Les passions comme thérapie

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Par Michel Scarpino
Les passions comme thérapie

CANCER. La danse ou le cancer. Lequel est le plus fort ? Demandez à Suzie Hébert. Avec toute l’assurance qu’on lui connaît, elle répondra incontestablement : la danse.

Il y a un an, pratiquement jour pour jour, elle recevait le diagnostic qu’elle redoutait : cancer du sein. « Depuis six ans, je passais une mammographie chaque année car ma grand-mère avait déjà eu un cancer du sein. On ne prend pas de chance avec cela. Chaque année, après les examens, on me faisait revenir pour une 2e mammographie et une échographie, mais finalement tout était toujours correct. Alors ça ne me stressait plus vraiment», relate cette employée de Charles Morissette inc.

Mais à l’été 2013, son médecin la rappelle et veut la voir absolument à la suite d’un examen qui ne la satisfait pas. Elle avait détecté une bosse suspecte mais comme ça semble bénin, il n’y avait pas lieu de s’affoler. C’est quand elle a dû se rendre à Trois-Rivières pour une autre biopsie que le stress s’est vraiment installé. « Par chance, ma mère habite là-bas, j’ai vraiment pu compter sur elle».

Il n’y a pas que sa mère qui l’a supportée. Sa famille et en particulier, son conjoint, Yvon Rodrigue, s’est énormément impliqué pour lui faciliter les choses. Par la suite, tout est allé vraiment très vite. En un mois, elle rencontrait un chirurgien et l’intervention chirurgicale était faite à la fin du mois de septembre.

Tout cela allait-il l’empêcher de mener à bien ses projets ? Elle a bien craint que oui. Mais quand on a des passions, on n’a pas idée jusqu’où elles peuvent nous mener. Suzie Hébert en est la preuve vivante. Elle enseigne la danse depuis quelques années et cette passion lui a prodigué l’énergie nécessaire pour traverser cette épreuve de la vie plus facilement. «Je me voyais en arrêt de travail. Je constatais qu’il y avait beaucoup d’inconnu et c’est ça qui fait peur. La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai su que je devais être opérée, c’est que ma session de danse allait être compromise et ça, je ne le voulais pas», a-t-elle expliqué.

Elle le répète : sans la danse, les choses ne se seraient sans doute pas aussi bien passées. «Les gens me disaient qu’il fallait que Suzie arrête la danse, qu’elle se repose, mais moi, je disais : au contraire, il faut qu’elle y aille, à son rythme. C’est ça qui l’a accrochée», pense son conjoint Yvon. Ses élèves l’ont abondamment supportée. Le soir où elle leur a annoncé sa maladie, ils lui ont offert un bijou Caroline Néron, conçu pour la cause du cancer du sein. C’est vraiment là qu’elle a visualisé tout le soutien dont elle pouvait disposer. À partir de là, essayez, juste une minute, de la dissuader d’abandonner ses cours de danse… «Ça nous a soudés encore plus, ma gang de danseurs et moi», a-t-elle fait remarquer.

À cela, ajoutez une autre passion, qu’elle partage avec son amoureux depuis plusieurs années, la moto. Elle avait donc tout ce qu’il faut pour garder son excellent moral.

Bonne nouvelle s’il en est une : elle n’aura pas à composer avec les impacts dévastateurs, mais nécessaires de la chimiothérapie. Et elle a eu peu d’effets secondaires de la radiothérapie. «Ça a été pris à temps, confie celle qui prône à qui veut l’entendre la nécessité de passer une mammographie régulièrement. Le chirurgien m’a dit que c’est la mammographie qui m’a sauvée».

Profiter de la vie. Voilà la belle leçon que Suzie Hébert en tire. Elle l’a mise en pratique, en janvier, quand elle est allée à Las Vegas avec Yvon et un peu plus tard dans l’hiver, dans le sud avec sa mère et sa sœur.

«Dès que Suzie m’a annoncé son cancer, je lui ai dit : on va se battre», a relaté son conjoint. Il n’a d’ailleurs jamais hésité pour en accomplir plus dans les tâches de la maison. «De toute façon, c’est toujours moi qui en fais le plus», lance-t-il, en déclenchant le rire de sa douce, qui se considère aujourd’hui, non pas en rémission, mais «guérie».

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