Le conseil municipal désarmé

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt

Le propriétaire du terrain de l’ancienne base plein-air de Lac-Édouard, Jean-Guy Pronovost, a reçu des avis afin de faire sécuriser les lieux du sanatorium qui est situé sur le terrain, par le Service d’incendie de Ville de La Tuque, en raison de la dangerosité des lieux. Les travaux ont été entamés, mais non complétés. Encore pis, M. Pronovost affirme qu’il a donné l’autorisation à un photographe de réaliser des séances photographiques à l’intérieur de l’ancien hôpital en sévère décrépitude.

C’est en voyant des photos prises à l’intérieur et à l’extérieur du sanatorium de Lac-Édouard que L’Écho en est venu à se pencher sur le dossier. Les photos ont été prises entre le 21 septembre et le 13 décembre 2008. C’est donc dire que les lieux n’ont pas été sécurisés, malgré l’obligation du Service d’incendie de Ville de La Tuque, qui a collaboré avec la municipalité de Lac-Édouard, qui doit gérer ce dossier. Il est possible de voir ces photos en se rendant sur google image et tapez: sanatorium Lac-Édouard.

M. Pronovost a acquis le terrain en 2001 avec l’intention d’y faire un projet. «Je ne suis peut-être pas prêt à divulguer le projet, affirme-t-il. C’est vrai, j’ai reçu une obligation de sécuriser les lieux, mais j’ai donné l’autorisation à ces gens d’accéder au sanatorium. Ils ont signé un papier soulignant que je n’étais pas responsable s’il arrivait un accident. De toute façon, il y a un gardien sur place qui réside sur le terrain.»

Mais est-ce que la présence d’un gardien permet à M. Pronovost de défier l’obligation? «Les lieux ont commencé à être sécurisés et le travail sera terminé au printemps», promet-il.

Lorsque nous avons demandé au propriétaire s’il comptait conserver ou se départir du terrain, «je ne réponds plus à vos questions», s’est-il contenté de répondre sèchement.

Le maire se questionne

La municipalité de Lac-Édouard se questionne. Quoi faire avec le sanatorium? La municipalité peut aussi obliger le propriétaire à faire démolir le bâtiment. On se rappellera notamment du cas de l’ancienne école des Indiens, où Ville de la Tuque avait demandé au CPE Premier Pas de démolir l’édifice. Le CPE avait collaboré dans le dossier.

«Oui nous pouvons nous servir d’une loi qui pourrait obliger le propriétaire à démolir l’ancien sanatorium, exprime le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier. On devra discuter de ce dossier à la table du conseil. Mais si le propriétaire ne veut pas payer pour la démolition, la facture serait refilée à notre municipalité. C’est pour cela que nous avons demandé de faire sécuriser les lieux. Le propriétaire a installé un début de clôture et c’est tout. Mais on se demande sérieusement ce qui arrivera si nous le forçons à démolir l’immeuble. Nous avons fait faire un estimé rapide et ça coûterait plus de 300 000 $ pour la démolition, en plus de l’acheminement des matériaux à Montréal, la facture monterait à plus de 500 000 $, ce qui représente notre budget annuel. Il faut être prudent parce que nous ne voulons pas nous tirer dans le pied. Probablement que la prochaine étape sera de le faire sécuriser le sanatorium par notre employé municipal et d’envoyer la facture au propriétaire. On ne peut plus rien faire avec cet immeuble. L’emplacement du terrain est très beau, il est situé dans une baie où il n’y a rien dans les alentours, mais il faut enlever ce qui n’est pas beau avant de développer ce coin.»

Régie du bâtiment

La porte-parole de la Régie du bâtiment, Marjolaine Veillette, a confirmé à L’Écho que la Régie avait été appelée pour ce dossier. «Le dossier remonte à l’année 2007. La demande concernait aussi un bâtiment à vocation religieuse et d’autres édifices dans les alentours. À l’époque, des Autochtones habitaient ces bâtiments, mais pas l’ancien sanatorium. Des avis de non-conformité ont été émis au propriétaire. Toutefois, les personnes ont quitté les lieux. Un gardien était sur place et demeurait dans une maison. Comme il s’agit d’une résidence, le dossier devenait sous juridiction municipale. La Régie est présente pour les édifices à vocation publique.»

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