Le triathlon Lavaman en 2 h 50 pour Sylvain Morin

Par Francine Beaupre

Le latuquois d’origine Sylvain Morin a participé au triathlon Lavaman qui se déroulait à Hawaï à la fin du mois de mars. 1500 mètres de natation, 40 kilomètres de vélo et 10 kilomètres de course à pied plus tard, il a pu remettre la somme de 46 046 $ à la Société de leucémie lymphome du Canada, étant ainsi le second meilleur collecteur de fonds de l’événement.

M. Morin a fait le triathlon en 2 h 50 pour ainsi terminer au 295e rang sur 1500 inscriptions. «J’ai bien géré ma compétition. J’ai perdu un peu de temps dans mes transitions, mais ça, c’est l’expérience. Je voulais le faire en 3 h. Je suis donc très content», mentionnait Sylvain Morin.

Il y a sept ans, le Latuquois a été victime d’un accident de travail dans lequel il a perdu les orteils d’un pied. Très actif physiquement, M. Morin a arrêté les sports et est devenu sédentaire. «Je faisais beaucoup de karaté, j’enseignais même et après mon accident, j’ai arrêté de bouger. J’ai donc pris beaucoup de poids. J’ai voulu recommencer le karaté, mais je me suis découragé. Je n’étais plus au même niveau et ça m’a démotivé», expliquait-il.

C’est alors qu’il a rencontré son ancien professeur de karaté. Ce dernier faisait de la course à pied et a incité son ancien élève à faire de même. «Je me suis mis à courir et trois mois plus tard, j’avais perdu 50 livres», précisait-il. Puis les événements se sont succédé. Il s’est inscrit au demi-marathon de Montréal en 2011. Ayant bien aimé son expérience, et son anniversaire approchant, il a décidé de s’inscrire au Marathon de Madrid en 2012. «J’ai décidé que l’année de mes 42 ans, je courrais 42 kilomètres. Je l’ai fait le 22 avril à quelques jours de mes 42 ans. Pour l’occasion, il avait réussi à amasser 32 000 $ pour la Société de leucémie lymphome du Canada.

L’athlète a par la suite décidé de se lancer un défi personnel: faire un triathlon. «Je suis à l’aise avec la course à pied et le vélo. Pour la nage, je nageais, un peu comme tout le monde, mais pas plus. Je me suis entraîné en piscine en plus de faire de la course et du vélo.

Le triathlon Lavaman

Arrivé à Hawaï quelques jours avant l’événement. Sylvain Morin a tout de suite essayé la nage en mer. «Ça allait bien, la mer était calme. Mais je ne suis pas habitué à nager dans la mer, avec le corail, les tortues et les baleines. Je me suis retrouvé en plein corridor de migration des baleines. C’est impressionnant. Et nager avec les tortues, c’était vraiment beau», se remémorait-il. «Mais je n’étais pas dans mon élément naturel. La Plage Villeneuve et la mer, ce n’est pas pareil», ajoutait-il en rigolant.

La journée de la compétition, la mer était agitée. «On devait faire le tour de bouées, mais la mer était tellement agitée qu’on ne les voyait pas la plupart du temps. Le départ se fait à 300 personnes à la fois. Tout le monde s’empile les uns sur les autres. Un nageur m’a passé dessus cinq fois. Ça brassait tellement que des gens ont été malades dans la mer», soulignait-il.

L’épreuve vélo s’est très bien déroulée. «En partant, mon pneu s’est dégonflé. J’ai paniqué un peu, mais avant de le changer, j’ai décidé de le regonfler et il a tenu la route. Je roulais à 30 kilomètres/heure en moyenne. Il y avait beaucoup de côtes, mais l’asphalte est neuf, il y a moins de résistance. Ce ne sont pas les rues du Québec», laissait-il tomber moqueur.

La course à pied se tenait sur terrain accidenté. «Courir sur un terrain accidenté, c’est ma faiblesse à cause de mon pied mutilé. Il y avait de petites roches et il y en a qui sont entrées dans mon soulier. J’ai dû arrêter pour enlever ma chaussure, car les roches blessaient mes moignons, mais elles étaient entrées dans mon bas. Elles sont restées là le reste de la course».

Homme de cœur, Sylvain Morin avait pris l’habitude de mettre le visage d’une personne qui lutte contre le cancer sur son chandail. Ça lui servait en quelque sorte de motivation. «Avant mon départ, j’ai parlé à mon ex-belle-sœur qui m’a appris qu’elle avait un cancer du sein. «Je suis allé la voir et je lui ai fait un câlin. Je lui ai dit: "J’apporte ton cancer avec moi à Hawaï". Durant la course, lorsque je me demandais pourquoi j’étais là, j’ai pensé à elle très fort et ça m’a permis de continuer», mentionnait-il. «Quand tu collectes de l’argent aux gens, on dirait que tu leur dois ça, tu dois te forcer pour eux, ils ont eu confiance en toi», ajoutait-il, remerciant du même souffle tous les gens qui lui ont donné.

L’an prochain, l’athlète veut refaire Lavaman et tenter d’amasser encore plus d’argent pour la cause.

En attendant, Sylvain Morin a décidé de faire le triathlon du Mont Tremblant le 8 juin. « Ensuite, à titre d’entraînement, il fera le demi-Ironman de Mont Tremblant qui est encore plus exigeant que le Lavaman.

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