Fernand Miron rapporte son expertise

Par Francine Beaupre
Fernand Miron rapporte son expertise
C’est à ce livre intitulé L’univers des champignons que Fernand Miron a participé en rédigeant le chapitre portant sur la culture des champignons sur substrats ligneux.

Le directeur de la Coopérative l’Autre Forêt, Fernand Miron, a participé à l’élaboration du livre « L’univers des champignons », publié par Les Presses de l’Université de Montréal. On a fait appel à son expertise, lui qui est le spécialiste au Québec de la culture de champignons sur substrats ligneux tout comme de la production de culture mycéliennes liquides et de la cueillette de champignons de valeur commerciale de la forêt boréale.

Cet ouvrage est l’œuvre d’un groupe de spécialistes chevronnés recrutés par Jean Després, une des sommités au Québec en matière de champignons. « J’ai travaillé, au fil des ans, avec tous ces gens et on a fait appel à moi à cause de ma grande connaissance de la culture de champignons. J’expérimente depuis 1995 », nous mentionnait M. Miron.

« En Abitibi, on faisait la culture à grande échelle, en milieu stérile. Ici, avec la Coopérative l’Autre Forêt, on travaille en sous-bois, ce qui est un peu plus compliqué. Notre défi est de développer des techniques qui demandent des investissements moindres. On avait développé la technologie de semence liquide, qui est la meilleure façon d’ensemencer le substrat ligneux. C’est plus rapide et moins dispendieux », précisait le directeur.

Par contre, en sous-bois, le problème des insectes se pose. « Lorsqu’on sème sur des souches et des bûches, il y a peu d’insectes. Si on travaille sur du matériel broyé, il y a plus d’insectes qui mangent le mycélium. Quand le champignon fructifie, on retrouve des milliers d’insectes. Pour éviter cela, on doit travailler avec des bactéries ou des filets », commentait-il.

L’Autre forêt

Cette année, la coopérative regroupe plus de cueilleurs que l’an dernier. « Nous avons environ 25 cueilleurs dont une dizaine qui le font à l’échelle commerciale alors que l’an dernier, nous en avions 16, dont six cueillaient à l’échelle commerciale », soulignait M. Miron.

À pareille date l’an dernier, il s’était cueilli 172,5 kg de champignons. Cette année, c’est plus de 690 kg qui ont été cueillis. « L’an dernier, les cueilleurs nous avaient emportés de l’armillaire couleur de miel qui était ouvert. C’est préférable de les cueillir en boutons. Cette année, les gens le surveillent. Ce sera un gros vendeur pour notre région puisqu’il décompose les souches de bouleau que nous avons en grande quantité dans nos forêts », ajoutait-il.

Il faut dire qu’à cause de la sécheresse de fin juin, début juillet, certaines diversités ne sont pas au rendez-vous. «Les champignons qui devaient former leur primordium en juin nous ont donné une bonne récolte, mais ceux qui devaient le faire fin juillet ne sont toujours pas présents », expliquait M. Miron, ajoutant que lorsqu’il y a une période de sécheresse, il y a décalage dans le développement des champignons.

Commercialisation

En plus de vendre à Montréal et à Gatineau dans les marchés publics, l’Autre Forêt en vend ici même à La Tuque. « Valérie Kelhetter est responsable des placements. Elle en a placé chez IGA et chez Métro Richelieu et la réponse est bonne », précisait le directeur de la coopérative. Sa sœur Gisèle en offre à sa table de la Boutique gourmande d’Amalthée depuis déjà deux ans.

Désireuse de faire connaître les différents champignons, la coopérative a créé une carte des champignons : Le Champignole, qui s’apparente à une carte des vins, pour offrir aux restaurateurs désireux d’ajouter ce produit du terroir sur leurs tables. De belle confection, la carte donne une brève description de chacun des types de champignons commercialisés.

D’ailleurs, lors du prochain congrès de l’Union des municipalités, la coopérative l’Autre Forêt entend bien se faire voir. « La Mauricie est à l’honneur pour ce congrès et nous fournirons 100 kg de champignons. Nous placerons sur chacune des tables notre carte Le Champignole. C’est une très belle vitrine pour notre région », concluait M. Miron.

Soulignons en terminant qu’il n’en est pas à son premier livre, lui qui a travaillé de nombreuses années à rendre plus accessible les sciences naturelles. Présentement, il travaille à un projet de livre sur les champignons de la Mauricie.

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