Le commerce J.E. Tremblay a 100 ans

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt

Il est rare de voir qu’une entreprise est plus vieille en âge que la municipalité qu’elle habite, mais c’est le cas du commerce J.E. Tremblay, qui vient d’atteindre l’ancienneté vénérable de 100 ans en ce mois de septembre. C’est le plus vieux commerce latuquois qui demeure dans la même famille. Robert Tremblay a pris la relève de son père, et son fils, Gaston, dirige l’entreprise aujourd’hui.

C’est en 1908 que le fondateur de l’entreprise, Joseph Élie Tremblay, déménage ses pénates à La Tuque. Originaire de St-Alphonse au Lac St-Jean, il arrive entre nos montagnes à l’âge de 20 ans, après avoir travaillé pour son père qui était manufacturier en portes et châssis.

Mais c’est en 1909 que M. Tremblay se lance en entreprise comme entrepreneur en construction, ce qui répondait à un grand besoin à La Tuque. La naissance de la municipalité était sur le point de survenir avec la fusion du Village La Tuque et de La Tuque Falls. M. Tremblay a embauché un excellent menuisier comme contremaître, Arthur Duchesne.

Peu de gens savent que l’Hôtel de Ville sur la rue Commerciale a été construit par M. Tremblay et son équipe en 1913 au coût de 18 333,55$. La machinerie qui a servi à la construction de cette bâtisse, principalement pour la coupe du bois, soit les portes et châssis, les escaliers et autres coupes spéciales qui existaient toujours, est en parfait état de marche. D’ailleurs, lors de la conférence de presse mardi matin soulignant l’anniversaire du commerce, les gens présents ont eu la chance de connaître le fonctionnement de cette machine vieille de 100 ans. Elle a survécu à toutes ses réalisations.

Et des réalisations, on en retrouve au fil du temps : en plus de l’Hôtel de Ville, M. J.E. Tremblay a travaillé à la construction du vieil hôpital, du La Tuque High School, du théâtre Empire, de la pharmacie Riberdy, du couvent, du collège St-Zéphirin, et du presbytère, pour ne nommer que ceux-là.

Les fils de M. Tremblay ont à un moment ou l’autre apporté leur contribution à l’entreprise familiale et ont décidé vers 1940 d’ajouter plus de ferronnerie, et plus tard, l’on a cessé la fabrication des portes et châssis avec l’arrivée des matériaux comme l’aluminium et le plastique.

Au fils des ans, certains fils de M. J.E. Tremblay ont pris des emplois réguliers ailleurs, laissant la direction à Robert.

La longévité

Mais qu’est-ce qui a permis au commerce J.E. Tremblay de survivre 100 ans et de traverser trois générations familiales? «Sans aucun doute, notre service personnalisé, soutient le propriétaire actuel, Gaston Tremblay. Aussi, nous possédons un gros inventaire pour répondre aux besoins. Nous savons que si nous n’avons pas le matériel, les gens iront à l’extérieur.»

Pour son père Robert, le commerce a été choyé par le temps. «Nous n’avons jamais eu de mauvaise expérience comme un incendie ou autre. Puis, les gens ont aimé travailler ici. Même que ça arrive encore que je vienne donner un coup de main.»

La fille de M. J.E. Tremblay, Réjeanne, détient une admiration pour son père. «Avec tout ce qu’il a construit, c’est vraiment un pionnier de la ville. Et bien des gens ne sont pas au courant de ses réalisations. Nous sommes tous très fiers de lui.»

Il a même été question de rebaptiser une rue au nom de M. Tremblay. C’est à suivre dans le cadre du centenaire de la municipalité en 2011.

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