisait alors ses débuts dans l’univers latuquois. Pendant 20 ans, jusqu’en 2008, elle sera la confidente, la psychologue, la sexologue, la mère, et surtout la « Ma Tante » de centaines d’adolescents latuquois.

Le premier à l’appeler « Ma Tante » est David Bellavance au cours d’une activité de la MDJ, où elle s’était déguisée en petite vieille. Dès lors, c’en était fait. « À partir de là, tous les jeunes m’ont appelé Ma Tante. C’était affectueux, et toujours respectueux », explique Mme Létourneau. À ses débuts en 1988, la réalité des jeunes était bien différente d’aujourd’hui. « Au début, il n’y avait même pas d’internet. On n’a pas le choix, il faut s’adapter avec eux selon les périodes », raconte Mme Létourneau.

En plus de son engagement à la MDJ, elle ira même jusqu’à aller voir les jeunes dans la rue. « À deux reprises, j’ai eu la chance de faire du travail de rue pendant une certaine période. Ça me donnait la chance d’aller voir les jeunes qui ne fréquentaient pas la MDJ. Les ados, ce n’est pas juste du négatif. Il faut être capable de les écouter, de les comprendre. Qu’ils nous fassent confiance et surtout, ne pas trahir cette confiance. Avec le travail de rue, il ne faut pas les juger, ni avoir de préjugés », explique Mme Létourneau. Comme tous le savent, l’adolescence est une période de changements, et interagir avec les ados demande une ouverture d’esprit, et une authenticité. « J’adore travailler avec eux, l’adolescence est une période intense. Je suis à l’aise avec les ados, je les aime. Ils sont spontanés », explique Mme Létourneau.

Celle-ci fait d’ailleurs une constatation à propos des adolescents qui est très intéressante. « Quand tu parles aux adolescents, tu penses souvent que tu parles dans le vide. Mais ils écoutent, même si ça ne parait pas. J’en ai eu souvent la preuve au fil des ans ».

Créer des liens

Lorsqu’on questionne Mme Létourneau sur ce qu’elle a retenu de son passage à la MDJ, elle répond sans hésiter : « Créer des liens. On s’attache à eux, et eux à nous ». Être une oreille attentive, sans poser de jugement, favorise définitivement la création d’une relation de respect. D’ailleurs, les commentaires d’anciens jeunes qui ont fréquenté la MDJ confirment cette déclaration.

Mélanie Napartuk raconte « Ma Tante est inoubliable. Sa contribution à la vie de tous les jeunes qui l’ont côtoyé est inestimable. Tout a commencé avec une pièce de théâtre, la première à laquelle j’ai participé. Je n’oublierai jamais ces beaux moments qu’elle a rendus possibles. Pendant 20 ans, elle a accompagné des jeunes et, pour plusieurs, elle a assurément fait la différence ».

Le commentaire de Yannick Bertrand illustre bien l’ambiance qu’il peut parfois y avoir à la MDJ, « Ma Tante, c’est la patience incarnée ». Yann Cossette, président du conseil d’administration de la MDJ, connaît bien Mme Létourneau pour avoir aussi fréquenté la MDJ pendant son adolescence. Avec l’équipe en place, Alexandre Lehoux, coordonnateur, et Sylvain Hudon, intervenant, ils ont tenu à exprimer leurs commentaires. «Lucie est une personne totalement ouverte. Tu te sens accepté à 100 %, et jamais jugé avec elle. Elle est une personne entièrement sociable. Lors de ses nombreuses années passées à la MDJ, plusieurs anciens jeunes viendront vous dire comment Lucie a pu leur être d’une aide précieuse, d’une grande compréhension, et d’un soutien lors de passages plus difficiles. Son engagement et son dévouement ont fait d’elle une personne-ressource dans le milieu communautaire, là où elle peut aider les gens ».

Mme Létourneau termine en mentionnant « Je n’ai aucun mauvais souvenir ». À un tel témoignage, la seule chose qu’il est possible de rajouter c’est : merci Ma Tante!

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