La p’tite École au coeur de la renaissance de Lac-Édouard

Par Francine Beaupre

À Lac-Édouard, La P’tite École sort des sentiers battus par sa façon d’intégrer les nouvelles connaissances. Depuis la création de
l’entité d’enseignement en 2008, la municipalité pousse un nouveau souffle de vitalité. Des bénévoles ayant des expériences professionnelles diverses animent la vie de cette école. Ils se joignent à Rollande Lecours afin d’offrir une formation correspondant aux attentes du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

« Nous avons maintenant huit bénévoles qui sont en poste et ils apportent tous quelque chose d’exceptionnelle à notre école », affirmait Mme Lecours. Lucien Giroux est un ingénieur électricien retraité qui après avoir vu sa femme s’impliquer bénévolement depuis quatre ans a décidé de se mouiller lui aussi et de tenter l’expérience en sciences.

« M. Lucien a commencé ses cours de sciences en expliquant aux élèves le magnétisme. Bien vite, on est passé au champ magnétique de la Terre, puis à la boussole », expliquait Mme Lecours. Il a abordé la notion d’électricité et histoire de passer de la théorie à la pratique, les enfants ont construit de petits moteurs électriques. Certains l’ont été avec des aimants alors qu’on a utilisé des électro-aimants pour les autres.

« Les élèves demeurent attentifs durant des heures et nous sommes certains que les parents en entendent parler lors du retour à la maison », confiait l’enseignante. Une expérience certes inoubliable pour ces enfants. La petite Camille Chevarie a même pu expérimenter le vernis à ongles contenant de la limaille de fer. Grâce à un aimant inclus dans l’applicateur, la jolie Camille a pu faire des motifs sur ses ongles.

Ces bénévoles s’impliquent toutes les semaines. « Grâce aux bénévoles, les enfants apprennent l’anglais, la musique, l’art dramatique, l’éducation physique et les sciences. C’est vraiment extraordinaire. Ils transmettent leurs savoirs aux enfants avec passion», s’enthousiasmait Mme Lecours. Une fois, une coiffeuse est même allée rencontrer les jeunes pour leur montrer des trucs pour se coiffer. Il semblerait qu’elle reviendra pour parler des teintures lavables, et ce, à la demande des jeunes.

Les projets ne manquent pas pour les sept enfants qui fréquentent la P’tite École. M. Giroux relèvera le Défi 5/30 avec les jeunes. Comme il aime bien la danse, c’est par le biais de cette activité qu’il les fera bouger.

Tous ces apprentissages les mènent au spectacle de fin d’année qui chaque année est présenté dans le cadre des festivités de la St-Jean-Baptiste. Le village se regroupe autour de ses enfants pour assister à la représentation qui fait toujours fureur.

Robotique

« Toute cette belle histoire a commencé lorsque La P’tite École a fait l’objet d’un reportage de madame Pascale Breton dans La Presse, en octobre 2012. À la lecture de ces articles, monsieur Grégoire Picard, retraité du monde de l’enseignement de Shawinigan, s’est offert à venir enseigner bénévolement cette science à nos élèves. En compagnie de monsieur Ghislain Samson, professeur en didactique des sciences à l’UQTR, Monsieur Picard a élaboré un programme de robotique pour les élèves du primaire. Nous avons donc la chance d’avoir en nos murs un spécialiste de l’enseignement de la robotique», soulignait fièrement l’enseignante bénévole.

Devant ce superbe projet, Mme Lecours a fait l’achat du matériel nécessaire et M. Picard est venu rencontrer les enfants. «Dans un premier temps, les élèves construisent un robot (oiseau, alligator, avion, etc.) en suivant les étapes d’un plan. Ce robot est fait à partir du matériel qu’on retrouve dans Wedo (blocs Lego, moteurs, concentrateurs, capteurs, etc.). Par la suite, ils doivent programmer sur ordinateur le mode de fonctionnement de leur robot. Une fois la programmation terminée, ils relient leur robot à l’ordinateur afin de vérifier si leur programmation commande les mouvements appréhendés» ajoutait-elle

Lorsque l’on regarde le plaisir que ces enfants ont à apprendre, lorsqu’on constate qu’à Lac-Édouard, c’est un village entier qui éduque ses enfants, on ne peut que rêver que des projets comme ceux-là se multiplient. Mais pour cela, il faut des gens passionnés qui savent que l’avenir de notre société est présentement assis sur les bancs d’école et que de leur rendre cela le plus agréable possible est un but honorable. Un proverbe africain dit qu’il faut un village pour éduquer un enfant. À Lac-Édouard, à La P’tite École, on ne se limite pas à le dire, on le fait.

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