La Tuque veut s’assurer de garder ses acquis en santé

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Par Michel Scarpino
La Tuque veut s’assurer de garder ses acquis en santé

SANTÉ. Le projet de loi 10 visant à modifier l’organisation du réseau de la santé et des services sociaux partout au Québec fait nager les dirigeants du Centre de santé et de services et sociaux du Haut-St-Maurice (CSSSHSM) dans l’incertitude. On parle beaucoup, dans la région, des impacts potentiels de ce projet de loi, même si rien n’est encore joué.

Tel qu’il apparaît actuellement, le projet de loi propose l’abolition des Agences de santé et de services sociaux. Il abolirait également les conseils d’administration des 12 centres de santé de la région de la Mauricie pour ne former qu’un appareil décisionnel pour l’ensemble de la région. Une diminution substantielle du nombre de postes-cadres

supérieurs et du personnel administratif dans la région est aussi envisagée, pour en arriver à une économie, à terme, de 220 millions $ par année «principalement liée à l’allègement des structures administratives et de la bureaucratie».

Appelé à commenter les éventuelles répercussions que ce projet de loi pourrait avoir pour La Tuque et les environs, le président du conseil d’administration du Centre de santé, Jacques Fraser, ignore quelle sera la suite des choses. Celui-ci, qui ne s’oppose pas à une réforme dans la santé, s’est dit inquiet, s’il ne se fie qu’à la configuration actuelle du projet de loi, même si elle est très embryonnaire. Toutefois, le projet de loi n’en touche que les structures administratives.

«On pense qu’il y aura peut-être un représentant de la région de La Tuque au conseil d’administration régional, mais ce ne sont que des spéculations, car le projet de loi n’est pas si explicite que ça», fait-il observer.

Prudent dans ses propos, M. Fraser se dit quand même inquiet « au plus haut point», car les conseils d’administration des Centres de santé ne savent pas trop sur quel pied danser avec ce projet de loi. Les présidents des conseils d’administration des centres de santé de la région se rencontrent d’ailleurs cette semaine pour en discuter. «On est en attente de ce que le ministre veut bien faire», précise Jacques Fraser.

« Tout ce qu’on sait, c’est que le projet de loi 10, dans sa forme actuelle, abolirait les conseils d’administration. Pour nous, (le conseil d’administration du CSSSHSM) ça suscite beaucoup de questionnement».

Garder les services chez nous

Évidemment, le grand objectif est de M. Fraser et de son conseil d’administration sera de garder les acquis en santé dans la région du Haut-St-Maurice. « Est-ce que la nouvelle structure régionale qui va être mise en place sera en mesure de prendre notre Réseau Local de Service ?», s’est demandé M. Fraser.

Celui-ci se demande aussi de quelle manière les particularités de chacune des petites municipalités de la région seront prises en compte. « Aussi, la distribution des ressources sera-t-elle pour tout le monde ou sera-t-elle plus centralisée ? Nous, on porte la réflexion un peu plus loin aussi, même si pour l’instant, ce ne sont que de pures spéculations», ajoute-t-il.

Le territoire du CSSSHSM est petit, mais en même temps très étendu, puisqu’il couvre jusqu’à Parent. On cherche à conserver la flexibilité des services actuels pour le territoire. Celui-ci s’est dit conscient que la part de la santé dans le budget du gouvernement du Québec est importante et que le gouvernement a des choix à faire.

« On n’est pas contre le fait qu’il doit y avoir une réforme au niveau de la santé. Mais est-ce qu’on est capable de faire un effort et de garder nos services de proximité chez nous ? On veut tous les garder ici et tant que je serai au conseil d’administration, je vais livrer ce message. On a trois missions: un hôpital, un CHSLD et un CLSC et il faut les garder».

Si tout se passe comme prévu, le projet de loi pourrait être adopté le 1er avril 2015.

«Ce qu’on tente de faire, c’est d’être ouvert d’esprit, regarder ce qui s’en vient pour garder nos services de proximité à La Tuque», a conclu le président Fraser.

Les objectifs

Selon le ministère de la Santé, la réforme vise, entre autres : -Une meilleure coordination des services -Une meilleure accessibilité des patients à l’ensemble des services sociaux et de santé, notamment pour les personnes vulnérables -Un plus vaste éventail de ressources accessibles à la population de chaque région sociosanitaire -Une meilleure circulation de l’information du dossier d’un patient lorsque les soins requièrent l’intervention de plusieurs points de services d’une même région, ayant également pour effet d’éviter de refaire des tests et des examens déjà réalisés en amont.

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