Maison de Jeunes : un accouchement exaltant mais difficile

Par philippe_arseneault
Maison de Jeunes : un accouchement exaltant mais difficile

La Tuque, 1985. C’est l’Année internationale de la Jeunesse. Inspirés par l’évènement, cinq ou six jeunes adultes d’ici décident de fonder une Maison de Jeunes à La Tuque. Des centres du genre existent ailleurs au Québec, mais pas chez nous. Devant une assemblée de Filles d’Isabelle, Réjean Sauvageau exalte le projet. « Les jeunes de La Tuque ont besoin d’une Maison de Jeunes » plaide-t-il. « Ils veulent une Maison de Jeunes. On va construire une Maison de Jeunes. » Deux ans plus tard, à la fin de l’été 1987, la « MJ » ouvre ses portes, devant le chalet de ski, à deux pas du pavillon Champagnat.

« On avait du fun », se rappelle aujourd’hui Réjean Sauvageau. « On avait au début de la vingtaine. On était jeunes. On était beaux ! » La naissance de la Maison de Jeunes ne s’est pourtant pas faite sans difficulté.

Il faut d’abord trouver les 50 000 $ nécessaires à la construction de la maison. Comme il s’agit d’un OSBL sans historique de crédit, impossible d’emprunter l’argent. Le petit groupe se décarcasse pour ramasser des sous. Il enchaîne les lave-autos, organise des collectes de bouteilles vides et tient des comptoirs d’alcool lors des célébrations du 75e anniversaire de La Tuque. On accumule 30 000$. La Caisse populaire consent alors un prêt de 20 000$.

Il faut ensuite trouver un terrain. On pense d’abord au pavillon rouge et blanc au bord du lac Saint-Louis, mais le bâtiment est vétuste. Très vite, le petit groupe lorgne un stationnement du centre de ski, situé en face du chalet, sur la rue Desbiens. La Ville ne veut rien entendre. Au terme d’une rencontre houleuse avec le Conseil municipal, les jeunes gens, réunis dans un restaurant, tombent sur deux des conseillers municipaux avec qui ils viennent d’en découdre. « Ils nous ont expliqué qu’après notre départ, ils en avaient parlé entre eux et avaient finalement accepté de nous louer le terrain » raconte Réjean Sauvageau. Loyer : un dollar par année. La construction de la maison commence au printemps 87.

Les fondateurs de la MJ tiennent à cet emplacement. « La Maison de Jeunes, c’est un organisme de prévention » explique Réjean Sauvageau. « Donc, être proche de la polyvalente, ça faisait plein de sens. C’est un secteur éducationnel, c’est un secteur de loisirs. On pouvait crier sans déranger personne. »

D’autres péripéties attendent le groupe, notamment pendant la construction (« Ils ont fait le sous-sol à l’envers parce que sur notre plan, on n’avait pas pensé à mettre l’endroit où se situait la rue par rapport à la bâtisse »). Au fil des années, des travaux améliorent l’intérieur. La Maison, aujourd’hui, est exactement là où elle était il y a un quart de siècle.

Non seulement Réjean Sauvageau a participé à la fondation de la MJ, il y a aussi été bénévole pendant 20 ans. Un quart de siècle : c’est le temps qu’il fallait pour que s’opère dans la Maison un premier renouvellement générationnel. « Ça, c’est quelque chose », dit Réjean Sauvageau. « Quand on voit entrer les flots des jeunes qui ont fréquenté la Maison à ses débuts, là, on se dit qu’on a un bon bout de fait. »

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