La Classique sans canot

Par Andre Perreault
La Classique sans canot
Voici le parfait tandem de la concrétisation d’un héroïque projet. Sur l’eau

Dans le cadre de la 77e édition de la Classique Internationale de Canots de la Mauricie, une jeune femme de trente ans, svelte et longiligne de 5’6’’ et 130 livres, Heidi Levasseur, native de Cap-Rouge, résidente trifluvienne, s’est imposée un défi presqu’inhumain, celui de réaliser en solo la descente à la nage de la Rivière St-Maurice de La Tuque à Trois-Rivières, en trois étapes, les 3, 4 et 5 septembre.

Ce défi, Heidi Levasseur l’a relevé, avec calme, sérénité, confiance et détermination, en complétant une première étape, le 3 septembre, du quai des Chalets Enchantés de Baie Shawinigan jusqu’à Trois-Rivières en un chrono de 4 heures, 55 minutes et 2 secondes. L’interminable deuxième séquence, de La Tuque au Camping Mékinac, le 4 septembre, fut réalisée le jour comme en pleine nuit avec un temps de 14 heures, 35 minutes, 57 secondes.

 

Enfin, le 5 septembre 2010, Heidi a négocié la distance la séparant du Camping Mékinac jusqu’à Shawinigan en 7 heures, 37 minutes, 46 secondes. En trois jours, Heidi aura franchi les 165 kilomètres de son odyssée sans canot, à la nage, avec un chrono cumulatif de 27 heures, 8 minutes, 45 secondes. À raison de 76 à 82 brasses à la minutes, c’est 130,250 coups de bras de courage et d’audace, 97,245 secondes de patience, de détermination, de silence, de solitude, de vaillance, de volonté inébranlable, d’acharnement psychosomatique.

 

Voilà le rêve d’une jeune femme d’ambition et d’idéal pour qui le perfectionnement dans l’accomplissement et le surpassement de l’être sont ses valeurs essentielles pourchassées tout au long de la ‘’route liquide’’ de ce majestueux plan d’eau du Québec qu’est la Rivière St-Maurice.

Les à-côtés de ce légendaire exploit

La connivence du président d’honneur de cette descente, dorénavant historique, Michel Angers, notre maire, fut sans demi mesure. Il aura été un admirateur disponible, impliqué, respectueux, capable d’une sincère vénération pour un tel surpassement de l’être. Sur l’eau, la mission du kayakiste d’Aventure, vent et rivière, Jean-Sébastien Rivest, aura exigé un effort de concentration de toute les secondes pour protéger l’héroïne Heidi d’un haut fond, des rapides, des vagues, des visiteurs impromptus. Ce guide à pagaie aura été les yeux de la nageuse.

 

Une telle odyssée aquatique ne peut s’accomplir sans une logistique éprouvée. Il faut synchroniser les manœuvres d’une équipe de bénévoles pour alimenter l’athlète, répondre aux besoins vestimentaires sur la grève, prévoir le transport routier du ponton escorte, prendre les temps d’étapes et de halte de récupération, satisfaire aux impératifs de la presse vue, parlée et écrite. Cette tâche complexe et éprouvante aura été l’œuvre magistrale de l’entraîneur Denis Paquin. C’est tout dire que d’affirmer qu’il fut sur terre, dans l’ombre et l’effacement, ce que fut dans l’eau sa protégée, un être vertueux dans son implication, sans reproche, digne d’éloges.

 

Les parents de l’ultra marathonienne aquatique Heidi Levasseur, maman Denise Lalancette et papa Gilles Levasseur, deux enseignants à la retraite, on vécu cette action d’éclat de leur fille avec beaucoup d’émotion et une fierté sans camouflage bien légitime.

Message et modèle

Notre jeunesse régionale comme planétaire a un si urgent besoin de modèle de la trempe d’Heidi Levasseur. Son message est percutant, à l’encontre des désirs instantanés de notre société contemporaine. Imite la fourmi, sois vaillant, patient et optimiste toute la journée, bâtis ton monde grain de sable par grain de sable… Nage vers tes rêves… une brasse à la fois.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires