Jumeler l’agriculture à la foresterie

Photo de Sebastien Lacroix
Par Sebastien Lacroix

Après avoir planté plusieurs kilomètres de haie brise-vent sur leurs terres agricoles, les frères Jacques et Marc Côté entendent profiter davantage des effets bénéfiques des arbres sur l’agriculture.

En collaboration avec le ministère fédéral de l’Agriculture, les propriétaires de la ferme Bertco, à Baie-du-Febvre, prendront part à un projet de recherche en agroforesterie (système de culture intercalaire) qui consiste à planter des rangées d’arbres feuillus dans un champ.

La différence entre leur projet de système de culture intercalaire (SCI) et leurs haies brise-vent, c’est d’abord la distance entre chaque arbre, qui se situe à une vingtaine de pieds plutôt que d’une dizaine.

Ensuite, plutôt que de favoriser des essences à croissance rapide pour profiter de l’effet brise-vent le plus rapidement possible, ce sont plutôt des arbres nobles tels que des noyers noirs, des érables à sucre et des cerisiers qui seront plantés.

«Nous allons planter trois rangées d’arbres, qui auront déjà de 6 à 12 pieds de hauteur. Il y aura un peu plus de 120 pieds de distance entre les rangées de façon à permettre le passage de la machinerie», indique Jacques Côté.

«L’idée, c’est de recréer les conditions que l’on peut retrouver dans un boisé et d’en profiter en agriculture, explique Jacques Côté. Ça va permettre d’établir tout un écosystème qui sera favorable à l’environnement, en plus d’améliorer la productivité de la terre agricole. Par exemple, nous allons pouvoir profiter de l’humus que dégagent les feuilles lorsqu’elles tombent à l’automne».

«Comme nous avons décidé de passer au semis direct, c’est plus facile de faire ça, parce que nous n’avons plus besoin de labourer», mentionne celui qui est l’un des derniers producteurs laitiers encore en activité dans le rang du Pays-Brûlé.

«C’est difficile de savoir ce que ça va donner. Nous sommes probablement les premiers à essayer ça dans la région, mentionne-t-il. C’est un essai que nous faisons. C’est toujours dans ce champ-là que nous avons fait nos tests».

«C’est le premier qui avait été drainé et le premier qui est passé au semis direct. Les autres ont suivi. Peut-être que ce sera la même chose dans ce cas-ci», entrevoit Jacques Côté.

«Ça se fait déjà à plusieurs endroits en France, indique le producteur agricole. En Espagne, il n’y aurait pas d’agriculture si ce n’était pas de ça, parce que c’est trop sec. Il y en a aussi en Indonésie. Là-bas, ils n’ont pas les moyens d’avoir une agriculture comme la nôtre. Ils ont des arbres à fruit et, en dessous, ils font pousser différentes choses».

Au Québec, les premières parcelles expérimentales ont été associées à la culture de canola, de sarrasin, de soya et de céréales comme l’avoine, le blé, l’orge et le seigle.

Agriculture et Agroalimentaire Canada estiment que les SCI sont aussi une façon originale d’accroître la production de bois de qualité pour l’industrie du bois d’œuvre ou de la fabrication de meubles.

Les différentes études réalisées à ce jour démontrent que la croissance des arbres est de 40 % plus rapide, notamment en raison de la récupération, par les racines, des résidus de fertilisants.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires